Façon Jacmin revisite le denim et ses codes

©façon Jacmin

L’actrice Victoria Abril et la présentatrice de la météo Tatiana Silva ont déjà succombé à la garde-robe tout en denim des sœurs Jacmin. Prochaine étape: séduire l’Asie, le Japon en premier.

Toute petite déjà, Alexandra Jacmin aimait fouiller dans le grenier de la maison familiale. "Elle customisait des pièces, se souvient sa sœur jumelle Ségolène Jacmin. Je pense que la première qu’elle a réalisée, c’était avec des bouts de jeans."

La première est brune et est styliste. Elle habite Paris où elle a notamment travaillé chez Jean-Paul Gauthier et Margiela. Le parcours de Ségolène, la blonde, est différent, elle a étudié l’ingénierie et la gestion en Flandre. Elle habite désormais à Bruxelles. On dirait que tout les sépare et pourtant, les deux sœurs se complètent.

"Travailler ensemble nous plaît beaucoup même si on est très différentes. On n’a pas toujours la même manière de voir les choses. La distance ne nous empêche pas d’avancer. Jusqu’à présent, ça nous réussit bien de ne pas être non-stop ensemble. On a besoin de notre espace. Mais parfois, ce serait bien de se voir plus", concède Ségolène Jacmin.

"C’est important pour nous de conserver notre positionnement entrée de haut de gamme"
ségolène jacmin
cofondatrice de façon jacmin

Il y a un an, les sœurs jumelles ont lancé leur propre marque de prêt-à-porter: Façon Jacmin. "Cela faisait longtemps que j’avais envie de lancer ma propre activité. J’avais besoin d’entreprendre et Alexandra, elle, avait plein d’idées. Je lui en avais déjà parlé à plusieurs reprises mais elle avait envie d’avoir de l’expérience, de parfaire son apprentissage avant de se lancer. Finalement, elle est revenue vers moi spontanément à Noël 2016 avec une quinzaine de dessins et un concept", résume Ségolène Jacmin.

Du denim japonais

Si l’on en croit sa sœur, Alexandra a toujours aimé le demim parce que c’est une matière qui vieillit bien et qui vit avec la personne qui la porte. "Mais elle s’est rendu compte qu’il y avait peu de garde-robe en denim et que c’était souvent avec les codes typiques du jeans: veste en jeans, pantalons, rivets. Il y avait donc peu d’innovations", explique Ségolène Jacmin.

©façon Jacmin

D’où l’idée de décliner la matière dans d’autres modèles et pourquoi pas avec d’autres codes: des jupes, des manteaux, des robes, des pantalons plus fins, plus sophistiqués, plus raffinés. Peu de gens le savent, mais c’est au Japon que l’on trouve les plus beaux denims. "Quand les Etats-Unis ont industrialisé leur processus, le Japon a récupéré leurs machines. Ils ont un tissage beaucoup plus serré, qui créée un tissu plus fin et plus raffiné. Et la couleur est différente parce qu’ils utilisent encore 20% d’indigo naturel et ça, ça se voit dans le dégradé de bleu", commente Ségolène Jacmin.

La première collection a été lancée en mai 2016. Environ 23 modèles dont 90% étaient en jeans, le reste étant décliné en popeline de coton. "Nous ne sommes pas liées à des saisons parce que ce sont des pièces qu’on peut porter toute l’année. La base de notre collection est constituée d’intemporels. On en a 25 auxquels viennent s’ajouter deux ou trois capsules par an souvent liées à des savoir-faire ou des tissus particuliers", détaille Ségolène Jacmin. La capsule prochaine sera présentée à Paris en décembre et associera le denim à la broderie.

Entrée de haut de gamme

Pour commercialiser sa marque, Façon Jacmin privilégie la vente directe (vente en ligne, pop-up stores, boutique mobile, et bientôt un showroom). "Cela se justifie par le fait que nous avons un positionnement d’entrée haut de gamme. C’est important pour nous de conserver des prix accessibles pour un tissu et des finitions de qualité", explique Ségolène Jacmin.

Lancée sur fonds propres et autofinancée, la société a réinvesti tous ses bénéfices pour assurer sa croissance organique. Les sœurs Jacmin espèrent pouvoir bientôt se rémunérer. Si la majorité des ventes sont réalisées en Belgique et en France, Façon Jacmin veut également conquérir l’Asie. "Il y a beaucoup d’intérêt, du Japon notamment, et nous nous rendons à Tokyo en octobre. Ensuite, ce sera probablement la Corée et la Chine", conclut Ségolène Jacmin.

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