Le budget pour les informateurs fond comme neige au soleil

Jaak Raes: "Nous devons maintenant faire en sorte que les activités les plus cruciales continuent à être assurées." ©BELGA

Cela fait des années que la Sûreté de l’État est sous-financée, mais la situation est devenue tellement dramatique que même les fonds destinés à payer les informateurs sont en train de s’assécher, préviennent différents membres du service.

Ils craignent que cette situation déplorable n’hypothèque surtout la lutte contre le terrorisme. "La Sûreté de l’État travaille avec un très grand nombre d’informateurs, occasionnels ou répertoriés, témoigne un chef de la Sûreté de l’État. Ce ne sont pas des sommes importantes. Elles ne dépassent guère les quelques milliers d’euros par mois. Ce n’est pas ça qui va les rendre riches. Il n’empêche que nous sommes confrontés à un manque de fonds. L’argent pour payer les informateurs n’arrive plus! Et ce n’est pas à vous que je dois parler de la dangerosité de cette situation. Avoir la bonne personne à la bonne place vaut de l’or dans le monde de l’information. Cela demande des années de travail, mais cela rapporte plus que n’importe laquelle des écoutes téléphoniques."

Ils doivent avancer les fonds

"Nous sommes confrontés à un manque de fonds. L’argent pour payer les informateurs n’arrive plus! Et ce n’est pas à vous que je dois parler de la dangerosité de cette situation."

D’après un autre inspecteur, les choses en sont au point où certains membres du service de renseignements doivent parfois avancer eux-mêmes les fonds. "C’est un gros problème. Mais cela montre à quel point la fierté des inspecteurs dépasse tout le reste. Ils paient les informateurs avec leurs propres deniers. Même un inspecteur-stagiaire qui s’occupait d’informateurs est allé puiser sur son compte d’épargne. Et cela peut vite chiffrer. Par exemple, dans le domaine de la prolifération – pour contrôler le commerce des armes, donc – les informateurs peuvent parfois avoir besoin d’une somme importante pour aller manger dans un restaurant étoilé. Cela peut vite atteindre deux à trois cents euros. Et cela ne concerne pas que les notes de frais. Les rémunérations des informateurs sont parfois aussi avancées par les inspecteurs. Cela montre la motivation des membres de la Sûreté de l’État. Et leur fierté, et leur loyauté. Mais cette situation est intenable."

Jaak Raes, administrateur général de la Sûreté de l’État, reconnaît l’existence de ce problème. "Je vais vous répondre par une autre question: qu’est-ce qui vous permet de conclure que nos fonds ne sont pas sous pression? Si la Sûreté de l’État reçoit moins de moyens – tout comme les autres services publics – nous ne pouvons naturellement plus augmenter nos dépenses. Cuisiner coûte de l’argent. Nous devons maintenant faire en sorte que les activités les plus cruciales continuent à être assurées."

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