Les services secrets doivent-ils surveiller les sectes?

La Sûreté de l’État surveille l’Église de Scientologie depuis les années ’70. ©/MAXPPP

Dans un autre rapport, le Comité I critique fermement la manière dont la Sûreté de l’État surveille le Mouvement de la Scientologie. Est-ce la mission des services secrets de surveiller ce type de mouvement?

La Sûreté de l’État surveille l’Église de Scientologie depuis les années ’70. Le Comité I a examiné tous les documents rédigés par la Sûreté de l’État sur le mouvement américain dans les années 2010, 2011 et 2012. L’intérêt de leur contenu semble limité. En effet, dans ce cas précis, le service se base surtout sur des " sources ouvertes ", en d’autres mots, sur des informations publiques disponibles pour tout un chacun. Il s’agit de publications du fondateur Ron Hubbard et de l’Église de Scientologie elle-même, ainsi que d’informations reprises sur les sites internet et dans la presse. Conséquence : la Sûreté de l’État doit souvent émettre des réserves du fait que " certaines indications n’ont pas été confirmées par le service lui-même. "

Le Comité I conclut : " Les propres observations de la Sûreté de l’État n’ont jamais mis en évidence que l’Église de la Scientologie utilisait des moyens ‘illicites’ pour approcher les décideurs politiques. " La Sûreté de l’État dispose tout au plus " d’indications " que la Scientologie utiliserait des moyens " frauduleux et clandestins ", peut-on lire. Après toutes ces années, on ne dispose toujours pas d’informations convaincantes.

Le Comité I se demande si la surveillance de ces " sectes " doit encore faire partie de la mission de la Sûreté de l’État. " Il faut souligner qu’en général, aucun autre service de renseignement étranger n’a pour mission officielle de surveiller les sectes nuisibles. Cette mission spécifique de la Sûreté de l’État belge constitue donc une exception dans le monde des services de renseignement. La plupart des pays démocratiques refusent même d’impliquer ces services dans la surveillance des mouvements religieux. Parce que cette mesure pourrait être considérée comme une atteinte à la liberté religieuse. "

Pendant un an, Lars Bové, journaliste du Tijd, a enquêté sur la Sûreté de l’État belge, le deuxième plus ancien service de renseignements dans le monde. Dans son livre "Les secrets de la Sûreté de l’État", édité par la maison Lannoo, il nous emmène pour un voyage au cœur de ce service public de l’ombre. Cette semaine, l’Echo a décidé de partager avec vous quelques découvertes et faits marquants ayant émergé au cours de ce périple.

Consultez ici notre dossier en ligne: "Les secrets de la Sûreté de l'État".

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