Brussels Airport doit payer pour les nuisances

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Une nouvelle coalition d'associations de défense des riverains a vu le jour dans le dossier du survol de Bruxelles. Parmi ses revendications: le financement des plans de rachat et d'insonorisation des maisons doit être assuré par Brussels Airport. Elle soulève l'option d'une taxe supplémentaire sur les billets.

Quarante-trois comités de quartiers se sont rassemblés pour se faire entendre. Ils sont répartis dans différentes communes bruxelloises (Ixelles, Etterbeek, Bruxelles-Ville, Woluwé-St-Lambert, Woluwé-St-Pierre, Uccle, Schaerbeek). "Nous avons structuré les revendications des différents comités de quartiers dans un texte générique. Il fait l’inventaire de ce qui, pour nous, est inacceptable par rapport aux mesures prises dans les autres aéroports européens", nous a confié Philippe Elsen, coordinateur de la plateforme.

Plan de rachat

Le texte des revendications des comités de quartier est en préparation depuis janvier. La version définitive vient d’être bouclée. Les signataires appellent le Fédéral "à élaborer sans délai un plan de gestion de l’aéroport de Bruxelles-National afin de réduire de manière drastique et durable les nuisances occasionnées à plusieurs centaines de milliers d’habitants", indique le texte dont nous avons eu connaissance.

♦ À court terme, les comités de quartier demandent l’interdiction du survol de la capitale entre 22h et 7h et la fin de l’usage des avions bruyants dans le ciel bruxellois.

♦ Ils veulent que cette interdiction soit mise en place avant l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen 598/2014. Celui-ci entrera en vigueur le 13 juin 2016. Il imitera les possibilités de restrictions d’exploitation des aéroports.

♦ La plateforme plaide aussi pour la mise en place d’un plan de rachat des habitations survolées et d’un plan d’isolation acoustique des maisons (situées latéralement à moins de 1.500 mètres de l’axe des couloirs de vols).

Taxe sur les billets

Le rachat et l’insonorisation des maisons sont l’option choisie, depuis 2004, pour soulager les riverains de Liege Airport et de Brussels South Charleroi Airport (BSCA).

Les comités suggèrent que le financement des deux plans soit assuré par Brussels Airport, gestionnaire de l’aéroport national, et/ou via une taxe supplémentaire sur les billets d’avions. Ils revendiquent la création d’un organe indépendant de contrôle du respect des plans de vols. "Par souci de transparence, les associations représentatives des riverains devront être représentées dans cet organe indépendant qui ne peut dépendre d’aucune manière de Belgocontrol ou des autorités gestionnaires de l’aéroport et qui devra avoir accès à l’ensemble des informations nécessaires pour pouvoir assurer ses missions", soulignent les comités de quartier.

Pollution chimique

À l’instar des quatre associations d’il y a une semaine, ils souhaitent la délocalisation des activités nocturnes ou réalisées tôt le matin (fret, charters, low cost, etc.) de Brussels Airport vers les aéroports régionaux (Liege Airport, BSCA/Charleroi, etc.). Ils suggèrent au Fédéral de réaliser une étude indépendante de faisabilité sur une délocalisation de tout ou partie des activités de Brussels Airport. Tout comme les quatre associations, ils demandent aussi de limiter les vols d’avions à un maximum de 220.000 mouvements (atterrissages, décollages) par an, puis de réduire progressivement ce plafond (certains des signataires évoquent un maximum de 150.000 vols). Ils revendiquent aussi des horaires stricts pour les week-ends et les jours fériés.

Les comités ont aussi des revendications à l’égard du gouvernement bruxellois. Ils lui demandent d’augmenter le nombre des sonomètres sur le territoire afin de constater les infractions et de lever systématiquement les amendes. Ils veulent un renforcement de l’arrêté Gosuin (fixant des normes de bruit à ne pas dépasser dans le ciel bruxellois) pour sanctionner les sources de bruit répétitives dès 60 décibels. Depuis son entrée en vigueur jusqu’au 30 avril dernier, l’arrêté Gosuin a généré 17.736 procès-verbaux et 688 décisions d’amendes administratives pour un total de 15,1 millions d’euros.

138 amendes administratives ont été payées pour 1,048 million, a affirmé lundi la ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Fremault (cdH), en réponse à une interpellation en commission du chef du groupe MR Vincent De Wolf. Mais surtout, la nouvelle plateforme exhorte la Région de Bruxelles-Capitale à mettre en place un système de surveillance de la pollution aux particules ultra-fines liée à la présence de l’aéroport et d’élaborer une législation pour protéger la population.

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