Cinq propositions du médiateur pour le survol de Bruxelles

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Le nombre de plaintes de riverains au médiateur fédéral de l’aéroport est en diminution. Essentiellement, grâce à une information proactive.

"Il n’existe pas de solution miracle" au survol de Bruxelles.
Philippe Touwaide
médiateur

Contrairement à d’autres services de médiation, où on n’est disponible qu’aux heures de bureau, celui de l’aéroport de Bruxelles est disponible de nuit et le week-end. Probablement parce que son directeur général, Philippe Touwaide, aime ça. Mais il reconnaît aussi que son ambition serait "zéro plainte sur un an et la fin de la fonction". Mission impossible, évidemment, puisque le dossier du survol de la capitale est émotionnel et sensible, alors que la sécurité du transport aérien doit être prioritaire.

Comme la loi l’y oblige, Touwaide a présenté ce jeudi le rapport annuel de la Médiation aérienne du gouvernement, duquel il ressort que 1.552 requérants ont déposé 94.374 dossiers relatifs au bruit au-dessus de Bruxelles (et alentours, comme Braine-l’Alleud), soit une diminution de 28% du volume de plaintes par rapport à 2017. Non parce que les riverains sont moins incommodés, mais parce qu’ils en connaissent les raisons et même d’avance.

Ces plaintes sont souvent en relation avec l’utilisation des pistes car il est difficile d’expliquer pourquoi "c’est toujours en été, saison des barbecues qu’on survole mon jardin". Pourtant, la météo, les vents, etc., expliquent beaucoup. À noter que 80% des plaintes sont francophones, ce qui tendrait à corroborer le sentiment que les contrôleurs aériens privilégient le sommeil des Flamands, ce qui n’est pas prouvé objectivement.

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Le service de médiation a décidé d’être proactif en multipliant ses informations sur Internet, Facebook et Twitter (1,3 million de vues pour 5.521 tweets en 2018) et de préférence en précédant les événements: "Samedi, vent Nord-Sud, atterrissages attendus sur piste 01." "Cela a l’avantage de montrer que si les atterrissages ont lieu de Waterloo ce jour-là, ce ne sera pas à cause d’une fantaisie des aiguilleurs du ciel", commente Philippe Touwaide.

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Et tant qu’à être proactif, en cette veille d’élections, le médiateur propose cinq mesures concrètes pour un aéroport durable, tout en reconnaissant qu’"il n’existe pas de solution miracle" au dossier du survol de Bruxelles, chacun voulant repousser la couverture des vols chez le voisin.

Parmi ces mesures, la diminution du niveau de bruit des avions de jour et de nuit ou la prise de mesures concrètes pour limiter l’évolution des gros porteurs entre 20h et 8h.

Autre idée, la réactivation du fonds financier Fanva (Fonds pour l’atténuation des nuisances dans le voisinage de l’aéroport), supprimé en 2002 et qui prévoyait l’isolation des habitations dans l’axe des pistes et des décollages. Oui, mais on construit toujours dans ces zones, alors? Une date-échéance pourrait être 1989, suggère Touwaide, "année du début des vols nocturnes". Soit, une indemnisation ou un subside à l’isolation pour les habitations construites avant 1989.

Quatrième proposition, la poursuite de la construction complète du mur anti-bruit promis depuis 1984 (!) et, enfin, cinquièmement, "le respect de toutes les décisions de justice non sujettes à appel". Cela risquerait de coûter cher à des compagnies condamnées pour avoir exécuté les ordres de Belgocontrol, mais qui ont enfreint les règles sonores des différentes régions.

Bientôt les élections, bientôt des négociateurs de gouvernements. Philippe Touwaide annonce préparer un "état des lieux de la situation des survols" historique, juridique et technique "pour lever toute ambiguïté". Le problème est que la décision sera toujours politique et sans doute différente selon les régions. Le médiateur aura encore du boulot.

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