Le "Plan Bellot" pour limiter le bruit des avions

©BELGA

Le ministre Bellot clarifie les normes de vent à dépasser sur les pistes 25 avant de basculer les atterrissages sur la piste 01 à Brussels Airport. Sa décision devrait alléger les nuisances pour 150.000 riverains. Il va lancer une étude d’incidences sur l’impact de l’aéroport au niveau des nuisances.

Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), a déjà élaboré les mesures visant à solutionner le dossier nuisances  du bruit des avions de Brussels Airport. Parmi celles-ci: la clarification des normes de vent pour limiter l’utilisation de la piste diagonale 01 pour les atterrissages.

Le ministre Bellot nous a confirmé avoir couché sur papier les précisions nécessaires pour éviter les différentes interprétations actuelles mises en avant par Belgocontrol pour surcharger l’utilisation de la piste 01. Il se refuse à en dire davantage sur les clarifications qu’il dit avoir soumises à Belgocontrol et à la Direction générale du transport aérien (DGTA).

©batc.be

Les nouvelles instructions du ministre Bellot imposent la prise en compte de la vitesse moyenne du vent sur les pistes parallèles 25 avant de basculer les atterrissages sur la 01. Concrètement il faut la vitesse moyenne soit supérieure à 7 avant d’effectuer le changement de pistes.

Autre situation qui doit entraîner le basculement des atterrissages: la prise en compte des rafales (vitesse maximale du vent). Si celle-ci dépasse d’au moins 5 nœuds la vitesse moyenne du vent et que la somme de la vitesse moyenne et de la rafale est supérieure à 10 nœuds, il faut aussi changer de pistes.

-> Concrètement, un vent moyen de 5 nœuds couplé à une rafale de 5 nœuds demande un basculement des atterrissages des pistes 25 vers la 01.
Même chose si le vent moyen est 6 nœuds et que la rafale fait 5. Idem pour un vent moyen de 4 nœuds et une rafale de 6.
Mais un vent moyen de 6 nœuds et une rafale de 4 nœuds n’impliquent pas un changement de piste.

Étude d’incidences en vue

Ces nouvelles instructions rejoignent les interprétations de la DGTA, mais selon nos informations, Belgocontrol traînerait les pieds pour les valider. Ses dirigeants estimeraient que les nouvelles instructions limitent la liberté d’appréciation des contrôleurs aériens, entend-on. "Faux. Un draft des nouvelles instructions a été discuté dans un groupe de travail réunissant Brussels Airport, la DGTA, Belgocontrol et le cabinet Bellot. Nous attendons la version définitive pour nous prononcer", nous a rétorqué le porte-parole de Belgocontrol.

L’entrée en vigueur des nouvelles instructions soulagera les habitants de plusieurs communes qui subissent les nuisances sonores liées aux atterrissages (Crainhem, La Hulpe, Sterrebeek, Woluwe-Saint-Pierre, Wezembeek-Oppem, Waterloo, etc.). Soit entre 100.000 et 150.000 riverains.

Avec les clarifications, le ministre Bellot annule des instructions dont l’une d’entre elles avait été faite dans des conditions douteuses: l’ex-patron de la DGTA Frank Durinckx serait revenu d’un congé maladie exprès pour la signer et repartir aussitôt.

Le ministre Bellot s’apprête à lancer un marché public pour la réalisation d’une étude d’incidences sur l’activité de l’aéroport national et son impact au niveau des nuisances. Il se conforme ainsi au jugement du tribunal de première instance de Bruxelles rendu à la mi-juillet 2017. Il était intervenu suite à une action en cessation environnementale introduite par la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (cdH) et plusieurs communes bruxelloises.

Le ministre Bellot risque d’être en retard par rapport au délai imposé par la justice. Notifié le 25 juillet, il a 4 mois à partir de la notification (soit avant le 25 novembre) pour informer les parties du mode de réalisation de l’étude d’incidences et doit la présenter avant le 25 juillet 2018.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n