Polémique sur les pistes pour limiter le survol de Bruxelles

Directeur du service de médiation de Brussels Airport, Philippe Touwaide reproche aux auteurs de l’étude de ne pas tenir compte du rapport entre le nombre de survols d’avions et l’importance de la population survolée. ©Photo News

Le médiateur de Brussels Airport reproche à l’étude de l’ULB d’ignorer le rapport entre la population survolée et le nombre de survols. Wezembeek-Oppem crie à la provocation. L’UBCNA veut un cadastre.

Les nouvelles pistes avancées par la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (cdH) pour soulager Bruxelles du bruit des avions ont déclenché ce mardi une série de réactions. Normal, dans ce dossier où l’unanimité n’est jamais de mise. Se basant sur une étude de l’Igeat (ULB), elle propose d’orienter des vols vers d’autres routes existantes ou ayant existé en attendant les conclusions de l’étude d’incidences que le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), va lancer.

"Les solutions proposées sacrifient les habitants d’Evere, de Schaerbeek et des deux Woluwe".
philippe touwaide
service de médiation

Directeur du service de médiation de Brussels Airport, Philippe Touwaide reproche aux auteurs de l’étude de ne pas tenir compte du rapport entre le nombre de survols d’avions et l’importance de la population survolée. "Les habitants de Bruxelles sont survolés, contrairement à ce qu’on entend. Ils reçoivent 80.000 vols sur 120.000 décollages et 15.000 vols sur 120.000 atterrissages. Mais les solutions proposées sacrifient les habitants d’Evere, de Schaerbeek et des deux Woluwe", relève Philippe Touwaide. Il épingle des erreurs dans l’étude des experts de l’Igeat. À titre d’exemple, il indique que ceux-ci "omettent de faire référence aux conclusions de 7 études de sécurité négatives relatives à l’utilisation de la piste 19 pour les décollages (Sofreavia, AAC, DGTA, Air Sight, Egisavia)".

La commune de Wezembeek-Oppem crie à la provocation. "Ces pistes avancées sont des effets d’annonce et de la provocation car il n’y a pas une prise en compte du dossier dans sa globalité. La piste 19 est non seulement plus courte, mais il y a aussi des problèmes de sécurité. Il faut une répartition équitable du bruit des avions et ne pas venir avec des solutions comme si Bruxelles devait être une zone sans survol", dit Fabienne Boucau-Mineur (cdH), échevine de l’Environnement et de la Mobilité à Wezembeek.

Inaction coupable

L’association UBCNA s’insurge aussi contre l’étude Igeat et les solutions proposées. "L’étude ignore totalement les 250.000 Bruxellois qui se trouvent sous le virage gauche 25R, la plus importante route de décollage, soit 44.000 survols par an (7.500 survols sur le canal) et ne propose aucune solution, alors que les cessations environnementales de juin 2005 et de juillet 2014 jugeaient également que les infractions aux normes de bruit bruxelloises devaient cesser sur les routes du virage vers la gauche", dit sa directrice Peggy Cortois. Elle plaide pour un véritable cadastre du bruit "démontrant qui est survolé, comment et surtout de faire le lien entre le nombre de survols et le nombre de personnes survolées afin d’objectiver totalement le dossier".

Le cabinet du ministre Bellot dit n’avoir pas encore reçu les solutions de Céline Fremault. Mais il estime que celles-ci consistent en un déplacement des nuisances d’une zone à l’autre. "Ce n’est pas la bonne approche. Les décisions doivent être prises sur base d’une étude d’incidences neutre et indépendante", précise le cabinet Bellot. "L’inaction du MR nuit à la qualité de vie des Bruxellois. Il est temps que le parti passe aux actes", rétorque Ridouane Chahid, échevin à Evere.

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