Alep: discussions russo-américaines pour le départ des rebelles

©AFP

L'armée du président Bachar al Assad s'empare d'un nouveau quartier rebelle d'Alep. Russes et Américains vont discuter à Genève d'un départ de "tous les rebelles d'Alep".

Des discussions entre Russes et Américains sur le départ de "tous les rebelles" d'Alep auront lieu à Genève mardi ou mercredi, selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. "Nous étions prêts à nous réunir à Genève dès aujourd'hui, mais les Américains ont demandé de reporter les consultations (...). Il est très probable qu'elles commenceront demain soir ou mercredi matin" afin de "mettre en place tous les moyens pour faire partir tous les rebelles d'Alep-est", a déclaré Lavrov, lors d'une conférence de presse.

Sur le terrain

L'armée syrienne s'est emparée d'un nouveau quartier rebelle à Alep (nord) dans la nuit de dimanche à lundi et contrôle environ deux-tiers de la partie orientale de la deuxième ville de Syrie, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alep, métropole du nord de la Syrie, est divisée depuis 2012 entre des zones tenues par le régime dans l'ouest et des quartiers rebelles dans l'est. Le pouvoir a lancé le 15 novembre une vaste offensive pour reconquérir la totalité de la ville.

Les forces du président Bachar al-Assad, appuyées par des combattants étrangers notamment irakiens et libanais, ont pris dans la nuit la totalité du quartier de Qadi Askar qui était contrôlé par les rebelles depuis 2012, a indiqué l'OSDH. Elles avaient déjà reconquis ces derniers jours les quartiers de Karam al-Myessar et Karam al-Tahhan et Karam al-Qatarji.

 

©REUTERS

L'armée encercle maintenant le vaste quartier de Chaar, dans le sud d'Alep-Est, selon l'OSDH, une organisation qui dispose d'un large réseau de sources dans la Syrie en guerre. La prise de Chaar permettrait aux forces progouvernementales de contrôler 70% d'Alep-Est.

 

Encore ce mois-ci...

Alep-Est pourrait tomber aux mains du gouvernement d'ici la fin de l'année, a laissé entendre l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura qui s'exprimait lors d'une conférence à Rome. Il a dit espérer qu'un "genre de formule" soit trouvé pour éviter "une terrible bataille qui se terminerait à Noël ou au Nouvel an".

300.000
La guerre en Syrie a fait plus de 300.000 morts depuis mars 2011.


Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, le régime du président syrien Bachar al Assad s'est peu à peu rapproché d'Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

 

C'est le chaos

©AFP

Dans la nuit de dimanche à lundi, les habitants des quartiers tenus par les opposants aux président Assad ont éteint leurs générateurs et évité d'allumer toute lumière dans leur maison afin de ne pas être visés par les bombardements, a raconté un correspondant de l'AFP. Ceux qui le peuvent se réfugient dans des caves, d'autres se contentent de se mettre dans les entrées immeubles en espérant rester sains et saufs.

Au moins 319 civils ont été tués, dont 44 enfants, depuis le lancement de l'offensive du régime syrien contre les quartiers rebelles d'Alep, selon l'OSDH. 69 dont 28 enfants ont péri côté gouvernemental d'Alep après des tirs rebelles.

Assiégés par le régime depuis quatre mois, les habitants des quartiers rebelles manquent également de nourriture et de nombreuses structures médicales ont été détruites.

L'Onu voudrait réagir, mais...

Devant la situation désastreuse que subissent les civils pris dans les combats, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer ce lundi sur un projet de résolution demandant une trêve des hostilités d'au moins sept jours à Alep et un accès humanitaire aux habitants d'Alep-Est mais il n'est pas certain que Moscou, allié du régime syrien laisse passer ce texte.

La Russie s'est dit prête samedi à discuter avec les Etats-Unis d'un retrait de la totalité des rebelles syriens de la partie est d'Alep. Mais malgré les bombardements intenses, les commandants rebelles ont décidé de continuer le combat, a déclaré un responsable d'un groupe d'insurgés présents à Alep.

©REUTERS

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content