Bachar el-Assad fait-il disparaître les cadavres de ses prisonniers?

Photos satellites prises en 2009, 2014 et 2016 et dévoilées par Amnesty qui montre la propagation des tombes creusées dans un cimetière à proximité de la prison syrienne de Saydnaya. ©AFP

Les Etats-Unis détiennent la preuve que le régime du président syrien Bachar el-Assad a construit un crématorium près d'une prison au nord de Damas, ce qui pourrait servir à éliminer toute trace des corps des milliers d'opposants qui ont été emprisonnés, torturés et exécutés depuis six ans dans ce centre de détention.

Le régime syrien a recours à un "crématorium" dans le complexe pénitentiaire de Saydnaya, au nord de Damas, servant à détruire les restes de milliers de prisonniers assassinés ces dernières années, ont accusé lundi les Etats-Unis.

Sur des photos satellites datées d'avril 2017, d'avril 2016, de janvier 2015 et d'août 2013 "déclassifiées" par le gouvernement américain, on voit des bâtiments, dont l'un est légendé "prison principale" et l'autre "probable crématorium".

Sur un autre cliché, une légende "neige fondue sur une partie du toit" attesterait, selon le responsable du département d'Etat pour le Moyen-Orient Stuart Jones, de l'existence d'un "crématorium installé par le régime syrien".

Cacher des meurtres de masse

"Bien que les nombreuses atrocités du régime sont bien documentées, nous pensons que la construction d'un crématorium est une tentative de cacher l'étendue des meurtres de masse perpétrés à Saydnaya", a condamné Stuart Jones qui a exhorté le régime du président Bachar el-Assad à mettre "fin à ces atrocités".

"Nous pensons maintenant que le régime syrien a installé un crématorium dans le complexe de la prison de Saydnaya qui permet de se débarrasser des restes des détenus en laissant peu de traces."
Stuart Jones
Sécrétaire d'état adjoint aux affaires proche-orientales

"Abattoir humain"

Elles font suite aussi à un rapport de février dernier de l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International qui avait accusé le régime de Damas d'avoir pendu quelque 13.000 personnes en cinq ans, entre 2011 et 2015, dans cette prison de Saydnaya, près de Damas. Amnesty avait dénoncé une "politique d'extermination" et avait surnommé la prison "l'abattoir humain".

Le gouvernement syrien nie torturer et exécuter sommairement des détenus.

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