Bombardements près de Damas, la trêve syrienne s'envole

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Les rebelles regroupés sous la bannière de l'Armée syrienne libre (ASL) bloquent les discussions sur leur éventuelle participation à la conférence de paix parrainée par la Russie. Ils invoquent une violation de la trêve commises selon eux par le régime de Damas.

Après avoir tenu quatre jours tant bien que mal, la trêve en Syrie semble à l'agonie. En effet, une grande partie des rebelles a quitté la table des négociations engagées sous l'égide de Moscou. Ils se plaignent de frappes répétées du régime.

"Ces violations se poursuivant, les factions rebelles annoncent (...) le gel de toute discussion liée aux négociations d'Astana", ont indiqué une dizaine de groupes rebelles dans un communiqué.

• Une conférence de paix doit avoir lieu à Astana au Kazakhstan, fin janvier à Astana, sous l'égide de Moscou et de Téhéran, les parrains du régime, et d'Ankara, soutien des rebelles.

La trêve semble donc de plus en plus fragile, sinon inexistante, face à la poursuite des bombardements du régime sur Wadi Barada, une région tenue par les rebelles à 15 km de Damas. Un secteur d'autant plus stratégique que c'est là que se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de la capitale et de ses environs.

Problème d'eau

Le 25 décembre, le régime avait accusé les rebelles d'avoir "contaminé au diesel" le réseau d'eau alimentant la capitale, mais ces derniers ont pointé du doigt l'incurie du pouvoir en place. Résultat, depuis plus d'une semaine, Damas souffre de pénuries d'eau forçant les habitants à faire chaque jour la file devant des camions-citerne.


Lundi, les troupes du régime, aidées par des soldats du Hezbollah libanais, ont ainsi avancé jusqu'aux abords d'Aïn al-Figé, une importante source d'eau, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Et "elles ont intensifié leurs bombardements lundi soir", a indiqué l'Observatoire.

310.000
Le conflit syrien a fait 310.000 morts et des millions de réfugiés.

 

Le problème: la présence d'islamistes

Un soldat du groupe islamiste Jaysh al-Islam à Douma, près de Damas. ©EPA

Selon Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH, les combats font rage avec les rebelles, dont le Fateh al-Sham (l'ex Front al-Nosra, Al-Qaïda en Syrie). Les rebelles nient eux la présence dans ce secteur de la filiale d'Al-Qaïda.

Pour rappel, la trêve ne concerne pas l'EI. Quant aux autres groupes islamistes, c'est parfois le flou. Or, dans certaines régions, les rebelles dits modérés par l'Occident sont alliés à des groupes islamistes.

Les insurgés soutiennent eux avoir "respecté le cessez-le-feu". "Mais le régime et ses alliés (...) ont commis de fréquentes violations (de la trêve), notamment dans les régions de Wadi Barada et de la Ghouta orientale", toutes deux dans la province de Damas. Et "en dépit des demandes répétées faites à la partie garante du régime (la Russie), ces violations se poursuivent, menaçant la vie de centaines de milliers de personnes", a dénoncé le communiqué des rebelles. "Toute (avancée) sur le terrain va à l'encontre de l'accord (de trêve) et si les choses ne reviennent pas comme avant, l'accord sera considéré nul et non avenu", ont-ils encore menacé dans leur texte.

→ Parmi les signataires du communiqué figurent les groupes rebelles islamistes Jaich al-islam et Faylaq al-Rahmane, influents à Damas, de même que le groupe Sultan Mourad, appuyé par la Turquie, et Jaich al-Ezza, actif dans la province de Hama (centre).

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Le régime veut soumettre cette région comme il l'a fait avec plusieurs fiefs de la rébellion dans la province de Damas, qui se sont rendus après avoir été assiégés et bombardés pendant des années.

Plus tôt dans la journée, les rebelles de Wadi Barada avaient déjà mis en garde contre le danger qui plane sur la trêve, appelant "les parrains de la trêve (...) à mettre la pression sur le régime et ses milices alliées pour qu'ils cessent leurs violations flagrantes de l'accord".

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Dans le cas contraire, "nous appellerons toutes les factions rebelles opérant en Syrie à désavouer l'accord et à enflammer les fronts" en solidarité avec Wadi Barada, poursuivait leur communiqué.

Selon l'OSDH, quelque 1.000 femmes et enfants auraient fui le secteur de Wadi Barada durant le week-end.

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