En Syrie, les Américains se retirent et Assad entre en jeu

Un opposant syrien brandissant un drapeau alors que de la fumée s'élève de la ville frontalière Tal Abyad dans le loin. ©AFP

Les États-Unis vont procéder au retrait du millier de soldats encore stationnés dans le nord de la Syrie, où l'armée turque a intensifié son offensive. Les forces kurdes et Damas ont conclu un accord pour redéployer des troupes à la frontière turco-syrienne.

Le régime de Bachar al-Assad, qui entretient des rapports tendus avec la minorité kurde mais a dénoncé l'opération d'Ankara, a annoncé l'envoi de troupes dans le nord pour "affronter" l'"agression" turque. Peu après, les Kurdes, qui ont instauré ces dernières années une autonomie de facto sur de vastes régions du nord et du nord-est syrien, ont dit avoir conclu un accord avec Damas pour un déploiement de l'armée syrienne près de la frontière "en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS)", dominées par les YPG, une milice kurde qualifiée de "terroriste" par Ankara.

Cette nuit, les forces du régime se sont rapprochées de la frontière avec la Turquie. Elles sont déployées à la périphérie de Tel Tamer, au sud de la ville frontalière de Ras al-Aïn où se déroulent des combats, selon une correspondante de l'AFP.

Pour rappel, l'offensive de la Turquie, lancée il y a cinq jours à la faveur d'un retrait américain et malgré de vives critiques internationales, vise à instaurer une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur pour séparer sa frontière des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG). Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que les forces turques avaient déjà tué 440 combattants des FDS et pris notamment le contrôle de 17 villages.

Les USA se retirent

Les États-Unis ont, eux, annoncé qu'ils allaient procéder au retrait du millier de soldats encore stationnés dans le nord de la Syrie. Ce retrait pourrait être effectif en quelques jours. Donald Trump, critiqué jusque dans son propre parti républicain pour avoir décidé de ce retrait américain, a déclaré qu'il appartenait aux forces kurdes et à la Turquie de contenir les combattants du groupe Etat islamique. Il a reproché aux pays européens d'avoir refusé de rapatrier leurs ressortissants membres de l'EI pour les juger.

Avec le retour des troupes gouvernementales à la frontière s'ouvre la perspective d'une escalade des combats si les forces syriennes et les forces turques viennent à entrer en conflit direct.

En outre, les troupes d'Assad, déjà fort déforcées par une longue guerre, vont devoir relâcher leur vigilance autour d'Idlib, où subsiste une poche d'opposants proches d'Al-Quaïda, pour se porter au secours des Kurdes.

Lire également

Publicité
Publicité