L'armée syrienne a repris Alep

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Les troupes de Bachar al Asssad ont indiqué ce jeudi soir avoir repris Alep dans sa totalité et ramené la "sécurité" dans la ville après l'évacuation des derniers. Le dernier groupe de combattants rebelles et leurs familles, qui étaient retranchés dans une étroite enclave, ont été évacués jeudi, dans le cadre d'un accord qui donne à l'armée et à ses alliés le contrôle total de la ville, rapporte la télévision publique.

Le régime syrien a repris jeudi le contrôle total d'Alep, deuxième ville du pays, remportant sa plus grande victoire face aux rebelles depuis le début de la guerre en 2011. Cette annonce par l'armée syrienne est intervenue au terme d'une opération d'évacuation de dizaines de milliers de civils et rebelles qui ont été conduits vers d'autres zones contrôlées par les insurgés dans le pays.

"Le commandement général des forces armées annonce le retour de la sécurité à Alep après sa libération du terrorisme et des terroristes et la sortie de ceux (...) qui y restaient. Cette victoire représente un tournant stratégique (...) dans la guerre contre le terrorisme. (Elle) souligne la capacité de l'armée syrienne et ses alliés à remporter la bataille contre les groupes terroristes et pose les bases d'une nouvelle phase pour chasser le terrorisme de tout le territoire".



Pour la rébellion qui a pris les armes contre les régime de Bachar al-Assad, la perte d'Alep représente un revers cinglant. "Sur le plan politique, c'est une grande perte", a reconnu Yasser al-Youssef un responsable du bureau politique du groupe rebelle Nourredine al-Zinki. "Pour la révolution, c'est une période de recul et un tournant difficile".

Les derniers convois transportant des rebelles et des civils ont quitté jeudi soir Alep, ouvrant la voie à l'annonce par le régime de la reprise totale de la deuxième ville de Syrie. ©AFP

"Alep est maintenant sous l'occupation de la Russie et de l'Iran", a dénoncé de son côté un responsable du puissant groupe islamiste rebelle Ahrar al-Cham, Ahmad Qorra Ali, évoquant les deux puissants alliés du régime, sans qui la victoire n'aurait pas été possible.

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Aussitôt l'annonce faite, des tirs de joie ont été entendus par le correspondant de l'AFP à Alep, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour célébrer l'évènement. "Notre joie est immense. La vie est revenue à Alep aujourd'hui", a lancé l'avocat Omar Halli, qui attend "la victoire pour toute la Syrie".

Evacuation massive

L'armée syrienne et le Hezbollah chiite libanais (allié du régime) "se sont déployés dans la dernière poche que contrôlait la rébellion, et où les démineurs vont intervenir" a indiqué pour sa part à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel Rahmane.

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Lancée le 15 décembre en vertu d'un accord entre l'Iran, la Russie et la Turquie, alliée de la rébellion, l'opération d'évacuation a permis de faire sortir d'Alep plus de 34.000 civils et rebelles selon un chiffre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) donné avant le départ du dernier convoi en soirée.

 

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Avec la reconquête totale de la cité, le régime contrôle désormais les cinq principales villes de Syrie avec celles de Homs, Hama, Damas et Lattaquié.


La reprise d'Alep est aussi une victoire pour la Russie, intervenue militairement en Syrie en septembre 2015, et l'Iran.

Elle constitue en revanche une défaite pour les alliés de l'opposition comme les monarchies du Golfe, la Turquie et les pays occidentaux, qui voyaient dans les rebelles une alternative au régime en place depuis un demi-siècle.

En raison de l'antagonisme entre la Russie et les Occidentaux, Etats-Unis en tête, la communauté internationale s'est retrouvée paralysée face au drame humanitaire. Restée en retrait du mouvement de contestation contre le régime en mars 2011, la seconde ville a plongé dans la guerre civile en juillet 2012.Lors d'une offensive surprise, les rebelles pénétraient dans la ville et s'emparaient de plus de la moitié de la cité boutant l'armée des quartiers est et du coeur historique de la ville. Divisée depuis cette date, Alep, l'une des plus anciennes villes au monde, était devenue le principal front du conflit syrien, qui a fait plus de 310.000 morts en cinq ans.

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