L'évacuation d'Alep au point mort

©REUTERS

Alors que la ville syrienne d'Alep connaît une période de trêve annoncée par la Russie, les évacuations médicales n'avaient toujours pas commencé. En l'absence de garanties de sécurité, les secouristes n'arrivent pas à profiter de la pause des bombardements.

Les premières évacuations médicales des quartiers rebelles d'Alep-Est assiégés en Syrie, qui devaient avoir lieu vendredi, ont dû être reportées pour raisons de sécurité, a annoncé l'ONU. Personne n'a non plus su emprunter les couloirs établis pour le passage de civils et de rebelles.

"Les évacuations de malades et de blessés n'ont malheureusement pas pu commencer ce matin comme cela était prévu, parce que les conditions nécessaires n'étaient pas réunies", a dit lors d'un point de presse Jens Laerke, porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

L'ONU avait pourtant déclaré jeudi avoir obtenu "tous les feux verts nécessaires" sur un arrêt des combats de l'armée syrienne, soutenue par la Russie, et des groupes armés de l'opposition qui contrôlent la partie orientale d'Alep.

Mais Jens Laerke a reconnu que ces "assurances concernant les conditions de sécurité" n'avaient pas été remplies et que le personnel d'aide d'urgence n'avait pas pu jusqu'à maintenant se rendre sur le terrain."C'est une opération énormément difficile", a-t-il dit.

Une "pause humanitaire" de 11 heures décrétée par Moscou est entrée en vigueur jeudi et devrait durer jusqu'à samedi soir, selon l'ONU.

Environ 200 personnes blessées et malades ont besoin d'être évacuées de toute urgence de l'est d'Alep où vivent quelque 275.000 personnes, selon l'ONU, et entre 6.000 à 7.000 combattants insurgés.

©AFP

Pendant que l'Onu s'occupe des blessés, la Russie se dit "très préoccupée" par le refus des jihadistes de l'ex-Front Al-Nosra de quitter la ville. "Nous sommes très préoccupés par le fait que, malgré les gestes de bonne volonté de Moscou et de Damas visant à normaliser la situation à Alep, les combattants du Front Al-Nosra refusent de quitter la ville", a indiqué Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse, en référence au Front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra et ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda.

Sergueï Lavrov a de nouveau accusé ce groupe jihadiste et ses partisans de "miner les efforts de l'ONU" pour organiser l'acheminement de l'aide humanitaire.

Ancienne capitale économique de la Syrie est devenue l'un des symboles de la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011 et qui a fait plus de 300.000 morts.

Serguei Lavrov ©EPA

Huit couloirs humanitaires, dont six pour les civils, malades et blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais pouvant également être utilisés pour les civils, ont été mis en place, selon l'armée russe.

La durée de la "pause humanitaire" de onze heures par jour reste confuse, Moscou annonçant une prolongation de 24 heures, soit jusqu'à vendredi soir, tandis que l'ONU a affirmé que la Russie la maintiendrait jusqu'à samedi soir.

Des caméras de l'armée russe, filmant les deux couloirs destinés aux rebelles et diffusées sur le site internet du ministère russe de la Défense, montraient vendredi matin des ambulances en stationnement et des militaires armés- sans aucune activité.

Un photographe dans la zone tenue par le gouvernement, s'étant rendu dans la matinée à deux passages, celui de Boustane al-Qasr et la route du Castello au nord a constaté qu'ils étaient déserts.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés