La Russie accuse Londres d'avoir "mis en scène" l'attaque chimique en Syrie

Antonio Guterres (de face), secrétaire général de l'ONU, serre la main de Vassily Nebenzia (de dos), l'ambassadeur russe. ©EPA

Il y a un risque d'une "escalade militaire totale" en Syrie, a mis en garde Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, lors d'un énième Conseil de sécurité consacré au dossier syrien, convoqué cette fois par la Russie. Les Russes qui ont accusé Londres d'avoir "mis en scène" l'attaque chimique présumée.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde ce vendredi contre le risque d'une "escalade militaire totale" en Syrie, en appelant les membres du Conseil de sécurité "à agir de manière responsable dans ces circonstances dangereuses".

"Des tensions de plus en plus vives et l'incapacité à trouver un compromis pour établir un mécanisme d'enquête menacent de conduire à une escalade militaire totale", a-t-il dit lors d'une réunion du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Moscou.

"A un moment donné, vous devez faire quelque chose", a affirmé de son côté l'ambassadrice américaine, Nikki Haley. "Vous devez dire c'est assez", a-t-elle ajouté, en évoquant les nombreux veto russes à l'ONU pour enquêter sur le recours aux armes chimiques et la poursuite de l'utilisation de celles-ci par le régime syrien.

La Russie accuse Londres

Pour la Russie, cette attaque chimique est une "mise en scène" à laquelle ont participé "les services spéciaux d'un Etat" (Londres), désigné comme "russophobe". "Tout ce qui intéresse (l'Occident) c'est de renverser le gouvernement syrien", a indiqué l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia.

"Tout ce qui intéresse (l'Occident) c'est de renverser le gouvernement syrien."
Vassily Nebenzia
ambassadeur russe à l'ONU

"Pourquoi semez-vous le chaos au Moyen-Orient ?", a-t-il demandé. "Seul le Conseil de sécurité a l'autorité de prendre des mesures" contre la Syrie si le recours à des armes chimiques est avéré, a ajouté le diplomate russe en questionnant la légalité internationale d'éventuelles frappes occidentales en Syrie.

L'armée russe a des "preuves témoignant de la participation directe de la Grande-Bretagne à l'organisation de cette provocation dans la Ghouta orientale", a déclaré le porte-parole de l'armée russe Igor Konachenkov. Il a accusé Londres d'avoir "exercé une forte pression" sur les Casques blancs syriens, des sauveteurs en zone rebelle qui ont les premiers alertés sur cette attaque chimique présumée, "pour mettre en place cette provocation préparée à l'avance".

"On a dit aux Casques blancs que du 3 au 6 avril, les combattants de Jaïch al-Islam lanceraient une série de tirs d'artillerie sur Damas. Cela provoquerait une réaction des forces gouvernementales que les Casques blancs devaient utiliser pour mettre en place cette provocation", a-t-il déclaré.

Konachenkov a ajouté que Moscou disposait "d'interviews de personnes ayant directement participé au tournage des vidéos" (destinées à faire croire à une attaque chimique) et que les habitants de Douma "ont raconté en détail comment ont eu lieu les prises de vue et à quels épisodes ils ont participé".

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