La Russie prête à discuter d'un retrait total d'Alep, à moitié aux mains d'Assad

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La Russie veut aboutir à un retrait total des rebelles d'Alep et discuter du sujet avec les Etats-Unis. Les forces syriennes continuent à gagner du terrain. Les rebelles disent qu'ils ne se rendront pas.

La Russie s'est dit prête à discuter avec les Etats-Unis d'un retrait de la totalité des rebelles syriens de la partie est d'Alep où l'armée syrienne soutenue par la Russie et ses alliés continue de gagner du terrain.

Malgré les bombardements intenses, les commandants rebelles ont décidé de continuer le combat, a déclaré un responsable d'un groupe d'insurgés présents à Alep. Il a accusé Moscou de revenir sur les points arrêtés lors de discussions en Turquie qui auraient débouché sur un arrêt des combats.

La Russie a reconnu qu'il y avait des contacts avec les rebelles mais n'a pas donné de précisions sur les discussions qui ont lieu en Turquie. "J'ai demandé aux factions; elles disent : 'nous ne nous rendrons pas'", a déclaré Zakaria Malahifdji, chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, contacté en Turquie.

Alep-Est pourrait tomber aux mains du gouvernement d'ici la fin de l'année, a laissé entendre l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura qui s'exprimait lors d'une conférence à Rome. Il a dit espérer qu'un "genre de formule" soit trouvé pour éviter "une terrible bataille qui se terminerait à Noël ou au Nouvel an".

Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, le régime du président syrien Bachar al Assad s'est peu à peu rapproché d'Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

Selon les Nations unies, près de 30.000 personnes ont été déplacées par les derniers combats, dont 18.000 se sont réfugiées vers les secteurs tenus par le gouvernement et 8.500 vers le quartier de Cheikh Maksoud contrôlé par les Kurdes. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se trouveraient encore à Alep-Est.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG qui tient la chronique du conflit, 200.000 personnes pourraient se trouver encore en secteur rebelle. Staffan de Mistura a parlé de 100.000 personnes.

Selon la Russie, dont l'intervention de l'armée de l'air il y a 15 mois en Syrie a constitué un tournant dans la guerre qui dure depuis 2011, a évoqué une "normalisation de la vie" à Alep-Est après le retrait de tous les rebelles.

"TOUT ANNULÉ"

"Nous sommes immédiatement prêts à envoyer des experts militaires, des diplomates, à Genève dans le but de nous mettre d'accord avec nos collègues américains sur des actions mutuelles pour assurer le retrait de tous les rebelles sans exception d'Alep-Est", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les Etats-Unis, qui soutiennent certains des groupes d'insurgés en lutte contre Bachar al Assad, et notamment ceux de l'Armée syrienne libre (ASL) qui combattent dans le secteur d'Alep, n'ont pas réagi dans l'immédiat. En position de faiblesse, les rebelles ont accepté de discuter avec des émissaires russes.

Il y aurait eu un accord sur le départ de tous les djihadistes d'Alep, mais, pour Zakaria Malahifdji, les propos de Sergueï Lavrov ont "tout annulé" et les réunions en Turquie sont "pratiquement à l'arrêt". "Les commandants militaires à Alep ont dit : 'nous ne quitterons pas la ville.

Il n'y a pas de problème pour des couloirs permettant aux civils de partir, mais nous ne quitterons pas la ville", a-t-il dit. Selon l'OSDH, l'armée et les milices qui lui prêtent main forte se sont emparées vendredi soir du quartier de Tarik al Bab.

Des combats intenses ont lieu à Aziza où les rebelles tentent de repousser l'avancée des forces gouvernementales. Sept colonnes de fumée étaient visibles samedi dans les secteurs de la ville tenus par les rebelles tandis que des avions survolaient la grande ville du nord de la Syrie, selon un journaliste de Reuters présent dans la partie occidentale. Dans le quartier d'Al Chaer d'Alep-Est, un raid aérien a fait au moins trois morts, ajoute l'OSDH.

La défense civile d'Alep-Est fait quant à elle état de six tués et ajoute qu'un groupe de déplacés a été pris pour cible. L'armée syrienne nie s'en prendre à des civils. Le gouvernement syrien a conclu plusieurs accords locaux avec les rebelles des secteurs assiégés par lesquels il leur a été accordé une évacuation sécurisée vers Idlib, province du nord-ouest de la Syrie qui se trouve aux mains des insurgés.

Selon certains analystes, les rebelles d'Alep-Est seront peut-être contraints d'accepter un accord de ce genre. Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, qui était elle aussi à Rome, s'est dite "convaincue" que la chute d'Alep ne mettrait pas fin à la guerre.

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