La version russe de l'attaque chimique en Syrie

Les Etats-Unis ont estimé que l'agent chimique utilisé mardi matin était du gaz sarin et que l'attaque a été menée, "de façon quasi-certaine", par les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad. ©AFP

Le régime syrien a démenti toute implication dans l'attaque chimique dans une ville rebelle en Syrie qui a fait mardi au moins 72 morts et quelque 170 blessés, dont de nombreux enfants saisis de convulsions et peinant à respirer. Selon l'armée russe, alliée de Bachar al-Assad, l'aviation syrienne a frappé un "entrepôt terroriste" contenant des "substances toxiques". Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité appelant à une enquête complète et rapide.

De 50 à 100 personnes, dont des enfants, ont été tués et des centaines de personnes blessées, selon plusieurs bilans distincts après l'attaque chimique présumée survenue mardi dans la province d'Idlib, en Syrie. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) donne un bilan de 72 morts, dont 20 enfants. "Il y a également 17 femmes parmi les victimes et le bilan pourrait encore augmenter car il y a des personnes disparues", a précisé l'OSDH qui avait auparavant rapporté un bilan de 58 victimes.

Le gouvernement américain estime que l'agent chimique utilisé était du gaz sarin et que l'attaque, dans le village de Khan Cheikhoune, a été menée, "de façon quasi-certaine", par les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad.

Les justifications du Kremlin

La Russie, d'habitude plus lente à pointer la responsabilité de son allié syrien, a indiqué que c'est bien l'aviation syrienne est à l'origine de la frappe. Moscou explique que les avions syriens ont visé un "entrepôt terroriste" contenant des "substances toxiques". "Selon les données objectives du contrôle russe de l'espace aérien, l'aviation syrienne a frappé près de Khan Cheikhoun un grand entrepôt terroriste", a déclaré dans un communiqué le ministère russe de la Défense affirmant que cet entrepôt contenait des "substances toxiques".

Les espoirs de paix volent en éclats

Le difficile processus de paix entamé entre le régime syrien et ses adversaires est plus que jamais au point mort. Les opposants au régime syrien n'entendent plus participer aux négociations. Sur le terrain de la diplomatie toujours, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont proposé au Conseil de Sécurité des Nations unies une résolution condamnant l'attaque chimique. Les trois pays ont imputé aux forces loyales au président syrien Bachar al-Assad la responsabilité de l'attaque.

L'armée syrienne s'en tient toujours au même argument pour nier les faits. Elle a une nouvelle fois démenti "totalement" et dit qu'elle n'utiliserait jamais d'arme chimique.

Que peuvent faire les Nations unies?

©AFP

Le Conseil de sécurité des Nations unies a annoncé qu'il se réunirait en urgence ce mercredi à 15 heures, heure belge. Un projet de résolution est sur la table du Conseil de Sécurité des Nations unies. Il a pu être consulté par l'agence Reuters. Le Conseil de sécurité entend voir le gouvernement syrien fournir aux enquêteurs internationaux les plans et registres de vols de son aviation, le nom des chefs d'escadrons de ses hélicoptères et laisser les enquêteurs accéder aux bases aériennes d'où aurait pu être menée l'attaque chimique.

Le texte demande au secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, un rapport mensuel sur la coopération du gouvernement syrien dans le cadre de l'enquête internationale sur l'usage d'armes chimiques en Syrie. Le projet de résolution "exprime son indignation, que des individus continuent d'être tués et blessés par des armes chimiques dans la République arabe syrienne, et exprime sa détermination pour que les coupables soient tenus responsables".

Quel sera la position des Russes et des Chinois? 

La Russie, allié de Bachar al-Assad, et la Chine, n'ont pas fait connaître leur position sur cette résolution. En février, les deux pays ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant des sanctions contre la Syrie pour l'utilisation d'armes chimiques contre sa population civile.

Un rapport de la mission d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait conclu à la responsabilité des forces syriennes dans trois attaques au chlore.


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