Le bastion kurde d'Afrine tombe aux mains des forces pro-turques

La Turquie d'Erdogan prévoit de poursuivre son offensive vers le "corridor" kurde en Syrie. ©EPA

Après deux mois d'une offensive visant la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), la Turquie étend son emprise sur le territoire syrien. D'autres opérations sont prévues par l'armée turque contre les bastions kurdes.

Depuis le 20 janvier, les forces pro-turques accroissent leur percée en Syrie. Ce dimanche, Ankara s'est emparée d'Afrine, au nord de la Syrie, et fortifie sa mainmise sur le territoire. La ville kurde a été le théâtre de scènes de pillage menées par les combattants pro-turcs et leurs supplétifs syriens. Ils entendent chasser de leur frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qu'ils qualifient de "terroriste", voyant d'un mauvais œil leur relative autonomie. L'organisation fait pourtant partie de la coalition internationale dans la lutte contre les djihadistes de l'Etat Islamique, et bénéficie à ce titre d'un soutien logistique des Américains.

Un exode massif

©AFP

D'après les données de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, 250.000 civils ont dû quitter la ville face aux tirs d'artillerie des combattants turcs. Au moins onze civils ont été tués ce samedi par un raid aérien turc.

L'avancée des forces pro-turques a entraîné ces derniers jours un exode massif de civils. Une situation qui fait craindre un nouveau drame humanitaire dans un pays ravagé par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.

250.000
Nombre de civils contraints à l'exode
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme estime à 250.000 le nombre de civils qui ont fui Afrine avant l'offensive turque

Après Afrine, Erdogan veut élargir son offensive

Ankara se défend de toute accusation d'occupation du territoire syrien. "Ce que nous disons est très clair. Nous ne sommes pas là-bas pour rester, et absolument pas pour occuper", a déclaré le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag. Cependant, les troupes d'Erdogan ont hissé le drapeau turc à Afrine et n'a évoqué aucune date quant au retrait de ses troupes. "Afrine est maintenant sous contrôle, mais la Turquie a encore du pain sur la planche à Afrine. Nous avons beaucoup de choses à faire". Le président Erdogan a par ailleurs affirmé que les incursions se poursuivraient vers Minbej, ville tenue par les YPG, proche de la frontière turque.

"En prenant hier le contrôle de la ville d'Afrine, nous avons laissé derrière nous l'étape la plus importante de l'opération baptisée Rameau d'olivier"
Recep Erdogan
Président de la Turquie

Des offensives nécessaires pour "stabiliser" la région et qui ne visent en aucun cas les populations, selon Ankara. "Maintenant, après (Afrine), nous allons poursuivre ce processus jusqu'à la destruction totale de ce corridor constitué de Minbej, Aïn al-Arab (nom arabe de Kobané), Tal Abyad, Ras al-Aïn et Qamichli", a déclaré Recep Erdogan. Mais, la poursuite de l'opération "Rameau d'olivier" est potentiellement explosive, car des forces américaines sont présentes à Minbej et sont alliées avec les YPG.

©AFP

L'avancée des combattants pro-turcs en Syrie suscite une vive inquiétude et est dénoncée par les pays occidentaux. Le chef de la diplomatie française a jugé que rien ne justifiait "l'action en profondeur" de l'armée turque à Afrine. Khaled Issa, représentant du Kurdistan syrien en France, a quant à lui indiqué "qu'il y avait une responsabilité morale pour la communauté internationale face à une agression injustifiée et illégale.".

La communauté kurde de Bruxelles en appelle à la fin des violences à Afrine.

A partir de ce lundi, des Kurdes de Bruxelles organisent une semaine de manifestations pour protester contre les violences commises envers le peuple kurde à Afrine. Depuis la prise de la ville, Navbel-la communauté kurde à Bruxelles-craint un génocide mené par les forces pro-turques. "Tant que l'agression continuera et que nos familles et compatriotes continueront à mourir, nous ne quitterons pas la rue. Il faut continuer à faire pression", précise l'association.



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