"Le temps est compté" à Alep

Des enfants fuient leur école bombardée à Alep. ©AFP

250.000 personnes vivent assiégées depuis quatre mois à Alep en Syrie. Ils sont affamés et d'après l'ONU on frôle la catastrophe humanitaire.

L'émissaire de l'ONU en Syrie a averti que le "temps était compté" pour éviter un "écroulement" des quartiers rebelles d'Alep, soumis à des bombardements meurtriers du régime qui avance face aux insurgés.

Les bombardements menés par l'armée du président syrien Bachar al-Assad ont tué 115 civils dont 18 enfants depuis mardi dans les quartiers Est d'Alep tenus par les rebelles, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Et au moins huit enfants sont morts dans les quartiers gouvernementaux après des tirs rebelles sur une école, selon les médias officiels et l'OSDH.

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem en discussion avec l'émissaire de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura ce dimanche. ©AFP

En plus d'être bombardés, les 250.000 personnes qui vivent assiégées depuis quatre mois souffrent de la faim. "D'ici Noël, en raison de l'intensification des opérations militaires, on verra un écroulement (...) de ce qui reste à Alep-Est et vous pourriez avoir 200.000 personnes fuyant vers la Turquie, ce qui serait une catastrophe humanitaire", a mis en garde l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura.

L'ONU préconise l'arrêt des bombardements des deux côtés, le départ des jihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda) d'Alep, de tout combattant et civil qui le souhaite, et le maintien de l'administration locale de l'opposition à Alep-Est. Cette proposition a été rejetée par le chef de la diplomatie syrienne qui refuse de "récompenser les terroristes".

"Guerre totale"

D'après l'OSDH, les forces loyalistes sont entrées pour la première fois dans le quartier de Massaken Hanano, dans le nord-est d'Alep et tenus par les rebelles depuis 2012, et de violents combats se sont poursuivis dimanche soir.

La ville d'Alep fait face à des bombardements et des combats au sol. ©REUTERS

Le régime a également chassé les insurgés d'une ancienne zone industrielle dans le Nord-Est, "la plus importante percée dans les quartiers rebelles jusqu'à ce jour", selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Les rares structures encore en mesure de fournir des soins médicaux aux habitants ont été très endommagées par les bombardements, qualifiés de "tragiques" par M. Mistura. Matériel et personnel qualifié manquent pour soigner les nombreux blessés.

Damas et Moscou semblent déterminés à reprendre coûte que coûte la partie Est d'Alep avant, selon des experts, la prise de fonction de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier.

Le conflit syrien a fait depuis 2011 plus de 300.000 morts et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population.

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