Les "bonnes fées" de Bachar el-Assad

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L’offensive menée par les forces du régime syrien contre le dernier bastion contrôlé par les rebelles, dans la Ghouta orientale, est la preuve ultime que quasi sept ans après le début de la guerre en Syrie, Bachar el-Assad n’a pas dit son dernier mot. Au contraire même.

Alors que le conflit syrien s’est mué en guerre par procuration pour les Iraniens, les Russes, les Turcs, les Israéliens et les Américains, le dictateur semble plus indéboulonnable que jamais. Le fait que l’État islamique l’ait supplanté pendant un certain temps en tant qu’ennemi numéro un a joué en sa faveur. Mais c’est surtout le soutien indéfectible de ses alliés qui lui a sauvé la mise. Qui sont les "bonnes fées" de Bachar el-Assad?

L’Iran

Dès les prémices de la guerre, lorsqu’on ne parlait encore "que" d’un soulèvement populaire, Téhéran s’est tenu aux côtés du régime. Quand la révolution a viré en conflit armé, l’Iran a envoyé plusieurs membres des gardiens de la révolution, son corps d’élite, encadrer l’armée d’Assad. Il a également apporté un soutien financier et logistique aux milices chiites combattant à ses côtés, à commencer par le Hezbollah libanais. L’Iran espère ainsi étendre son emprise sur la région en créant un couloir chiite qui irait du Liban à l’Iran en passant par la Syrie et l’Irak.

L’implication iranienne, et son coût, sont critiqués par certains en Iran, comme l’ont montré une partie des slogans que l’on a pu entendre lors des manifestations qui se sont déroulées aux quatre coins du pays à la fin décembre. Pas de quoi arrêter Téhéran toutefois.

Ceux qui s’inquiètent sans doute le plus du soutien iranien à Assad, ce sont les Israéliens. Ils ont d’ailleurs bombardé à plusieurs reprises des convois du Hezbollah en Syrie. Début février, le ton est monté d’un cran lorsque les Israéliens ont descendu un drone iranien entré dans leur espace aérien depuis la Syrie. Ils ont ensuite bombardé plusieurs positions syriennes, opération au cours de laquelle les Israéliens ont perdu un F-16, descendu par la défense anti-aérienne syrienne.

La Russie

L’autre soutien indéfectible d’Assad, c’est la Russie, dont l’intervention militaire à partir de septembre 2015 a représenté un tournant dans la guerre. Si le président Poutine s’est ainsi impliqué, ce n’est pas pour les beaux yeux d’Assad. C’est avant tout pour renforcer la présence russe dans une région stratégique, d’un point de vue tant géopolitique qu’énergétique, au moment où les Etats-Unis semblaient hors-jeu. Ses efforts pour occuper le terrain diplomatique à travers le processus de paix d’Astana, qui vise à mettre fin à la guerre (parallèlement aux discussions parrainées par l’ONU), en sont une preuve supplémentaire.

La Russie est également présente en Syrie à travers ses mercenaires.

Assad a su se montrer reconnaissant en autorisant Moscou à opérer une base navale à Tartous, seul point d’appui de l’armée russe en Méditerranée, et une base aérienne à Hmeimim, au sud de Lattaquié.

La Russie est également présente en Syrie à travers ses mercenaires. Ils seraient plusieurs centaines, travaillant notamment pour le compte de la société Wagner, proche du Kremlin. Ces soldats privés ne répondent cependant pas (directement) aux ordres de Moscou. Ils travailleraient pour le compte d’Assad. Les 200 mercenaires tués début février par un raid américain contre des positions pro-régime dans la région de Deir ez-Zor, dans l’est du pays, étaient vraisemblablement en train d’aider Assad à reprendre le contrôle de la raffinerie pétrolière d’Al-Isba. Moscou a pris ses distances avec eux, affirmant qu’ils ne s’agit pas de forces russes. Un scénario que l’on avait déjà vu en Ukraine et en Crimée…

L’armée pro-Assad

Assad peut évidemment compter sur son armée, et surtout sur ses composantes d’élite, à commencer par la Garde républicaine, une unité créée en 1976 par son père, Hafez el-Assad.

Cette garde rapprochée du clan Assad est essentiellement dirigée par des alaouites. La 104e brigade est la plus connue de ses composantes. Dès 2011, c’est elle qu’Assad envoyait réprimer les manifestations anti-régime. La 104e brigade aurait également trempé dans les attaques chimiques que le régime est accusé d’avoir menées contre plusieurs bastions rebelles.

Les Forces du tigre sont une autre unité d’élite. Elles seraient impliquées dans l’offensive menée dans la Ghouta orientale. Des combattants venant du Maghreb et du Proche-Orient, enrôlés dans une "garde panarabe", se battent également aux côtés de l’armée syrienne depuis 2013.

Asma el-Assad

Last but not least, Bachar el-Assad semble soutenu contre vents et marées par son épouse Asma, dont les comptes Instagram, Facebook et Telegram continuent à relayer la propagande du régime. Plusieurs parlementaires britanniques ont appelé à lui retirer la nationalité britannique (elle a la double nationalité syrienne et britannique) pour son soutien indéfectible au régime de Damas.

Elle a affirmé il y a quelques mois qu’il était hors de question pour elle de quitter le pays où l’on peut encore la voir visiter des écoles ou centres médicaux.

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