"Nous devons éviter une escalade militaire" (Reynders)

©BELGA

Alors qu'en Syrie, le président Assad a ramené dans son giron l'essentiel de son territoire, le conflit s'exporte. Les invectives belliqueuses de Trump - qui promet des frappes de missiles - ont allumé Moscou. La Russie en appelle au Conseil de sécurité: "La priorité immédiate est de prévenir le risque d'une guerre." Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, rejette l'option militaire au profit d'une solution politique.

La Syrie est en train de retrouver un semblant d'unité territoriale. L'essentiel des territoires tombés aux mains des ennemis du régime est rentré sous l'aile d'Assad. La guerre est-elle presque finie? Non, elle s'exporte. Là, on en est au stade des promesses belliqueuses de Trump & Co. Le président américain lancera une attaque "très bientôt ou pas si tôt que cela". Emmanuel Macron se décidera "en temps voulu". Le président français dit avoir "la preuve" que "des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar al-Assad". On ne sait pas quelle preuve, on ne sait pas qui a mené l'enquête.

Bref, c'est le flou total côté occidental tandis que l'autre front avertit: "La priorité est d'éviter le danger d'une guerre", a reconnu jeudi l'ambassadeur russe à l'Onu, Vassily Nebenzia. Une guerre entre les États-Unis et la Russie? "Nous ne pouvons exclure aucune possibilité", s'est-il borné à répondre.

Le risque d'une confrontation militaire entre la Russie et les États-Unis n'a jamais semblé aussi élevé depuis la Guerre froide.

L'enjeu, pour autant qu'il ne soit que celui qui est officiellement affiché - empêcher le régime syrien d'encore recourir à des armes chimiques - vaut-il vraiment une guerre froide? Est-ce vraiment la réponse idéale?

L'AFP a interrogé des experts sur la question. Globalement, ils estiment que des frappes occidentales contre le régime syrien en représailles à l'usage d'armes chimiques pourraient affecter l'appareil militaire de Bachar al-Assad et pousser la Russie à revenir à la table des négociations. Mais aussi mettre le feu aux poudres dans la région.

Tout dépendra de la puissance des frappes. Et de ce que celles-ci visent.

Toute la difficulté consiste à trouver le bon calibrage entre une frappe symbolique, comme celle de Donald Trump en avril 2017 après l'attaque au gaz sarin à Khan Cheikhoun (80 morts), des raids plus lourds et ciblés et une opération majeure de type "changement de régime". Sachant que les plans de frappes occidentaux devront soigneusement éviter les soldats russes stationnés en Syrie afin d'éviter tout risque d'escalade militaire avec Moscou.

Bref, on espère que si l'Occident se donne le temps, c'est pour réfléchir sérieusement à toutes les implications de telles frappes dont Assad risque au final de ne pas être la principale victime.

→ Côté belge, qu'en pense-t-on, justement? Le ministre belges des Affaires étrangères, Didier Reynders, et son homologue allemand, Heiko Maas, insistent sur l'importance de trouver une solution politique au conflit syrien et d'éviter une escalade.

"Nous devons attendre. Nous devons certainement éviter une escalade militaire. Une solution politique est nécessaire. Nous devons faire pression sur le régime syrien pour revenir à la table des discussions et parler d'une solution" (Didier Reynders)

 

Ce qu'on sait des positions occidentales:

Donald Trump a réuni jeudi son équipe de sécurité nationale et n'a pas encore tranché sur de possibles frappes aériennes.

La Russie a assuré garder un contact militaire avec les Etats-Unis en Syrie.

Theresa May et Trump ont convenu qu'il était "vital" de dissuader le gouvernement syrien d'avoir à nouveau recours à des armes chimiques. La Première ministre britannique  a réuni son gouvernement en urgence jeudi pour discuter d'une éventuelle participation du Royaume-Uni à des frappes américaines en Syrie sans attendre un vote du Parlement, une action qui divise son pays. "Le gouvernement donne l'impression d'attendre les ordres du président Donald Trump sur la manière de procéder", regrette le
chef de file de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, qui demande une enquête indépendante. "La Grande-Bretagne doit réclamer une enquête indépendante conduite par l'Onu sur la terrible attaque chimique du week-end dernier afin que ceux qui en sont responsables rendent des comptes."

• "Nous avons la preuve que la semaine dernière, il y a maintenant près de dix jours, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar el-Assad", a affirmé Emmanuel Macron. On ne sait pas quelles sont les preuves ni par qui elles ont été récoltées, mais Macron promet une annonce dans les prochains jours.

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