Pas d'évacuation à Alep, mais de nouveaux bombardements

©REUTERS

Les opérations d'évacuation n'ont pas encore débuté dans la ville d'Alep, assiégée de toute part. Les opérations pourraient ne commencer que jeudi. D'ici là, un fragile cessez-le-feu a été décrété, mais ne semble pas être respecté par toutes les parties.

Alep est sur le point d'être reprise par les forces militaires du président Bachar al Assaf, ce qui serait la plus grande victoire du pouvoir en place dans son combat pour mater une rébellion entamée en 2011 en plein "printemps arabe", un conflit qui a fait plus de 300.000 morts, selon les rapports de diverses ONG.  La ville est désormais réduite à l'état de ruines et de nombreux civils sont cloîtrés chez eux dans l'attente d'être évacués.

Des quartiers de la ville d'Alep sont encore tenus par les forces rebelles. L'évacuation de ces secteurs est réclamée par l'ONU. Prévue ce mercredi matin, elle a été repoussée pour des raisons inexpliquées, affirme l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), tandis que les insurgés accusent les milices chiites pro-Damas de bloquer l'opération.

Les médias étrangers restent cantonnés à la frontière libanaise. Du coup, les annonces des différents camps impliqués dans le conflit sont amplifiés par leurs propres organes de presse ou ceux de leurs alliés. Il ainsi difficile d'avoir une image claire de la situation.

50.000
Environ 50.000 civils devraient quitter Alep-Est, où la situation humanitaire aggravée par les intempéries à l'approche de l'hiver préoccupe au plus haut point les Nations unies, qui parlent "d'effondrement total de l'humanité".

50.000 civils doivent encore être évacués selon les chiffres disponibles auprès des organisations humanitaires. Le service d'information militaire du Hezbollah libanais, engagé au côté de l'armée syrienne, estime à 15.000, dont 4.000 combattants insurgés, le nombre de personnes voulant quitter Alep dans le cadre de l'accord d'évacuation négocié la veille.

Nouveaux bombardements sur Alep

Des représentants de l'insurrection syrienne ont accusé ce mercredi matin les forces pro-gouvernementales d'avoir repris le bombardement des derniers quartiers encore tenus par les rebelles dans Alep en dépit du cessez-le-feu entré en vigueur la veille.

A Moscou, le ministère russe de la Défense a affirmé que les rebelles d'Alep avaient lancé de nouvelles attaques à l'aube. L'armée syrienne les a repoussées et poursuit ses opérations pour venir à bout des dernières poches de résistance, poursuit le ministère russe cité par l'agence russe Interfax.

L'accord ne tient plus

L'armée syrienne de Bachar al-Assad a repris le quartier de la vieille ville la semaine dernière ©AFP

Un correspondant de l'AFP dans la dernière poche rebelle a entendu de très violents tirs d'artillerie du régime et a vu un char de l'armée tirer en direction des secteurs tenus par les insurgés.

Avec ces violents bombardements dans la deuxième ville de Syrie, les espoirs d'une évacuation rapide de milliers de civils affamés et assiégés dans le réduit rebelle ont été douchés. L'accord d'évacuation aurait permis surtout à des milliers de civils et de rebelles de quitter la ville, où ils étaient assiégés pendant plus de quatre mois par l'armée et manquaient de tout.

Enfants grelottant de froid

Des enfants très peu vêtus grelottaient de froid. Beaucoup d'habitants avaient passé la nuit sur les trottoirs, faute d'abris, par un temps glacial et sous la pluie, alors qu'ils manquent de tout depuis le début du siège il y a quatre mois.

Une journaliste de l'AFP présente dans le secteur gouvernemental du quartier de Salaheddine a vu une vingtaine de bus prévus pour l'évacuation en stationnement. Leurs chauffeurs dormaient dans leurs véhicules et aucun civil ou insurgé n'était visible dans les parages.

Alep, un prélude à de nouvelles offensives

En attendant l'évacuation, les habitants de la ville réunissaient mercredi quelques effets personnels et préféraient brûler leurs biens qu'ils ne peuvent emporter, photos, livres, vêtements, voire voiture, de peur qu'ils ne tombent aux mains des pillards de l'armée syrienne ou des miliciens chiites.

D'après les autorités russes, plus de 6.000 personnes ont quitté ce mardi les quartiers d'Alep tenus par les rebelles. Parmi-elles, ces trois enfants. ©REUTERS

Bachar al Assad a salué la victoire des forces gouvernementales à Alep qu'il a présentée comme un tournant dans le conflit syrien et un prélude à de nouvelles offensives contre les enclaves rebelles. Pour la Russie, la chute d'Alep est une victoire considérable contre les terroristes, l'expression qu'utilise le régime syrien pour désigner l'ensemble des groupes rebelles, qu'ils soient nationalistes ou islamistes.

Aux Nations unies, les Etats-Unis ont condamné le déchaînement de violence qui a visé Alep, assiégée et bombardée des mois durant. Le Haut Commissariat de l'Onu aux droits de l'homme a fait état de 82 exécutions sommaires imputées à l'armée et aux milices qui lui prêtent main forte dans les quartiers repris aux insurgés.

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