Que retenir des pourparlers inédits autour de la Syrie?

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D'un côté, Moscou. De l'autre, le trio Washington-Ryad-Ankara. Le sujet de la discussion: la guerre en Syrie. Pour le moment, aucun accord n'a été trouvé concernant l'avenir de Bachar al Assad, mais les discussions vont se poursuivre la semaine prochaine.

Les chefs des diplomaties américaine, saoudienne, turque et russe se sont retrouvés ce vendredi à Vienne pour des pourparlers inédits sur la guerre en Syrie entre le trio Washington-Ryad-Ankara, farouches adversaires du régime de Damas, et Moscou, son plus fidèle allié. Si ceux-là ont décidé de débattre de ce conflit, c'est qu'ils ont compris qu'il avait pris une ampleur mondiale.

♦ Pas d'accord

Autour de John Kerry, le Saoudien Adel al-Jubeir et le Turc Feridun Sinirlioglu. Face à eux, le Russe Sergueï Lavrov. ©REUTERS

Le secrétaire d'Etat John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se sont entretenus dans la capitale autrichienne avant de rejoindre leurs homologues saoudien et turc, Adel al Djoubeir et Feridun Sinirlioglu. A l'issue de la rencontre, le ministre saoudien a déclaré qu'aucun accord n'avait pu être trouvé avec la Russie sur l'avenir d'Assad.

John Kerry s'est toutefois félicité du contenu des discussions, expliquant qu'elles avaient permis de faire émerger des idées qui pourraient à terme changer le cours du conflit en Syrie. "Je suis persuadé que (...) la réunion d'aujourd'hui a été constructive et productive."

♦ Poursuite des discussions

Vladimir Poutine a envoyé son ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov à Vienne pour représenter Moscou et défendre les intérêts d'Assad dans le conflit syrien. ©AFP

Les quatre pays sont convenus de poursuivre leurs consultations sur le dossier syrien. Sergueï Lavrov a de son côté estimé que l'Egypte et l'Iran devaient être associés aux futures discussions. "Nous avons demandé que les prochaines rencontres soient plus représentatives", a-t-il dit à des journalistes, allusion à l'absence de l'Iran et de l'Egypte dans les discussions en cours.

Selon John Kerry, les quatre pays représentés à Vienne devraient se retrouver dès le 30 octobre pour une réunion élargie.

♦ Coordination entre la Russie et la Jordanie

A Vienne, l'hôtel qui accueille les pourparlers autour de la Syrie. ©EPA

Les deux pays se sont mis d'accord pour "coordonner" des opérations militaires en Syrie, a déclaré Sergueï Lavrov après une rencontre avec son homologue jordanien. Un "mécanisme" en ce sens a été mis en place à Amman, la capitale jordanienne, alors que la Jordanie est l'alliée des Etats-Unis et fait partie de la coalition contre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI). 

Cette annonce surprise place Moscou à l'offensive contre Washington, dans un contexte où les deux pays ont des positions antagoniques sur la solution à apporter au conflit syrien.

♦ Paris, sans les Russes et les Iraniens

©AFP

La France réunira la semaine prochaine à Paris ses alliés allemand, britannique, américain et saoudien sur le dossier syrien, une configuration qui écarte à ce stade les Russes et les Iraniens, a annoncé Laurent Fabius.

Dans le même temps, Paris déposera au milieu de la semaine une résolution à l'Onu pour faire interdire en Syrie le largage de barils d'explosifs sur les populations civiles, a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

"Il faut faire en sorte que le régime (de Bachar al Assad) arrête de bombarder les populations civiles", a-t-il dit après avoir reçu l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Pro-rebelles: les États-Unis, l'Arabie Saoudite et la Turquie

• Ils pilotent une coalition militaire internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
• Ils apportent leur soutien à des rebelles syriens ennemis du régime de Damas.
• Ils souhaitent que Bachar al Assad quitte le pouvoir, mais depuis peu ont admis que le calendrier de son départ était négociable. 

Pro-Assad: la Russie

• Elle soutient Bachar al Assad et lui apporte un appui diplomatique inconditionnel.
• Elle livre des équipements de défense au régime syrien.
• Elle a effectué plus de 800 frappes aériennes depuis le 30 septembre contre des "cibles terroristes" (ce qui est contesté par les Américains)

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