Russie et Etats-Unis prêts au dialogue malgré "un faible niveau de confiance"

©AFP

Première rencontre entre l'Américain Rex Tillerson et le Russe Sergueï Lavrov sur fond d'attaques en Syrie. Dans la foulée, c'est le président Poutine qu'a rencontré l'Américain. A l'Onu, la Russie a opposé son 8e veto à une résolution sur la Syrie.

La Russie et les Etats-Unis se sont dits prêts mercredi à aller de l'avant et tenter de surmonter leur "faible niveau de confiance" pour mener notamment une "lutte implacable contre le terrorisme", à l'issue de la visite à Moscou du secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson. Ils ont également affiché leurs divergences sur l'avenir du président Bachar al-Assad, Washington prônant son départ "de manière organisée" tandis que Moscou insistait sur les précédents chaos créées par des départs de "dictateurs".

"Il y a un faible niveau de confiance entre nos deux pays. Les deux plus grandes puissances nucléaires ne peuvent pas avoir ce genre de relations."
Rex Tillerson
Secrétaire d'Etat américain

"Malgré tous les problèmes existant, il existe des perspectives considérables pour travailler ensemble", a assuré le ministre Lavrov lors d'une conférence de presse commune avec son homologue américain, lequel a aussi été reçu pendant environ deux heures par Vladimir Poutine. 

Un objectif commun: la lutte contre le terrorisme

"La Russie (...) est ouverte au dialogue avec les Etats-Unis dans tous les domaines et pas seulement au dialogue mais à des actions communes en vue d'arriver à des résultats dans tous les domaines où cela répond aux intérêts de nos deux pays", a poursuivi Sergueï Lavrov. Le ministre russe des Affaires étrangères a cité notamment l'"objectif partagé de mener une lutte implacable contre le terrorisme international", un peu plus d'une semaine après l'attentat qui a fait 14 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg.

La visite de Rex Tillerson à Moscou, la première d'un haut responsable de l'administration américaine depuis l'entrée en fonction de Donald Trump, a été dominée par le conflit syrien. Les deux pays sont lancés ces derniers jours dans une guerre des mots au sujet de l'attaque chimique présumée de Khan Cheikhoun et après la volte-face du président américain, qui a ordonné le premier bombardement de l'armée syrienne depuis le début du conflit il y a six ans.

A la suite de ces frappes, Moscou a suspendu sa participation à l'accord de prévention des incidents aériens en vigueur en Syrie. "Le président Poutine a confirmé être prêt à rétablir" cet accord "à condition que notre but commun soit la lutte contre le terrorisme", a indiqué son ministre des Affaires étrangères. 

Provocations

Les responsables américains se sont succédé mardi pour critiquer le soutien sans faille de la Russie au président syrien Bachar al-Assad. Le secrétaire à la Défense Jim Mattis a estimé qu'il n'y avait "pas de doute" que le régime de Damas était responsable de l'attaque chimique présumée du 4 avril, qui a fait 87 morts. D'autres hauts responsables de l'administration américaine accusent Moscou de "semer la confusion" sur le rôle du régime syrien et appellent à se poser la question d'une éventuelle complicité russe dans cette attaque.

Le président Vladimir Poutine a, lui, répété dans une interview à la télévision MIR, diffusée mardi soir, qu'il ne voyait aucun élément prouvant la responsabilité de Damas.

La Russie se tient à une ligne mettant le régime syrien hors de cause: il faut regarder du côté des rebelles, l'armée syrienne ne disposant plus d'armes chimiques depuis le démantèlement de son arsenal sous supervision internationale.

Vladimir Poutine a averti contre une répétition du scénario des fausses preuves d'armes de destruction massives en Irak en 2003, prélude à l'invasion du pays pour faire chuter Saddam Hussein. Il a ainsi mis en garde contre des "provocations" en préparation de la part des rebelles qui utiliseraient des armes chimiques pour mettre ensuite Damas en cause.

La Russie met son 8e veto à une résolution de l'ONU sur la Syrie

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté ce mercredi soir sur un texte présenté par les Etats-Unis, le Royaume-uni et la France pour faire avancer l'enquête sur l'attaque chimique du 4 avril en Syrie. Mais cette initiative que la Russie juge inacceptable n'ira pas plus loin, Moscou a décider d'opposer son veto, le 8e sur la question syrienne.

La Chine, qui a opposé son veto à six précédentes résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit, s'est cette fois abstenue, comme l'Ethiopie et le Kazakhstan. Dix pays ont voté en faveur du texte, contrairement à la Russie et la Bolivie qui ont voté contre.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a prévenu la Russie qu'elle s'isolait en soutenant le régime syrien de Bachar al Assad. "A mes collègues russes : vous vous isolez de la communauté internationale à chaque fois qu'un avion d'Assad largue un autre baril explosif sur des civils et à chaque fois qu'Assad essaye d'affamer une communauté", a-t-elle déclaré lors d'une réunion tendue du conseil de sécurité.

Au cours de cette réunion, l'ambassadeur adjoint de la Russie, Vladimir Safronkov, a assuré les 15 membres du Conseil de sécurité qu'ils se trompaient en accusant Bachar al Assad. "Je suis stupéfait par cette conclusion. Personne ne s'est rendu sur le site du crime. Comment savez vous cela ?".

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