Syrie: des pourparlers sans se parler

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Les pourparlers de paix sur la Syrie entre émissaires de Bachar al-Assad et représentants des rebelles ont commencé lundi à Astana, au Kazakhstan, malgré le refus de dernière minute des rebelles de négocier en face à face avec avec le régime. La séance va durer deux jours.

La séance a été ouverte ce lundi par le ministre kazakh des Affaires étrangères, Kaïrat Abdrakhmanov. Les deux délégations étaient rassemblées dans une même pièce autour d'une grande table circulaire à l'hôtel Rixos d'Astana: les émissaires de Bachar al-Assad et les représentants des rebelles.

Mais d'emblée un froid a été jeté. La délégation des rebelles syriens ne compte pas avoir de discussions directes avec les représentants du régime de Damas.

"La première session des négociations ne sera pas en face à face car le gouvernement n'a pas respecté jusqu'à présent ce à quoi il s'est engagé dans les accords du 30 décembre", instaurant un cessez-le-feu en Syrie, a indiqué Yehya al-Aridi, un porte-parole de la délégation des rebelles.

Pourquoi?

Les rebelles reprochent notamment aux forces gouvernementales de poursuivre les combats près de Wadi Barada, zone clé pour l'approvisionnement en eau de la capitale syrienne, Damas. Des combats s'y sont déroulés dans la nuit de dimanche à lundi, ainsi que dans la région de Damas, où l'armée syrienne a repris le siège de Madaya, ville sous contrôle rebelle près de la frontière libanaise, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

→ Les deux délégations

La délégation des rebelles, à l'origine composée de huit membres, a été élargie à un total de 14 représentants auxquels s'ajoutent 21 conseillers, selon une source proche de l'opposition.
Le chef de la délégation, Mohammad Allouche, est un responsable du groupe Jaich al-Islam (l'Armée de l'islam).

La délégation du régime est composée de dix émissaires et dirigée par Bachar Jaafari.


Quel est le but de ces négociations, alors?

Les négociations d'Astana doivent poser les bases d'un règlement à même d'être approfondies lors de prochaines discussions de paix sous l'égide de l'ONU à Genève le 8 février.

L'objectif pour le régime est aussi de faire avancer une solution politique "globale" après près de six ans de guerre. Le président syrien a ainsi appelé les rebelles à livrer leurs armes en échange d'une amnistie. Elle souhaite aussi que les pourparlers servent à distancier les rebelles considérés comme "modérés" des jihadistes de l'organisation Etat islamique et du front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, Al-Qaïda en Syrie), selon l'agence officielle syrienne SANA.

"Il s'agit de davantage que de (pérenniser) le cessez-le-feu", explique-t-on plutôt du côté des rebelles. Il s'agit de mettre en place des mécanismes de surveillance et de responsabilité" en cas de violations, selon un porte-parole des rebelles, Ossama Abou Zeid.

Yehya al-Aridi, autre porte-parole de la délégation des insurgés, a précisé que l'objectif était également d'améliorer l'accès à l'aide humanitaire dans les villes assiégées. "Ce serait une base forte qui pourra être poursuivie à Genève."

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