Syrie: la Russie oppose encore son véto. Et maintenant?

©REUTERS

La Russie a bloqué une résolution présentée au Conseil de sécurité de l'Onu, qui condamnait l'attaque chimique du 4 avril dernier en Syrie et poussait le président syrien Bachar al Assad à coopérer à l'enquête internationale sur cette affaire.

On s'y attendait. La Russie a posé son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité demandant une enquête internationale sur l'attaque chimique. C'est la huitième fois depuis le début de la guerre en Syrie en mars 2011, que Moscou oppose son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité pour protéger le gouvernement de Bachar al Assad.

Le projet de résolution, présenté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, dénonçait l'attaque du 4 avril, qui a fait 87 morts, dont de nombreux enfants, dans le village de Khan Cheikhoune situé dans la province d'Idlib, et demandait au gouvernement syrien de donner aux enquêteurs accès au site et à un certain nombre d'informations telles que les plans de vol. Trois jours après cette attaque, les Etats-Unis, qui considèrent le gouvernement syrien comme responsable, ont bombardé une base aérienne au nord de Damas. Le gouvernement syrien a démenti être responsable de cette attaque.

Voilà qui risque encore d'envenimer les relations entre Washington et Moscou... Ainsi, à l'issue de pourparlers avec le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a indiqué que les relations entre la Russie et les Etats-Unis sont marquées par un "faible niveau de confiance".

A Washington, Donald Trump a déclaré lors d'une conférence de presse que les Etats-Unis ne s'entendaient pas "du tout" avec la Russie. La relation pourrait être à "un niveau historiquement bas", a dit le président américain.

"On peut dire que le niveau de confiance au niveau opérationnel, en particulier sur le plan militaire, ne s'est pas amélioré mais plutôt détérioré", avait déclaré quelques heures auparavant Vladimir Poutine dans un entretien diffusé à la télévision russe.

Mais malgré cela, Trump a plaidé pour une entente entre les Etats-Unis et la Russie... Lui qui s'est montré de caractère fort martial à l'égard de la Corée du Nord.

Pour rappel, la guerre en Syrie demeure le contentieux le plus lourd entre Washington et Moscou, Donald Trump traitant son homologue syrien Bachar al-Assad de "boucher" et d'"animal" et jugeant "possible" que la Russie ait été au courant de l'attaque chimique du 4 avril, imputée au régime de Damas. Les Etats-Unis et la Russie restent aux antipodes sur la Syrie, tant sur la responsabilité du régime dans l'attaque du 4 avril sur la localité syrienne de Khan Cheikhoun (87 morts, dont 31 enfants), que sur le sort du président Assad.

Trump avait prôné tout au long de sa campagne et au début de sa présidence un rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine.
"Ce serait merveilleux (...) si l'Otan et notre pays pouvaient s'entendre avec la Russie", a-t-il encore lancé mercredi lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg. Mais "à l'heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie", a reconnu Donald Trump, parlant même d'une "relation peut-être au plus bas (niveau) de tous les temps".

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