Syrie: "Où est le 'Merci l'Amérique'?"

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Trump reste très évasif sur le moment où les Etats-Unis pourraient lancer des frappes contre la Syrie: "très bientôt ou pas si tôt que cela". Le président syrien Bachar al-Assad met en garde contre toute action occidentale qui "déstabiliserait d'avantage" la région.

Constat d'échec pour le président américain qui avait fait de la relance des relations avec la Russie un des grands objectifs de sa politique étrangère.

Ce jeudi

La Bolivie a demandé une réunion du Conseil de sécurité sur "l'escalade récente de la rhétorique concernant la Syrie".

Theresa May réunit en urgence du gouvernement britannique. A l'ordre du jour: la réaction du Royaume-Uni à l'attaque chimique présumée en Syrie.

Les tensions se sont exacerbées mercredi entre l'Occident et la Russie sur le dossier syrien à la suite de tweets de Donald Trump dans lesquels le président américain semblait annoncer une riposte imminente à l'attaque chimique présumée commise samedi soir dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale. Attaque imputée au régime syrien, mais pour l'heure sans preuve.

Ce jeudi, à son réveil, il a remis le couvert:

"Jamais dit quand une attaque contre la Syrie pourrait avoir lieu. Cela pourrait être très bientôt ou pas si tôt que cela"
"Dans tous les cas, les Etats-Unis, sous mon administration, ont fait un super boulot pour débarrasser la région de l'EI. Où est le 'Merci l'Amérique'?"

Qu'en pense l'entourage de Trump?

La Ghouta est reprise

Les derniers rebelles dans la ville de Douma, ultime poche insurgée dans la Ghouta orientale près de Damas, ont remis leurs armes lourdes tandis que leur chef a quitté la zone en direction du nord du pays. L'armée syrienne a hissé le drapeau sur Douma.

En appui au président, le Pentagone s'est dit "prêt" mercredi à présenter des options militaires pour frapper la Syrie, tandis que le régime de Bachar al-Assad a évacué des aéroports et des bases militaires selon une ONG.

Mais après les tweets présidentiels va-t-en-guerre du matin, la Maison Blanche s'est montrée plus prudente. "Le président tient la Syrie et la Russie pour responsables de cette attaque aux armes chimiques", mais "toutes les options sont sur la table, la décision finale n'a pas été prise", a déclaré sa porte-parole, Sarah Sanders.

Assad avertit

"Toute action ne contribuera qu'à déstabiliser davantage la région", a dit Assad en recevant à Damas Ali Akbar Velayati, le conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, selon les comptes de la présidence syrienne sur les réseaux sociaux.

 

•  Et à l'Onu? C'est le dialogue de sourds

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La perspective d'une action militaire des Américains, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s'inscrit dans un contexte extrêmement difficile entre l'Occident et la Russie. Les relations sont déjà passablement dégradées par l'affaire de l'ex-espion Sergueï Skripal empoisonné par un agent innervant en Angleterre le 4 mars. Des tensions symbolisées par un dialogue de sourds à l'ONU. Un triple vote mardi sur deux textes russes et un texte américain n'a abouti à aucune adoption.

→ La Bolivie, qui s'était rangée du côté de la Russie contre le texte américain, a demandé la tenue ce jeudi d'une réunion du Conseil de sécurité sur "l'escalade récente de la rhétorique concernant la Syrie".

Mercredi soir, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a exhorté les cinq membres permanents du Conseil de sécurité "à éviter une situation hors contrôle" en Syrie, réaffirmant sa "grande inquiétude face à l'impasse actuelle".

J'ai appelé les ambassadeurs des cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) pour réaffirmer ma grande inquiétude face à l'impasse actuelle et souligné la nécessité d'éviter une situation devenant hors contrôle.
Antonio Guterres
secrétaire général de l'Onu

La première ministre britannique Theresa May a convoqué pour ce jeudi une réunion d'urgence de son gouvernement, afin de "discuter de la réponse à apporter aux événements en Syrie", a annoncé une porte-parole.

Le président français Macron dit, lui, qu'il "se décidera en temps voulu".

Le Kremlin espère...

Jugeant la situation "très tendue", le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit espérer "que toutes les parties vont éviter tout acte qui ne serait en réalité en aucun cas justifié".

Dans ce contexte, la Turquie, autre acteur-clé dans le conflit syrien, a exhorté Moscou et Washington à cesser leur "bagarre de rue".

Une enquête sur l'attaque chimique

L'Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC), organisme dont le mandat est d'enquêter sur une attaque présumée mais pas d'en identifier les responsables, a annoncé mardi l'envoi "sous peu" d'une équipe en Syrie.

Selon les Casques blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 personnes ont été tuées à Douma, dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, tandis que plus de 500 blessés ont été soignés notamment pour des "difficultés respiratoires".

L'OIAC a été invitée par Damas qui, comme Moscou, nie toute attaque chimique.

©AFP

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