"Une solution politique est la seule voie possible"

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L'inattendue et virulente riposte de Trump suite à l'attaque mortelle, mais aux circonstances encore floues, en Syrie a secoué le monde. Difficile pour certains pays de choisir leur camps. En toile de fond, la question est: va-t-on éteindre la violence par la violence? La Belgique demande d'éviter l'escalade et de privilégier la solution politique.

Chacun se range là où ça lui semble le moins pire, et c'est difficile pour certains. Alors, on glisse, comme les Allemands, que l'attaque US est "compréhensible". Sachant bien sûr que les frappes menées par l'armée US étaient, au regard du droit international, hors-la-loi. Ce n'était pas de la légitime défense et l'Onu n'avait donné aucune injonction ni aucun accord en ce sens.

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♦ D'un côté, les USA qui ont frappé - avec 59 missiles Tomahawk - cette nuit la base syrienne d'où seraient partis les avions de l'armée d'Assad qui auraient commis l'attaque présumée chimique à Khan Cheikhoun. Il y auait au moins 6 morts suite à l'attaque lancée par le président Trump.

♦ De l'autre, le président russe Vladimir Poutine qui considère ces frappes US comme une "agression contre un Etat souverain", estimant qu'elles causaient un "préjudice considérable" aux relations entre Moscou et Washington.

"Le président Poutine considère les frappes américaines contre la Syrie comme une agression contre un Etat souverain en violation des normes du droit international, (se fondant) sur des prétextes inventés. Mais surtout, comme l'estime Poutine, cette action ne nous rapproche pas de l'objectif final de la lutte contre le terrorisme international mais dresse au contraire de sérieux obstacles pour la constitution d'une coalition internationale pour la lutte contre (le terrorisme)."
Dmitri Peskov
Porte-parole du Kremlin

• Moscou a suspendu son accord avec Washington qui visait à éviter les incidents aériens dans le ciel syrien.

Alors, puisqu'il faut choisir entre la peste et le choléra...

→ Evidemment, parce que ça les arrangent trop bien, ces frappes contre le régime d'Assad, les opposants syriens saluent l'attaque américaine pour mettre fin aux frappes du régime et à "l'utilisation d'armes prohibées internationalement", annonce un porte-parole du groupe. Un représentant de l'opposition syrienne a même souhaité que la communauté internationale mène des opérations de même nature contre toutes les bases aériennes en Syrie. "Nous appelons à des frappes communes (internationales) dans tous les aéroports", a déclaré ce représentant sur la chaîne de télévision Al Hadath.

Ankara, ennemi juré de Damas, applaudit ausi Donald Trump et ses Tomahawk. "Nous considérons que c'est une chose positive. Le régime de (Bachar al-)Assad doit être puni entièrement sur le plan international", a éagi le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus.

→ En Arabie saoudite, un important allié des Etats-Unis au Moyen-Orient, un responsable au ministère des Affaires étrangères a assuré que son pays "soutenait complètement" les frappes américaines en Syrie.

Shinzo Abe se range aussi aux côtés de Trump. Le Japon soutient la "détermination" des Etats-Unis, assure le Premier ministre japonais.

→ Le régime syrien porte "l'entière responsabilité" des frappes américaines, a réagi l'Otan.

Et les Européens?

L'Union européenne peine à s'accorder sur une réaction commune.

"Les frappes américaines démontrent la détermination contre les attaques chimiques barbares. L'UE travaillera avec les Etats-Unis pour mettre fin à la brutalité en Syrie" (Donald Tusk sur Twitter)

→ Les frappes américaines en Syrie sont "compréhensibles", selon Sigmar Gabriel, chef de la diplomatie allemande: "il était à peine supportable de devoir regarder comment le Conseil de sécurité de l'ONU s'est montré incapable de réagir de manière claire à l'utilisation barbare d'armes chimiques. Que les Etats-Unis réagissent en attaquant les structures militaires du régime (de Bachar al-Assad) qui a commis ce crime de guerre, est compréhensible".

→ Le président français François Hollande a estimé que la "réponse" des États-Unis devait "maintenant être poursuivie au niveau international, dans le cadre des Nations Unies si c'est possible". Mais il a aussi dit, plus tempéré: "Il y a aujourd'hui à cause de ce drame, à cause de cette situation, une possibilité aussi d'ouvrir des négociations et de permettre une transition politique en Syrie".

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a mis des gants: "L'impression qu'on avait c'était que les Américains avaient une priorité qui était la lutte contre Daesh mais en oubliant la nécessaire transition politique. Là, il y a un signal qui a été donné."

Du côté des candidats à l'Elysée, Emmanuel Macron et Benoît Hamon ont confirmé la ligne dure face au régime du président Bachar al Assad qu'ils prônent depuis le début de la campagne, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon exprimant pour leur part des doutes ou des réserves face à l'attaque US.

→ Le gouvernement britannique abonde dans le sens, celui de l'Arabie saoudite, de la Turquie, et soutient donc Trump dans ce dossier. Ces frappes sont "une réponse appropriée à l'attaque barbare à l'arme chimique perpétrée par le régime syrien", estime le porte-parole de Downing Street. Il précise que le Royaume-Uni "est déterminé à empêcher toute nouvelle attaque" du régime de Damas.

→ Et la Belgique? Didier Reynders demande d'éviter l'escalade. "La Belgique et ses partenaires européens doivent tenter d'éviter l'escalade. Il est temps que l'Union européenne prenne l'initiative en faveur du dialogue entre les parties. La situation est particulièrement complexe, mais une solution politique est la seule voie possible." Le ministre a en outre plaidé pour une "véritable enquête" sur l'attaque aux armes chimiques qui a fait mardi des dizaines de morts à Khan Cheikhoun

Steven Vandeput exprime l'espoir que cette crise "ne connaîtra pas d'escalade supplémentaire". "J'espère que cela restera isolé".

Alors, qui s'insurge officiellement contre l'attaque des USA en Syrie et soutient l'indignation russe? L'Iran, évidemment.

→ L'Iran, allié du régime de Bachar al-Assad, a condamné "vigoureusement" les frappes : "Nous condamnons toute action unilatérale et l'attaque (...) contre la base aérienne d'Al-Chaayrate", a déclaré Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Cette attaque ne fera qu'"aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région", a-t-il ajouté. Le régime syrien et ses alliés iranien et russe qualifient de "terroristes" tous les groupes armés rebelles et jihadistes en Syrie.

→ A Pékin, on appelle à "éviter toute détérioration" de la situation.

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