Victoire stratégique pour Bachar al Assad à Alep

Le quartier de la 'Vieille ville' est complètement sous le contrôle des forces de Bachar al Assad, une première depuis 2012 ©REUTERS

Alors que se multiplient les appels à un cessez-le-feu immédiat dans la deuxième ville syrienne, les forces du régime de Bachar al Assad ont presque repris le contrôle complet d'Alep. Des combats acharnés se poursuivent et les tentatives de résolution du conflit par la voie diplomatique semblent vouées à l'échec.

Ce mercredi, l'armée syrienne a pris le contrôle de tous les quartiers de la vieille ville d'Alep, qui était aux mains des insurgés, rapporte mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La nette progression des forces gouvernementales en direction de la vieille ville avait commencé mardi et s'est prolongée dans la nuit. Mercredi encore, des combats acharnés faisaient rage dans les quartiers aux abords de la vieille ville, l'armée de Bachar al Assad cherchant à tirer parti de sa progression.

En moins de dix jours, les insurgés ont perdu 75% des zones qu'ils contrôlaient à Alep-Est, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman.

Six pays réclament un cessez-le-feu immédiat

La poussée de l'armée dans Alep-Est est une "victoire stratégique" qui empêchera une intervention étrangère et va modifier la donne politique, a déclaré le ministre syrien de la Réconciliation, Ali Haïdar, mercredi à Damas. Selon l'OSDH, l'armée, appuyée par des pilonnages et des bombardements aériens, a conduit les insurgés à se retirer de la vieille ville, qui englobe le secteur de la mosquée des Omeyyades.

©REUTERS

Un responsable d'une faction rebelle a expliqué à l'agence Reuters que les forces syriennes avaient bien pris une partie de la vieille ville mais qu'ils ne la contrôlaient pas pour autant dans sa totalité. Les forces gouvernementales, appuyées non seulement par l'aviation russe mais aussi par des milices chiites libanaises, iraniennes et irakiennes, semblent désormais sur le point de reprendre le contrôle de tous les quartiers orientaux de la ville, où vivent encore 200.000 personnes, selon les Nations unies.

La situation a conduit six pays - France, Allemagne, Canada, Etats-Unis, Italie et Canada - à réclamer ce mercredi un cessez-le-feu immédiat à Alep, "pour permettre aux Nations unies de livrer de l'aide humanitaire aux populations de l'est d'Alep et de porter secours à ceux qui ont fui".

Reprendre Alep avant le 20 janvier 

Face à l'intensification des combats et à une situation sur le plan humanitaire que l'Onu juge "désastreuse", les rebelles ont demandé eux aussi la mise en place d'un cessez-le-feu, d'une durée de cinq jours, pour permettre l'évacuation d'environ 500 personnes ayant besoin de soins médicaux urgents.

"En ce qui concerne le départ des rebelles (...), une proposition existe et la question a déjà été évoquée; elle reste d'actualité."
Dmitri Peskov
Porte-parole du Kremlin

 

©AFP

Pour Moscou, un accord éventuel entre Américains et Russes permettant aux rebelles de quitter Alep reste d'actualité, mais aucune consultation à ce sujet n'est prévue par les deux pays pour le moment. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, devait néanmoins voir son homologue américain, John Kerry, ce mercredi à Hambourg. Lavrov devait également s'entretenir avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, rapportent les agences de presse russes.

La Russie et la Chine ont opposé lundi leur veto aux Nations unies à un projet de résolution du Conseil de sécurité exigeant une trêve de sept jours à Alep et l'arrêt des combats dans l'ensemble de la Syrie. Moscou a fait valoir qu'une cessation des hostilités permettrait aux rebelles de se regrouper. L'armée syrienne a indiqué qu'elle entendait terminer la reconquête d'Alep avant l'entrée à la Maison blanche du nouveau président américain, Donald Trump, le 20 janvier.

Les rebelles se battront jusqu'au bout

Impuissants, les pays occidentaux tenteraient désormais de convaincre les rebelles de quitter la ville pour éviter un bain de sang encore plus grand lorsque les forces gouvernementales attaqueront les zones les plus densément peuplées. Pour l'heure, les rebelles n'ont donné aucune indication en ce sens et se disent déterminés à se battre jusqu'au bout.

©REUTERS

Un représentant de l'opposition syrienne a néanmoins reconnu en privé que les insurgés seraient peut-être contraints de partir pour éviter un massacre de la population civile, bombardée quotidiennement et affamée par le siège d'Alep-Est.

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