Washington menace d'une action unilatérale en Syrie

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley annonce que les USA prendront des mesures unilatérales en Syrie si l'ONU ne parvient pas à répondre à l'attaque chimique. ©AFP

Les membres de l'ONU réunis en conseil d'urgence après l'attaque chimique en Syrie soumettent aux votes un projet de résolution. La Russie fulmine.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence suite à l'attaque chimique présumée de mardi ayant fait 72 morts en Syrie. Et l'ambiance est tendue entre la Russie et les pays occidentaux.

Côté américain, l'ambassadrice à l'ONU Nikki Haley a fustigé Moscou pour n'avoir pas su tempérer son allié syrien. "Combien d'enfants devront encore mourir avant que la Russie ne s'en soucie?" Et d'ajouter: "Quand les Nations unies échouent constamment dans leur mission d'action collective, il y a des moments dans la vie des Etats où nous sommes obligés d'agir nous-mêmes".
Côté russeMoscou juge "inacceptable" en l'état le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni condamnant l'attaque de mardi. "Son défaut est d'anticiper les résultats de l'enquête et de désigner des coupables."

Le texte appelle à une enquête complète et rapide de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Il demande au régime de fournir toute information sur des opérations militaires au moment de l'attaque.

 Depuis le début du conflit syrien il y a six ans, le dossier syrien divise les Occidentaux et la Russie, bloquant tout effort pour mettre fin à une guerre qui a fait plus de 320.000 morts.

"Agents neurotoxiques"

Sur le terrain, des médecins tentent de sauver les blessés les plus graves parmi les plus de 160 personnes soignées après l'attaque. Cette dernière a déjà provoqué la mort de 72 civils, dont 20 enfants, selon un bilan établi par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ce bilan "pourrait encore augmenter car il y a des personnes disparues", a-t-il précisé. Ces victimes ont été prises de convulsions lorsque le raid aérien a visé Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb dans le nord-ouest.

©REUTERS

La nature des substances chimiques n'a pas été formellement identifiée mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques "comprenant des agents neurotoxiques". Médecins sans frontières (MSF) évoque "un agent neurotoxique de type gaz sarin".

Selon l'OSDH, il s'agit de la deuxième "attaque chimique" la plus meurtrière depuis le début du conflit après celle au gaz sarin qui avait fait plus de 1.400 morts près de Damas en 2013. Celle-ci avait failli provoquer une escalade de la guerre mais les Etats-Unis avaient finalement décidé de ne pas intervenir et avait conclu un accord avec la Russie, en vertu duquel la Syrie est censée avoir détruit son arsenal chimique.

6 milliards de dollars

La communauté internationale s'est par ailleurs engagée mercredi à financer à hauteur de six milliards de dollars l'aide humanitaire fournie en 2017 à la population et aux réfugiés syriens, lors d'une conférence sur l'avenir de la Syrie à Bruxelles.

Qualifiant ce chiffre d'"impressionnant", le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Christos Styliandides, a immédiatement ajouté: "C'est un signe tangible de notre solidarité" mais "il faut désormais aller au-delà des déclarations pour mettre en oeuvre ces promesses".

L'Union européenne, premier donateur au monde pour le conflit syrien, s'engage à mettre sur la table 1,3 milliard de dollars "pour l'année en cours", a-t-il précisé.

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