Inflation basse, du grain à moudre pour la BCE

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L'inflation a diminué contre toute attente en mai, ce qui augmente d'autant le risque de déflation, ainsi que la probabilité de voir la Banque centrale européenne (BCE) prendre de nouvelles mesures cette semaine.

L'inflation a ralenti à 0,5% en mai dans la zone euro, après avoir atteint 0,7% le mois précédent, selon une première estimation de l'office européen de statistiques, Eurostat. [Lire ici le communiqué] L'inflation reste ainsi dans la "zone dangereuse" - selon les propres termes de la Banque centrale européenne (BCE) - en deçà de 1%, ce qui atteste de la timidité de la reprise.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une inflation inchangée.


Le taux d'inflation de mai est identique à celui de mars, qui était au plus bas depuis novembre 2009 et reflétait une inflation faible en Allemagne, la première économie européenne. L'inflation reste ainsi dans la "zone dangereuse" - selon les propres termes de la BCE - en deçà de 1%, ce qui atteste de la timidité de la reprise, également mise en évidence par la
statistique du chômage publiée également ce mercredi.

Ce ralentissement va plus que jamais mettre la pression sur la BCE, qui se réunit jeudi, pour agir contre l'inflation faible qui pèse sur la croissance de l'Union monétaire.

Lire également sur le même sujet: Taux négatif, effet positif?

Déjà le mois dernier, des observateurs avaient indiqué que la BCE préparait un ensemble de mesures susceptibles d'être annoncées à l'issue de sa réunion de juin, incluant la
possibilité d'une baisse de ses trois taux directeurs et celle de mesures ciblées visant à favoriser le crédit aux petites et moyennes entreprises.

La faible inflation de mai devrait renforcer d'autant les conjectures sur l'annonce jeudi par l'institut d'émission d'un train de mesures destinées à faciliter le crédit et à redonner
de la vigueur à une reprise économique à la peine en zone euro.


Le taux de chômage a diminué en avril dans la zone euro mais très peu, à 11,7% contre 11,8% en mars. C'est un peu mieux que ce qu'attendaient les économistes qui anticipaient le statu quo.

Le nombre de sans emploi dans la zone euro approche les 19 millions depuis quatre mois, témoignant du profond impact de la pire crise financière qu'ait connu la zone euro, mais les taux de chômage varient fortement d'un pays à l'autre.

Dans le détail, en mai, les prix des services ont augmenté de 1,1% après 1,6% en avril mais ils ont été à l'arrêt dans tous les autres secteurs.

Les prix des biens industriels hors énergie ont été stables après une hausse de 0,1% en avril. Concernant l'alimentation, boissons alcoolisées et tabac, les prix ont augmenté de 0,1% après 0,7% le mois précédent et les prix de l'énergie ont été stables après avoir reculé de 1,2% en avril.

Mais, selon des analystes, les investisseurs semblent avoir déjà intégré l'idée d'un assouplissement monétaire en zone euro qu'ils attendent jeudi à l'issue de la réunion de politique monétaire de la BCE. "Les attentes partagées sur la possibilité de l'annonce par (le président de la BCE) Mario Draghi de mesures concrètes pour lutter contre les risques de déflation sont l'un des principaux moteurs du marché en ce moment", commente Joshua Mahony, analyste chez Alpari UK.

Express

Légère baisse du chômage en avril

Le taux de chômage a légèrement diminué au mois d'avril dans la zone euro, reculant à 11,7% contre 11,8% au mois de mars, rapporte également Eurostat, en marge des chiffres de l'infation. Le consensus tablait sur un maintien à 11,8%.

Selon l'agence statistique européenne, quelque 18,75 millions de personnes sont privées d'emplois, soit 76.000 de moins qu'en mars.

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