1. Dossiers
  2. Tax shift

"Bientôt, le handicap salarial ne sera plus qu'un souvenir"

Charles Michel, le Premier ministre, a prononcé son discours de politique générale, mardi à la Chambre. Au pas de charge, il a énuméré les "efforts" du gouvernement pour satisfaire "tous les citoyens".
  • Malaise autour des boissons light

    La plupart des boissons appelées 'light' ou 'zéro' sont complètement sans sucres, donc sans calories", indique l'association sectorielle de l'industrie belge des eaux et boissons rafraîchissantes (FIEB). Pour la fédération, la taxe sur les boissons annoncée par le gouvernement Michel est une mesure fiscale et non destinée à améliorer la santé publique.

    La ministre de la Santé Maggie De Block a affirmé lundi que l'aspartame, un édulcorant artificiel présent dans de nombreuses boissons 'light', a des effets secondaires néfastes pour la santé. Si le produit reste controversé dans l'opinion publique, la FIEB rappelle toutefois qu'il a fait l'objet d'une réévaluation complète par l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) en 2013, et que l'aspartame a été déclaré "sûr pour la consommation humaine".

    Maggie De Block a admis que la taxe sur les boissons aurait mérité d'être étudiée de manière plus approfondie. "Le taxshift est arrivé plus vite que prévu", a reconnu Mme De Block sur les ondes de la VRT.

    Du côté des dentistes, on applaudit la mesure. La taxe annoncée ravit notamment l'Association dentaire belge francophone, pour qui l'acidité que contiennent les sodas (sucrés ou pas) "provoque des érosions de l'émail dentaire et contribue à la destruction des dents". Ces produits en version light ne sont pas des produits à consommer au quotidien, indique également l'association dans son communiqué.

  • "Les fumeurs se fourniront différemment"

    Les fédérations du tabac en Belgique, Cimabel (fabricants de cigarettes) et Fetabel (tabac à rouler), déplorent les hausses d'accises. Ces hausses "sans précédent" des accises sur le tabac vont détruire de l'emploi en Flandre et peser sur les revenus des pouvoirs publics, estiment-elles.

    ©BELGAIMAGE

    Cimabel et Fetabel sont d'avis que la hausse de la fiscalité sur le tabac ne va pas conduire à une réduction de la consommation mais bien pousser les fumeurs à se fournir différemment, par exemple à l'étranger. Actuellement, 8% des cigarettes légales consommées en Belgique sont achetées à l'étranger, selon le secteur.

    Les deux fédérations disent également craindre des pertes d'emplois, notamment dans les petites entreprises du secteur en Flandre occidentale.

    De son côté, la Coalition nationale contre le tabac se félicite de la hausse des accises sur le tabac à rouler, saluant une réduction, pour la première fois, de l'écart de prix entre les cigarettes et le tabac à rouler et une évolution "dans la bonne direction" de la fiscalité sur le tabac.

  • Réactions de l'opposition

  • Séduisant, le tax shift, pour les entreprises?

    "La question principale est évidemment de savoir si cette baisse des charges générera plus d'emplois." Selon Pieter Timmermans, le CEO de la FEB, le taxshift va permettre de consolider les emplois en danger et d'engager dans les sociétés en bonne santé. "Un climat socio-économique dans lequel les entreprises reçoivent de l'espace pour investir mène automatiquement à plus d'emplois et plus de pouvoir d'achat. Un job est effectivement la meilleure garantie d'une bonne sécurité sociale. Le taxshift doit in fine mener à un 'joblift'", explique le patron de la FEB.

  • L'opposition critique

    L'opposition n'a pas vu beaucoup d'enthousiasme dans le discours prononcé par le Premier ministre. Le virage fiscal annoncé par le gouvernement continue à susciter beaucoup de scepticisme, un sentiment renforcé encore par le tableau budgétaire remis aux parlementaires et qui a paru indigent aux députés de la minorité. 

    "C'est un discours qui se contente de justifier les choix politiques qui ont été faits. Il est teinté d'une grande auto-satisfaction alors que la population est inquiète et qu'elle le montre", a souligné la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx.

    Ecolo voit dans cet exercice le signe d'un "premier ministre qui se cherche". "Ca manque d'enthousiasme. Ce n'est à la hauteur ni des défis à court terme, ni des défis à long terme. Je ne vois pas où est le message d'espoir pour les jeunes et les personnes qui aujourd'hui recherchent un emploi", a jugé Jean-Marc Nollet (Ecolo).

    •  Le cdH s'est montré plus nuancé: les centristes voient d'un bon oeil la diminution annoncée de charges pour les entreprises mais jugent l'ensemble insuffisant au regard de l'augmentation des taxes qui attend la classe moyenne. "La classe moyenne va être mise à contribution et c'est une erreur si l'on veut des 'jobs, jobs, jobs'", a regretté le président Benoît Lutgen.

    "Un discours sans flamboyance, très éloigné d'un Guy Verhofstadt. On retrouve plutôt le style atone d'un Yves Leterme", a lâché Olivier Maingain (FDF). "Même le glissement fiscal n'est pas présenté à son avantage car son contenu est insignifiant."

    •  "Nous avons entendu un discours monotone alors les gens sentent au jour le jour que c'est de plus en plus dur de nouer les deux bouts et que l'on fait des cadeaux à ceux qui en ont déjà reçu", a déploré Raoul Hedebouw (PTB).

  • Agoria est content

    "Mettre l’accent sur l’emploi comme le fait ce gouvernement est la seule bonne façon de faire" se réjouit affirme Marc Lambotte, CEO d’Agoria, la fédération des entreprises technologiques. "Les mesures prises par le gouvernement témoignent d’un courage politique et amélioreront tant le pouvoir d’achat des gens que la compétitivité des entreprises. Si le handicap salarial continue de baisser d’ici 2020, 10.000 emplois nouveaux seront créés dans l’industrie technologique."

  • Que penser de ce discours?

    Le Premier ministre a adopté un ton très rapide, enchaînant les réformes déjà lancée, à peine décidées et à venir, donnant l'impression d'une activité gouvernementale quasi révolutionnaire. Il faut évidemement faire le tri entre ce qui est déjà en marche et ce qu'on attend, et surtout entre les résultats réels des réformes et les chiffres avancés lors des présentatiosn de celles-ci;

    Charles Michel a voulu donner l'impression de gérer une équipe qui veut ratisser à gauche, mettant en avant les réformes pour les moins bien lotis du pays. "Nous ne voulons laisser personne sur le côté."

    Plus social que Di Rupo? Il veut en donner l'image: "Je suis fier que ce gouvernement ait augmenté l'enveloppe bien-être de 44% par rapport à la période précédente."

    Un discours au pas de charge, comme Charles Michel voudrait aussi que le soit la mise en oeuvre des réformes...

  • Le gouvernement demande la confiance. Celle-ci sera votée au plus tard à 10h55 jeudi.

    Siegfried Bracke clôture ici la séance.

  • "Nous sommes sur le bon chemin et nous tiendrons le cap. Notre projet n'est pas un projet comptable. Nous devrons mieux expliquer, mieux convaincre. Nous ne voulons ni privilégier ni laisser personne sur le côté. Nous voulons renforcer notre économie, davantage d'emplois, mettre nos comptes en ordre, lutter contre la pauvreté, prouver notre capacité à prendre nos responsabilités. Les premiers résultats commencent à apparaître. Nous sommes optimistes et réalistes. Cette majorité est solide et rassemblée."

    Charles Michel clôture ici son discours.

  • Les migrants

    "Politique migratoire humaine mais ferme", avec notamment le renforcement des frontières et la création de hot-spots.

  • Syrie, Irak, etc.

    "La situation en Syrie, en Irak, en Libye, c'est un grand facteur d'instabilité."

    "L'option militaire n'est pas exclue."

  • Combattre le terrorisme

    "Nous voulons une responsabilisation plus forte dans une logique de droit et de devoir. Nous allons travailler à la sécurité des citoyens." Charles Michel se réfère au terrorisme (Charlie Hebdo, le musée juif, etc.). "Nous devons plus que jamais protéger nos valeurs démocratiques. L'honneur des démocrates, c'est de défendre la démocratie. Nous devons atteindre cet équilibre entre le droit à la sécurité et la protection des libertés fondamentales comme le respect de la vie privée." Charles Michel rappelle les 12 mesures déjà décidées.

    "Nous n'en avons pas fini avec le terrorisme, nous devons continuer à agir". Comment?

    Revoir le service de police, les réformes de la justice, améliorer la procédure civile (rendre procédure plus rapide et efficace). Le plaider coupable pourra être instauré.

    ©BELGA

  • "Je suis fier que ce gouvernement ait augmenté l'enveloppe bien-être de 44% par rapport à la période précédente."

  • "L'avenir des pensions, c'est un test de solidarité entre les générations."

  • Rendre plus agiles les entreprises publiques.

    Le projet de révision de la loi de 91 a été approuvé, pour améliorer la position concurrentielle de ces entreprises.

  • La politique énergétique

    Prochaine étape: travailler main dans la main avec les régions pour la politique énergétique.

  • Charles Michel promet diverses aides aux agriculteurs.

  • "Les PME et indépendants sont plus que jamais les partenaires pour la postérité."

  • Comment?

    Charles Michel explique comment les revenus du capital sont mis à contribution pour financer une baisse des impôts sur le travail.

    Et aussi hausse des accises sur le diesel et baisse de celles sur l'essence, pour s'inscrire dans une démarche environnementale.

  • "Oui, le travail est trop taxé"

    On doit améliorer le rapport qualité prix du fonctionnement de l'État. Comment?

    - En déterminant un processus de redesign des administrations
    - En injectant 8,3 millions de carburant dans le moteur économique de notre pays.

    Dès 2016, les salaires seront augmentés. Des baisses d'impôts seront effectives, promet Charles Michel.


    "Ce gouvernement est social et responsable."
    Charles Michel
    Premier ministre

  • 1 obsession

    Une obsession: créer les conditions pour plus d'emplois dans notre pays: job, job, job.

  • Le secteur de la construction

    Le gouvernement Michel va s'atteler à deux missions:

    - "Combattre le détachement illégal de travailleurs dans la construction"
    - Réduire la fraude sociale dans la construction

  • L'horeca

    Le gouvernement a déjà répondu à plusieurs problèmes de l'horeca avec:

    - flexi jobs
    - heures supplémentaires
    - faciliter le travail occasionnel

  • Il faut être au rendez-vous du développement du commerce économique. Notamment en adaptant le travail de nuit à l'e-commerce; des décisions vont être prises en ce sens avant la fin de l'année.

  • 1ère priorité

    Soutenir la création d'emplois. 99% des entreprises sont des PME.

  • "Améliorer nos standards de vie, tel doit être notre objectif. Résorbez nos déficits pour enrayer le cercle vicieux de l'endettement."

     

    Le but? "Atteindre l'équilibre structurel en 2018." Charles Michel promet un monitoring des réformes économiques et fiscales.

  • Charles Michel dresse le tableau de notre économie

    "Nous demanderons à la BNB et au Bureau du Plan d'analyser les conséquences de nos dernières décisions."

    "Le nombre de faillites a diminué de 14% cet été. Les investissements des entreprises devraient croître de 3,3% en 2015 et 2016."

    "Ces signaux sont encourageants, mais ne sont pas encore assez structurels. Hors de question de verser dans une forme de triomphalisme."

  • Charles Michel entame son discours

  • Gautier Calomne (MR, Ixelles) a prêté sermet, en tant que suppléant de Sophie Wilmès.

  • Siegfried Bracke ouvre la séance.

  • Charles Michel est déjà là, de même que Daniel Bacquelaine, Theo Francken, Koen Geens...

  • Les représentants entrent petit à petit et s'installent...

  • Le direct commence

    Suivez la déclaration de Charles Michel en direct

  • Et le budget 2016?

    L'exercice était moins douloureux pour 2016 que pour 2015: "à peine" 343 millions.

    Comment? Des "corrections techniques", dont 110 millions en provenance des versements anticipés liés à la taxation des intercommunales, la hausse du précompte mobilier (290 millions) ou encore l'anticipation des effets de la nouvelle opération de régularisation fiscale (66 millions), et le tour est joué.

    Enfin, sur papier du moins - rappelons que cette année, c'est la surestimation (on parle de 882 millions) des recettes fiscales de l'État par le SPF Finances qui a solidement plombé les comptes, tout en déstabilisant le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Lequel a tout de même fait preuve d'un joli sens de l'ironie, en postant dimanche sur les réseaux sociaux un lien vers un article annonçant une erreur d'estimation des recettes fiscales de 883 millions. Le tout datant de 2006. Sous le règne du MR Didier Reynders, donc.

    L'exercice était moins douloureux: "à peine" 343 millions. Des "corrections techniques", dont 110 millions en provenance des versements anticipés liés à la taxation des intercommunales, la hausse du précompte mobilier (290 millions) ou encore l'anticipation des effets de la nouvelle opération de régularisation fiscale (66 millions), et le tour est joué. Enfin, sur papier du moins - rappelons que cette année, c'est la surestimation (on parle de 882 millions) des recettes fiscales de l'État par le SPF Finances qui a solidement plombé les comptes, tout en déstabilisant le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Lequel a tout de même fait preuve d'un joli sens de l'ironie, en postant dimanche sur les réseaux sociaux un lien vers un article annonçant une erreur d'estimation des recettes fiscales de 883 millions. Le tout datant de 2006. Sous le règne du MR Didier Reynders, donc.
  • Le gouvernement a dégagé 914 millions pour boucher le trou de 2015

    Cela turbinait encore sec hier lundi dans les cabinets des Finances et du Budget, qui doivent traduire l'accord de ce week-end en textes et notifications budgétaires. L'échéance est double: tout doit être (le plus finement) ficelé, au mieux, pour ce matin et la rentrée politique de Charles Michel à la Chambre. Pas question de traîner en route: l'Europe attend le budget de la Belgique pour jeudi, dernière limite.

    Où donc le Fédéral a-t-il trouvé 914 millions?

    Une partie (383 millions) provient d'un tour de passe-passe budgétaire. Qui consiste à "sortir" du budget des dépenses qui ne sont pas structurelles - c'est le déficit structurel qui retient toute l'attention de l'Europe, depuis quelque temps. La crise de l'asile et la diminution des recettes TVA suite à la baisse de 21% à 6% de la TVA sur l'électricité sont des coûts non récurrents, puisqu'ils ne sont pas censés pointer leur nez l'année prochaine. Ils peuvent donc être éliminés de l'effort structurel à réaliser.

    Autre méthode: on "tire" sur des taxes existantes et on avance les nouvelles (366,5 millions). Ainsi, l'État compte recueillir 184 millions de plus de sa dernière opération de régularisation fiscale. Attendu pour 2017, le relèvement de 25% à 27% du précompte mobilier est finalement annoncé pour 2016, ce qui devrait générer, par le miracle de l'anticipation, des premières rentrées dès 2015. Même combat pour les accises sur le diesel et l'alcool.

    Pour le reste, l'État va simplement se serrer davantage la ceinture, à hauteur de 164,5 millions - "sous-utilisation" et "prudence budgétaire", ce n'est rien d'autre, avec l'avantage que la formule est suffisamment floue pour n'inquiéter personne. Et voilà, 2015 est bouclé!

  • A 10h

    Le Premier ministre prononcera la déclaration du gouvernement mardi, lors de la séance plénière de rentrée de la Chambre. La lecture du discours sur l'état de l'Union est prévue à 10 heures. Un moment important de la vie politique du pays.

     

    • Vous pourrez suivre ce discours en live ici.

    Charles Michel donnera ainsi les grands axes de sa politique et de son budget pour l'année à venir. Les députés débattront dans l'après-midi et mercredi. Le vote de confiance est attendu jeudi matin.

    Au programme: le tax-shift conclu ce week-end et dont les principes avaient déjà été validés avant les congés parlementaires; le budget; la réforme des pensions; la réforme de la justice. L'actuelle crise des migrants devrait aussi être à l'agenda comme les matières énergétiques.

    ©BELGA

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