La Chambre donne son feu vert au tax shift

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Après en avoir entendu parler depuis des mois, le tax shift est enfin officiel. La Chambre a approuvé le virage fiscal du gouvernement.

Avec la fin de l'année qui approche, on voit enfin arriver la fin d'un (gros) chapitre dans les réformes entreprises par le gouvernement fédéral. Après le dossier des pensions complémentaires jeudi, c'est aujourd'hui au tour du tax shift. La Chambre a approuvé, majorité contre opposition, la réforme fiscale du gouvernement visant à améliorer la compétitivité, la situation de l'emploi et renforcer le pouvoir d'achat.

7,2 milliards €
Le tax shift pèse quelque 7,2 milliards d'euros dont 4,45 milliards sur le pouvoir d'achat et 2,9 milliards pour renforcer la compétitivité des entreprises.

Les dispositions prévoient des réductions de cotisations sociales patronales et pour les travailleurs indépendants.

La réduction de l'impôt sur le travail est opérée via une nouvelle augmentation des frais professionnels forfaitaires déductibles, un relèvement de la quotité de revenus exemptée d'impôt et une révision du taux d'imposition. La tranche d'imposition de 30% sera supprimée à partir de 2019 et la borne supérieure de 40% sera relevée progressivement à partir de la même année. 

Cet avantage est partiellement compensé par l'augmentation d'un certain nombre de taxes sur le diesel, l'alcool et les sodas, le café, le tabac à rouler, la spéculation, le précompte mobilier, la chirurgie esthétique et les intercommunales. Cela alors que la TVA sur l'électricité repasse à 21%. Le gouvernement Di Rupo l'avait abaissée à 6%.

La majorité des mesures entreront en vigueur le 1er janvier prochain, mais pour certaines, il faudra attendre 2020.

→ Toutes les informations sur le tax shift dans notre dossier spécial

L'opposition a dénoncé le sous-financement de la réforme à hauteur de plusieurs milliards d'euros, qui lui fait craindre des lendemains difficiles pour le contribuable, l'usager des services publics, la Sécurité sociale et la gestion de l'Etat.

Elle a également égratigné un glissement fiscal très marqué sur le plan idéologique, apportant des "cadeaux" aux patrons, et soulevé le peu d'équité dans la réorientation des efforts. Selon elle, la taxation de la consommation financera les baisses d'impôt, le capital étant relativement épargné.

Pouvoir d'achat à la hausse

La revalorisation du pouvoir d'achat se fera sentir dès le 1er janvier chez les bénéficiaires, via le précompte professionnel. La moitié des contribuables bénéficiera d'une revalorisation de 44 euros net à partir du mois prochain. Un travailleur sur deux, soit 2,2 millions d'actifs, gagnera 100 euros net par mois en plus d'ici 2019, assure le gouvernement. 

Concrètement, avance le gouvernement Michel, les revenus de moins de 1.500 euros brut bénéficieront de 140 euros net en plus par mois d'ici 2019. Pour les salaires jusqu'à 2.800 euros, ce sera au moins 102 euros en plus, pour les salaires jusqu'à 3.300 euros, une revalorisation nette de 91 euros et pour les revenus jusqu'à 4.500 euros, 78 euros.

Le ministre des Finances s'est toutefois montré dans l'incapacité de fournir à ce stade une répartition de la réforme par décile, comme le demandait l'opposition.

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