Le tax shift coûtera 263 millions à la Wallonie

Le goût risque d’être amer pour Christophe Lacroix, le ministre wallon du Budget. ©Photo News

Voici l’addition, l’officielle. L’impact du tax shift pour les trois Régions est estimé à 915 millions d’euros en 2020.

Que coûtera le tax shift à la Wallonie? Après les estimations du Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie évoquant un impact probable de 300 millions pour les finances de la Région wallonne, voici l’addition. L’officielle. Celle rédigée par le cabinet du ministre des Finances en vue de la rencontre entre les Régions et le fédéral ce vendredi. Le goût risque d’être amer pour Christophe Lacroix, le ministre wallon du Budget.

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Petit état des lieux… D’après les tableaux du ministère des Finances, l’impact du tax shift pour les trois Régions est estimé à 915 millions d’euros en 2020. D’ici là, les effets seront progressifs sur les comptes régionaux. En 2016, le coût est estimé à 281 millions pour arriver donc au final à 915 millions en 2020.

Pour la Wallonie, le coût ( qui se traduit par une baisse des recettes au niveau de l’IPP) est estimé à 81 millions dès 2017. Il passe à 175 millions en 2019 pour plafonner à 263 millions en 2020, 2021 et 2022. Pour Bruxelles, les Finances évaluent l’impact à 21 millions en 2017 pour atteindre 65 millions dès 2020. En Flandre, le tax shift pèsera 180 millions dès 2017 pour atteindre 587 millions dès 2020.

Les communes ne sont pas épargnées. D’après les tableaux, les effets du tax shift sont estimés à 264 millions en 2021( 20 millions en 2017, 80 millions en 2018).

 

♦ Les Wallons au pied du mur

Et maintenant ? Les données officielles connues, le gouvernement wallon va devoir assumer sa part de l’effort. Il n’aura pas 36 solutions. Soit il décide de neutraliser les effets du tax shift sur ses finances en augmentant les additionnels régionaux – mais ce serait un très mauvais signal -, soit il joue le jeu du plan de relance du fédéral au nom de la solidarité fédérale et décide d’un nouveau train d’économies.

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Reste cependant une troisième option évoquée lors du dernier conclave budgétaire wallon: reporter d’un an le retour à l’équilibre. Mais en repoussant cette trajectoire à 2019, il n’est même pas sûr que cela soit suffisant. Cette option viendrait par ailleurs contrecarrer les plans du gouvernement wallon qui espérait se donner un peu d’air en fin de législature histoire de ménager ses électeurs. Quoi qu’il en soit, l’équipe PS-cdH va devoir se positionner rapidement.

Wilmès veut rétablir un climat serein avec les Régions

La ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès, a affiché jeudi sa volonté d'améliorer les relations entre le gouvernement fédéral et les Régions dans le domaine budgétaire. Elle a reçu dans l'après-midi son collègue wallon, Christophe Lacroix, pour aborder les impacts financiers du virage fiscal décidé ce week-end.

"Que les relations s'améliorent, ce serait une chose positive. Il faut travailler dans un climat serein entre le fédéral et les Régions, c'est primordial. Nous avons rouvert le dialogue même si je ne suis pas convaincue qu'il ait jamais été rompu."
Sophie Wilmès
Ministre du Budget

Côté wallon, l'heure est à la recherche de nouvelles sources de financement. "Nous allons nous donner le temps de la réflexion. Pour compenser la perte de recettes, on n'envisage pas d'augmenter les taxes et les impôts. Il n'est pas question de reprendre d'une main ce qui est donné de l'autre", a expliqué Christophe Lacroix. Le ministre wallon regrette que le fédéral n'ait pas étudié d'autres pistes de "tax shift", comme celle d'une réforme des intérêts notionnels qui profitent peu à la Wallonie. Selon lui, si légalement, le gouvernement de Charles Michel s'en est tenu à son rôle, il n'a pas pour autant fait preuve d'ouverture.

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