Le taxshift pourrait créer 64.500 emplois d'ici 2021

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"Jobs, jobs, jobs", avait promis Charles Michel à la présentation de son taxshift. La Banque nationale et le Bureau du plan confirment.

La réforme fiscale décidée par le gouvernement pourrait permettre de créer entre 45.000 et 64.500 emplois d'ici 2021, grâce à une consommation et des revenus en hausse, se réjouissent lundi les ministres de l'Emploi Kris Peeters et des Finances Johan Van Overtveldt qui s'appuient sur des évaluations de la Banque nationale et du Bureau du Plan.

En 2021, la croissance économique pourrait être jusqu'à +1,5% supérieure aux chiffres sans taxshift. "Le travail deviendra clairement moins cher, avec des répercussions positives immédiates pour la création d'emplois", soulignent les ministres dans un communiqué commun. Par conséquent, les revenus devraient augmenter, de même que la consommation, ce qui entraînera de nouvelles créations d'emplois, évaluées à entre 45.000 et 64.500 d'ici 2021, soit une augmentation de 1,7% du nombre d'emplois.

"Il est facile de promettre des emplois. A présent que nous les avons aussi effectivement chiffrés, nous disposons de chiffres objectifs qui montrent que le taxshift engendre plusieurs dizaines de milliers d'emplois supplémentaires, ainsi qu'une augmentation du pouvoir d'achat", commente le ministre des Finances.

Le financement du taxshift n'est pas finalisé

Il manque quelque 3 milliards d'euros d'ici 2019 pour boucler le financement du virage fiscal, a indiqué la Cour des comptes devant la Commission des Finances de la Chambre. "Sur la base des chiffres dont nous disposons, on peut conclure que le financement pour l'année prochaine est presque bouclé. A partir de 2017, nous remarquons que le financement n'est pas clos", a expliqué le conseiller Rudi Moens. Plusieurs milliards d'euros - vraisemblablement 3,15 - devront être trouvés.

Des déclarations dans la presse de la ministre du Budget, Sophie Wilmès, ont laissé penser qu'un problème de financement se poserait à terme. Son collègue des Finances, Johan Van Overtveldt, a affirmé que le "taxshift" était bel et financé mais qu'un effort devrait encore être fourni pour maintenir le budget dans sa trajectoire. A l'inverse, le président de la Commission des Finances, Eric Van Rompuy (CD&V), a pointé du doigt les milliards d'euros qui manqueraient pour le taxshift.

Les taxes qui posent problème

La Cour des comptes épingle l'incertitude qui pèse sur certaines taxes. Le problème pourrait créer quelques trous budgétaires importants au vu de certaines recettes escomptées, notamment de la taxe de transparence sur les constructions juridiques à l'étranger, dite "Caïman". Le gouvernement en attend 460 millions d'euros mais la Cour s'interroge sur les paramètres utilisés pour réaliser cette estimation et le risque que la taxe soit éludée.

Idem pour le "redesign" de l'administration (750 millions d'euros) et les mesures à prendre dans les dépenses sociales (700 millions) qui ne sont pas autrement définis. La Cour pointe aussi du doigt le recours trop facile aux provisions interdépartementales pour financer une série de dépenses très diverses. Elle se montre plus compréhensive à l'égard de la provision constituée pour les dépenses en matière d'accueil des réfugiés. Quelque 350 millions d'euros sont prévus mais, selon une estimation récente fournie à l'Europe, ce sont désormais 500 millions qui sont cités, a précisé M. Moens.

D'autres recettes sont encore évoquées. Le gouvernement attend un dividende de 135 millions de la Loterie nationale l'an prochain. Or, "ces moyens ne seront pas disponibles pour les subventions. Les bénéfices destinés à des subventions pour des activités culturelles ou autres vont aller en diminuant", a averti le conseiller Pierre Rion. 

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