Patronat et classes moyennes saluent l'accord budgétaire

Le monde des entreprises (ici, Philippe Godfroid, président de l'UCM, Bart Buysse, directeur général de la FEB, et Michèle Sioen, présidente de la FEB) se félicite des mesures adoptées samedi par le gouvernement. ©BELGA

Les mesures budgétaires et le glissement fiscal adoptés samedi par le gouvernement fédéral ont été accueillis favorablement par le patronat et les classes moyennes. Sans surprise, l'opposition stigmatise un paquet qualifié d'"écran de fumée" ou jugé "insuffisant".

L'accord budgétaire conclu par la coalition MR-NVA-CD&V-Open VLD a reçu un accueil positif des fédérations sectorielles et patronales, qui estiment que leurs attentes ont été entendues.

L'Union des Classes Moyennes (UCM) est la plus positive. Elle voit dans cet accord une "bouffée d'oxygène donnée aux indépendants et aux PME". Elle se félicite plus particulièrement de la baisse des cotisations sociales pour les employeurs de 33  à 25 %, une mesure qui, dit-elle, "rend aux entreprises la possibilité d'engager à un coût raisonnable et rétablit la compétitivité des entreprises belges par rapport aux pays voisins".

L'organisation se réjouit aussi de la réduction des cotisations sociales décidées pour les travailleurs indépendants, qui passeront de 22 à 20,5 %. Pour l'UCM, "c'est un message fort pour encourager la prise de risque et l'initiative".

Cette mesure est également saluée par la Syndicat neutre pour indépendants (SNI). "Les indépendants ont dû attendre 20 ans pour obtenir cela", souligne Christine Mattheeuws, présidente du SNI. Cette mesure est donc la bienvenue, même si la réduction aurait pu être encore plus drastique". Le syndicat d'indépendants se félicite aussi de la suppression des cotisations sociales patronales sur le premier employé engagé dans les 5 prochaines années.

La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) se dit quant à elle "heureuse" de voir le gouvernement "réussir cet exercice délicat". Elle trouve son principal sujet de satisfaction dans "la réduction d'impôt de 33% à 25% et de la mise en oeuvre de mesure favorables aux PME durant cette législature". La FEB pointe également comme positif les réductions de cotisations prévues pour les bas et moyens salaires. La fédération patronale attend toutefois l'ensemble des détails du tax shift avant de se prononcer plus largement.

La prudence prévaut aussi du côté de la Confédération Construction. Celle-ci accueille favorablement l'accord sur le tax shift, mais préfère attendre les modalités précises de l'accord. Néanmoins, "avec l'engagement qui vient d'être pris, nous pourrons selon toute vraisemblance enfin donner un important signal à nos entreprises", indique Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération.

L'accueil est positif aussi chez Comeos, la fédération belge du commerce et des services. "En réduisant les coûts, le gouvernement offre à présent la possibilité de refaire fonctionner l'ascenseur social pour les personnes peu qualifiées", affirme-t-elle dans un communiqué. La fédération sectorielle réclame toutefois une consultation à propos de l'augmentation des accises sur les boissons sucrées. "La décision a étéprise sans aucune consultation sérieuse avec notre secteur", déplore Dominique Michel, CEO de Comeos. Nous demandons dès lors au gouvernement d'organiser une vaste consultation avec toutes les parties, à savoir le secteur du commerce et celui de l'industrie alimentaire".

"Pour les baisses d'impôts, il faudra attendre"

Du côté de l'opposition politique, les réactions sont, on s'en doute, très différentes. "Ce sont les travailleurs, les pensionnés et les allocataires sociaux qui financent le tax shift", souligne Elio Di Rupo, le président du PS. Pour le chef de file des socialistes francophones, "ce qui est sûr, c'est que le gouvernement de Charles Michel augmente immédiatement les taxes pour les ménages, alors que pour les baisses d'impôts, il faudra attendre de voir".

"Le tax shift, c'est taxer plus vite", lance de son côté le président du cdH, Benoît Lutgen. A ses yeux, le gouvernement de Charles Michel fait cinq victimes: les jeunes, les femmes, les séniors, les communes et les classes moyennes. "Le gouvernement fédéral décide d'anticiper les taxes (de 2017 à 2016), et gonfle les promesses pour mieux les reporter à plus tard. Le tax shift, c'est taxer plus vite", lance-t-il.

Pour Ecolo, le tax shift décidé par le gouvernement fédéral n'apporte aucune réponse aux défis du futur, se contentant juste de quelques "mesures budgétaires". "Les quelques mesures positives, comme celles prises pour les indépendants ou les toutes petites entreprises, cachent difficilement l'absence d'ambition en terme de virage fiscal, notamment en matière de fiscalité sur le capital et sur les pollutions", souligne le parti vert dans un communiqué. Ecolo accuse le gouvernement Michel d'avoir "préféré jouer sur le calendrier (accélérant certaines mesures, en étalant d'autres), décider d'une nouvelle régularisation fiscale (qui n'a plus "d'unique" que le nom et qui constitue une prime à la fraude) et prendre certaines options fiscales qui risquent de peser lourdement dans le futur, sans effet garanti sur l'emploi".

Sans surprise, le Parti des Travailleurs de Belgique (PTB) va un cran plus loin, stigmatisant des mesures qui recèlent en réalité "plus de taxes pour tous" et des cadeaux pour "ceux qui n'en n'ont pas besoin". Pour le PTB, les véritables gagnants des choix budgétaires du gouvernement seront avant tout les grandes entreprises.

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) juge ces critiques infondées. "C'est fondamentalement injuste", a-t-il expliqué lors de l'émission De Zevende Dag sur één. "Nous avons procédé à une baisse d'impôts de 450 millions d'euros cette année. Nous poursuivrons cet effort de 850 millions d'euros l'an prochain avant de réitérer cela en 2018", s'est justifié le ministre des Finances.

Selon M. Van Overtveldt, les foyers aux faibles revenus gagneront 83 euros de plus en net par mois dès l'an prochain. Pour les revenus médians, cet avantage atteindra 57 euros par mois.

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