Revoilà les "starter jobs"

©© Mika/Corbis

Voilà plus d’un an que le gouvernement Michel avait annoncé le retour des starter jobs. Après tergiversations, ils prendront bien la forme d’un salaire brut inférieur au salaire minimum pour les moins de 21 ans. Avec compensation en net.

Les idées simples ne sont pas toujours les plus aisées à implémenter – quand bien même ont-elles déjà pris vie dans le passé. Prenez les "starter jobs", que Michel annonçait vouloir ressusciter, il y a un an déjà.

On vous le disait, le concept est simple: faire diminuer le coût du travail pour les jeunes de moins de 21 ans. Jusqu’en 2014, la Belgique s’y adonne:

-> les travailleurs de 16 à 20 ans peuvent être payés en deçà du salaire minimum légal (quelque 1.560 euros brut par mois, à l’heure actuelle)
-> L’écart toléré diminue en fonction de l’âge
-> Il culmine à 16 ans (30%) pour se réduire par paliers de 6 points afin de recoller avec le salaire minimum à 21 ans.

Puis la Belgique tourne le dos à la mesure, la supprimant pour les 18-20 ans, tout en la maintenant pour les 16-17. Très belge, tout ça.

Nous voilà en octobre 2016, à l’heure où le gouvernement fédéral accouche d’un grand accord et d’un budget – c’est devenu une de ses habitudes. Ca y est, c’est décidé: la majorité suédoise réintroduira ce mécanisme afin de favoriser l’emploi des jeunes. L’opposition et les syndicats se cabrent. Parce que si le brut chute, le net suit la même tendance – et voilà une mesure "anti-jeunes".

C’est également via une réduction de précompte professionnel que sera implémenté le tax shift promis au secteur de la construction.

Du tout, (r)assure Charles Michel. Le brut baisse, mais le net restera inchangé, tranche le Premier ministre. Et puis on en reste là. Jusqu’en juillet de cette année, où se pointe un nouveau diptyque "budget/paquet de réformes". Et revoilà les starter jobs! Sauf que dans un premier temps, il n’est plus question de tailler dans le salaire brut du jeune, mais d’accorder à l’employeur une déductibilité majorée des jours de rémunération.

Et puis non. Dans la dernière ligne droite des négociations autour de la "loi-programme" et de la "loi relance", il semble que Michel soit revenu à la première mouture des starter jobs. "Il y a un consensus sur le sujet", assure une source gouvernementale. A une nuance près, évidemment – et vous connaissez la chanson. Tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout (taxe sur les comptes-titres et réforme de l’Isoc, principalement), il n’y a d’accord sur rien.

En attendant, donc, l’ancien système serait de retour sur la table du gouvernement. Les moins de 21 ans pourront toucher un brut inférieur au salaire minimum:

• 70% de ce brut à 16 ans
• 76% à 17 ans
• 82% à 18 ans
• 88% à 19 ans
• 94% à 20 ans
• 100% à 21 ans

Avec une nouveauté, tout de même: ces réductions s’appliqueront tous secteurs confondus, même ceux où règne un salaire minimum plus élevé, ce qui n’était pas le cas avant.

Via le précompte professionnel

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Reste à honorer la promesse d’un net inchangé pour les jeunes en question. Pour ce faire, il sera calculé la perte de rémunération, en net, due à l’entrée en vigueur de la mesure. A charge pour l’employeur de combler lui-même la différence, via un complément de salaire net. Dans un second temps, l’employeur bénéficiera d’une réduction équivalente du précompte professionnel. C’est par ce même biais que se donnent les coups de pouce en faveur du travail en équipe ou de nuit.

Et c’est de la même façon que sera implémenté le "tax shift" promis au secteur de la construction. Rappelez-vous: à l’heure de présenter sa première réforme fiscale, en 2015, le gouvernement Michel avait indiqué réserver, à l’horizon 2020, une enveloppe de 604 millions dédiée à une baisse des charges sociales dans le secteur de la construction, tirant la langue du fait de la concurrence exercée par les travailleurs détachés, assujettis à la sécurité sociale de leur pays d’origine.

Histoire d’accélérer un tantinet le mouvement, Michel a élaboré le timing suivant: 100 millions dès 2018; 200 millions en 2019; et le rythme de croisière de 604 millions à partir de 2020. Une enveloppe qui passera elle aussi via des "ristournes" sur le précompte professionnel.

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