Tax shift: ces 2 milliards, ils sont financés ou pas?

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Il y aurait un trou de plus de deux milliards d'euros pour financer le tax shift selon la ministre du Budget, Sophie Wilmès. De son côté, Johan Van Overtveldt tempère. Il confirme que des efforts supplémentaires seront nécessaires, mais pas d'une telle ampleur.

A peine arrivée, la nouvelle ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR) n'hésite pas à s'imposer au sein du gouvernement fédéral. "Le tax shift n'est pas encore totalement financé", a-t-elle déclaré dans une interview accordée au Soir affirmant qu'il faut encore combler un trou de plus de deux milliards d'euros.

Après le conclave de juillet, une enveloppe d'un milliard était manquante pour le financement des mesures à l'horizon 2018, voire dès la mi-2017. Aujourd'hui s'ajoutent près de 650 millions en 2019. Des points qui n'ont toujours pas été réglés lors du conclave d'octobre. Que du contraire! Un trou de 150 millions s'est encore ajouté afin de doper le pouvoir d'achat des travailleurs en 2018.

2,8 milliards €
C'est le moment qu'il faudra trouver au-delà de 2017 pour financer le tax shift.

Au final donc, ce sont 2,8 milliards d'euros qu'il faudra trouver au-delà de 2017 pour financer la baisse des cotisations patronales, le cadeau de 100 euros par mois, etc.

"On sait déjà qu'il va y avoir un exercice à faire pour 2017, 2018 et 2019. (...) Avec le tax shift, on a affiché notre volonté politique sur le long terme. Au fil du temps, on s'assurera de trouver les moyens budgétaires pour que les réformes soient réalisées".

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement admet ce problème de financement du tax shift. Interrogé la semaine dernière à la Chambre, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, n'a jamais répondu à la question. Désormais Sophie Wilmès le reconnaît: il manque 2 milliards d'euros. Deux milliards que le gouvernement devra traquer.

♦ Van Overtveldt tempère

"Le tax shift est totalement financé jusques et y compris en 2018."
Johan Van Overtveldt
Ministre des Finances

Mais ce mercredi, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt a réagi aux propos de Sophie Wilmès: "on ne peut pas parle de trou dans le tax shift" selon lui. "Le tax shift est totalement financé jusques et y compris en 2018", a-t-il affirmé, mais "pour avoir un équilibre en 2018, des efforts supplémentaires seront nécessaires. Cependant, parler de 2 milliards d'euros ce n'est pas correct. Ce chiffre ne prend pas en compte par exemple les effets de retour estimés, évalués prudemment." 

Même si le gouvernement semble avoir du mal à s'accorder sur les chiffres, M. Van Overtveldt a insisté sur l'"honnêteté" du discours gouvernemental. 

♦ Et l'opposition dans tout ça?

Pour le cdH, ce trou est la preuve que le tax shift ne tient pas la route sur le plan budgétaire. "Le gouvernement se base sur un financement tout à fait incertain qui n’assurera pas la neutralité budgétaire. Il s’agit notamment de taxes non-définies ou de taxes anticipées", lance le député Benoît Dispa. Il ajoute:"quand le gouvernement se rendra compte que les nouvelles taxes qu’il a mises en place ne rapporteront pas autant qu’escompté, il devra poser des choix : soit il poursuivra dans cette voie et sortira de nouvelles taxes de son chapeau; soit il procédera à de nouvelles coupes aveugles dans les services publics; soit, enfin, solution de facilité à court terme, il procédera à la vente des bijoux de famille (BPost, Proximus,…).  Dans tous les cas, le citoyen risque à nouveau de payer le prix fort."

Les Unions des villes et communes de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles ont écrit au Premier ministre Charles Michel et au ministre des Finances Johan Van Overtveldt pour réclamer le passage de 33% à 25% de charges patronales sur le salaires de leurs contractuels, afin de compenser partiellement les pertes de recettes dues au glissement fiscal (tax shift) fédéral.

La lettre s'intitule "Le beurre, l'argent du beurre et le sourire du bourgmestre". Les communes belges y crient à la discrimination et à la distorsion de concurrence si la réduction était réservée au secteur privé.

Consultez le courrier ici.

• Selon le SPF finances, l'impact négatif du tax shift pour les recettes fiscales des communes belges atteindra 264 millions d'euros par exercice à l'horizon 2021.

Les communes espèrent pouvoir compenser partiellement cela via une baisse des charges patronales. Ainsi, un passage de 33% à 25 % de charges patronales sur l'ensemble de la masse salariale contractuelle des pouvoirs locaux wallons - provinces comprises - leur permettrait de retrouver près de 58 millions d'euros, note l'Union des villes et communes de Wallonie (UVCW).

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