Tax shift: "Je plaide pour la prudence"

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Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, s'est montré très prudent sur la création nette d'emplois que favoriseront les réformes du gouvernement. Il n'exclut pas que l'opération permette surtout de conserver des emplois en cas de détérioration de la conjoncture.

Johan Van Overtveldt était attendu de pied ferme à la Chambre en commission Finances et Budget. Il faut dire que le ministre des Finances avait dû reporter par deux fois la rencontre avec les parlementaires fédéraux pour débattre de la réforme fiscale du gouvernement Michel. Gouvernement qui a chargé la Banque nationale et le Bureau du plan d'évaluer les effets du "tax shift" en termes d'emploi.

La prudence affichée par le ministre Van Overtveldt tranchait avec son optimisme de l'an passé quand il estimait que, dans les trois ans à venir, les mesures fédérales créeraient 80.000 emplois. A présent, son timide "Je plaide pour la prudence" n'a pas enchanté l'opposition à la Commission des Finances malgrè les quelques explications sur la détérioration du contexte international (Chine, VWGate ou autre événement) et la chute de la croissance qu'il engendre.

"Tout le monde sera d'accord pour dire que cette politique qui donne un coup de pouce au maintien de l'emploi sera un gain."
Johan Van Overtveldt
Ministre des Finances

Foire d’empoigne ou échange de vues?

La réponse du ministre N-VA a paru un peu courte à l'opposition. "A tous les coups, vous serez gagnants. Si demain, on perd 100.000 emplois, vous pourrez toujours dire que sans le tax shift on en aurait perdu 200.000", a rétorqué Marco Van Hees (PTB). "Votre posture confine au renoncement: le porte-étendard de ce gouvernement est déjà bien mité", a fait remarquer Benoît Dispa.

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Plus généralement, l'opposition est restée sur sa faim quant à la traduction budgétaire de l'opération. Selon le PS, 50% de la réforme n'est pas financée. "Ce n'est pas mon choix mais celui de la 6e réforme de l'Etat", a répondu M. Van Overtveldt, dont le parti n'a pas soutenu la dernière réforme institutionnelle.Et l'estimation de certaines mesures le laisse perplexe, comme le "redesign" de l'administration qui devrait rapporter 700 millions d'euros sans autre précision. "Aucun tableau, ce n'est pas sérieux vu l'impact potentiel sur les finances publiques", a regretté Georges Gilkinet (Ecolo, en photo ci-contre).

Dans la majorité, le MR a mis en avant le volontarisme du gouvernement. "C'est comme à un carrefour où il y quatre voitures, il y en a trois qui hésitent et nous, on passe parce qu'on veut une transformation de la société et encourager l'activité", a déclaré Benoît Piedboeuf.

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