Les logiciels dans les nuages

L’époque où il fallait sortir les logiciels de leur boîte pour les installer sur les ordinateurs de l’entreprise est bel et bien révolue. Le modèle alternatif qui consiste à proposer le logiciel extérieur à l’entreprise gagne en popularité. Même les PME pourraient en tirer profit, bien que la plupart d’entre elles préfèrent toujours se tenir à l’écart de cette nouvelle opportunité. Par contre, d’autres, comme l’entreprise de sécurité Seris, ont choisi cette option.

Le cloud computing est la dernière tendance dans le secteur informatique. Pourtant, cette notion reste relativement floue. En effet, cette appellation très générale désigne tous les outils informatiques situés hors des murs de l’entreprise, qu’il s’agisse de logiciels, de capacités de mémoire, de puissance de calcul ou de l’ensemble de la structure informatique et de communication, qui est alors " louée " pour une période déterminée. Aujourd’hui, dans les entreprises informatiques surtout, on présente le cloud computing comme le modèle de l’avenir.

Minuscule

Ce qui est une véritable mode dans le secteur n’a pas encore conquis, loin de là, l’entreprise belge moyenne. Les chiffres de la revue spécialisée Smart Business Strategies révèlent qu’aujourd’hui, environ 15% des entreprises belges recourent activement à l’une ou l’autre forme de cloud computing, surtout pour les logiciels. Dans ce cas, les applications ne sont plus installées sur les ordinateurs au sein de l’entreprise, mais proposés en ligne par un fournisseur ou un partenaire, sous forme de service. Principale conséquence : au lieu d’acquérir des licences de logiciels, vous réglez un droit d’utilisation, en général sous forme d’abonnements mensuels ou annuels.

Chez Seris, une entreprise spécialisée dans la protection physique et le gardiennage - un peu à la manière de Securitas - , ce sont aujourd’hui 280 utilisateurs d’emails qui ont recours à un logiciel installé à l’extérieur de l’entreprise (lisez : dans le " nuage "). Les utilisateurs peuvent ainsi accéder à leurs e-mails sur n’importe quel ordinateur doté d’une connexion Internet. Le fait que le logiciel se trouve hors des murs de l’entreprise a plus d’un avantage. Seris ne doit plus ni entretenir, ni gérer de matériel ou de logiciels propres pour le trafic e-mail, ce qui n’est pas négligeable pour une entreprise qui ne dispose que d’un minuscule département informatique se réduisant à deux personnes. "

Auparavant, ces deux employés assuraient essentiellement des tâches opérationnelles, comme la gestion des imprimantes et des e-mails. Nous voulions sortir de ce canevas. Nous devions innover davantage à partir de ce département ", affirme Peter Verpoort, qui dirige le département IT chez Seris. " Dans notre nouvelle approche, ce département doit tenter de contribuer à l’élaboration de solutions qui peuvent être utiles au client et apporter une réelle plus-value ", explique Verpoort. Il vise notamment des applications qui facilitent la facturation, la communication d’instructions au personnel de gardiennage ou la planification des ressources.

Flexibilité

Donc le cloud computing aide les entreprises à se concentrer sur l’essentiel. L’autre avantage de ce modèle est, qu’en principe, il permet d’accéder aux applications de n’importe quel ordinateur. " Dans la mesure où le logiciel est proposé de l’extérieur, le département informatique ne doit plus se préoccuper de la capacité disponible. Celle-ci est garantie par un partenaire externe ", explique Verpoort. Car le nuage est également synonyme de flexibilité : il permet de mettre des applications à la disposition des collaborateurs et, ce, à la fois sur le plan matériel et logiciel. " Nous avons modifié notre système de messagerie, en abandonnant notre serveur internet au profit d’une formule d’email externe. Cette modification a été réalisée en six semaines. Cette nouvelle approche nous procure aujourd’hui davantage de flexibilité, notamment en permettant de créer rapidement de nouveaux utilisateurs, ce qui est important dans un secteur comme le nôtre ", explique Verpoort.

Phénomène classique pour les projets informatiques : ils ne s’imposent réellement que lorsqu’il n’est plus possible de faire marche arrière. Ainsi un changement de site constitue-t-il souvent une occasion concrète de mener à bien des projets informatiques. Il n’en va pas autrement pour le cloud computing. L’emménagement dans un nouveau bâtiment a été l’occasion d’introduire une nouvelle application pour la messagerie électronique. " Mais les collaborateurs ne remarquent guère de différence par rapport à la solution traditionnelle. Pour eux, le cloud computing ne change pas grand-chose, ce qui est un autre avantage ", ajoute-t-il. " De plus, nous avons également profité du déménagement pour améliorer notre infrastructure informatique dans son ensemble. Nous disposons à présent d’un réseau wireless qui fait partie intégrante de ce renouvellement ", explique-t-il.

Simplicité

Plus vos processus et votre organisation sont simples, plus vous pouvez rapidement adopter le cloud computing. " Dès lors, le cloud computing constitue une évolution logique pour les PME. En effet, cette catégorie d’entreprises peut s’adapter beaucoup plus rapidement au changement que les grandes organisations ", estime le directeur de département. Mais tout dépend surtout de ce que l’entreprise souhaite réaliser à partir du " nuage ". Dans la pratique, le cloud computing se résume encore trop souvent à des applications génériques et clairement délimitées, comme la comptabilité en ligne ou l’e-mail. Mais il est possible d’aller beaucoup plus loin.

Seris est en train de déployer Windows Intune, une solution de gestion de PC à distance. Microsoft Office 365, un service relativement neuf de Microsoft basé sur le nuage, est également au programme. " Il nous permettra de proposer d’autres logiciels externes à nos utilisateurs en plus de l’e-mail ", explique-t-il. Même si le nom Office 365 évoque immédiatement Microsoft, ce n’est pas une nouvelle version de la célèbre suite bureautique homonyme, mais d’une combinaison de services cloud, comprenant notamment la gestion des emails, des agendas et des réunions, et de célèbres applications bureautiques de Microsoft comparables à leurs logiciels (bureautiques) traditionnels. " L’application est un mélange de services externes et de logiciels toujours installés sur le PC. "

D’ailleurs, Seris dispose d’une solution ERP interne qui gère les principaux processus opérationnels de l’entreprise. Celleci est uniquement fournie en interne, et donc pas par le cloud. " Mais aucun utilisateur externe n’est impliqué. La formule cloud n’est donc pas nécessaire ", remarque Verpoort. C’est sans doute le futur du logiciel : une combinaison d’applications internes et externes, de cloud et de développement propre. " Nous évoluons vers une combinaison des deux ", conclut Verpoort. " Aujourd’hui, la palette d’options à disposition des entreprises s’est élargie. C’est toujours une évolution favorable. "

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