39 morts, dont un Belge, dans l'attentat à Istanbul

©AFP

Au moins 39 personnes, dont 15 étrangers parmi lesquels un Belge, ont été tuées et 65 blessées dans une attaque contre une célèbre discothèque d'Istanbul où plusieurs centaines de personnes fêtaient le réveillon du Nouvel an, dans la nuit de samedi à dimanche.

A 1 heurse 15 dimanche heure locale, un assaillant armé d'un fusil d'assaut surgit devant la boîte de nuit Reina, au coeur d'Istanbul, et ouvre le feu sur les personnes qui se trouvent devant l'entrée, selon le gouverneur d'Istanbul Vasip Sahin. Après être entré dans la discothèque, l'assaillant tire au hasard sur la foule, tuant au moins 39 personnes, dont 15 étrangers, et faisant 65 blessés, selon le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu.

"D'une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le Nouvel An", a déclaré M. Sahin.

Selon la chaîne d'information NTV, plusieurs personnes ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux coups de feu.

"Nous craignons malheureusement le décès d'au moins un compatriote dans l'attentat à Istanbul" a annoncé le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders ce dimanche dans la matinée sur Twitter. Un homme de nationnalité belgo-turque est décédé, confirment les Affaires Etrangères.

L'assaillant

L'attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde.
La Maison Blanche a ainsi condamné une "horrible" attaque. "De telles atrocités perpétrées sur des innocents venus pour la plupart célébrer le Nouvel An soulignent la sauvagerie des assaillants", a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.
"Il est difficile d'imaginer crime plus cynique que de tuer des civils pendant la célébration du Nouvel An. Nous avons tous le devoir de combattre avec détermination les agressions terroristes", a affirmé le président russe Vladimir Poutine dans un message de condoléances à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.
"C'est avec une grande tristesse que j'ai appris la nouvelle", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dimanche. "Il est de notre responsabilité commune de lutter contre le terrorisme", a-t-il ajouté, assurant la Turquie "du soutien de l'Union européenne dans cette épreuve".
"Malheureusement, la violence a encore frappé dans cette nuit de voeux et d'espoir", a déploré pour sa part le pape François, devant quelque 50.000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, à l'occasion de ses voeux pour la nouvelle année.
"Triste, j'exprime ma proximité avec le peuple turc", a assuré le pape argentin, ajoutant qu'il priait pour "les nombreux victimes et blessés".

Le ministre de l'Intérieur Süleyman Soylu a déclaré que "le terroriste" était toujours recherché par la police, semblant indiquer qu'il n'y avait qu'un seul assaillant.

Les médias turcs avaient dans un premier temps fait état d'"au moins un" tireur déguisé en père Nöel.

Des témoins cités par l'agence de presse Dogan ont rapporté l'avoir entendu s'exprimer en arabe, mais cela n'a pas été confirmé par les autorités.

Le lieu

Le Reina est une emblématique discothèque d'Istanbul, située à Ortaköy, un quartier du district de Besiktas, sur la rive européenne de la ville.

Selon Dogan, elle accueillait au moins 700 personnes venues célébrer le passage à la nouvelle année.

Le Reina, discothèque huppée où les entrées sont filtrées, est située à quelques centaines de mètres de l'endroit où avaient eu lieu les célébrations officielles du Nouvel An, au bord du Bosphore.

Le contexte

©EPA

L'attaque n'a pas encore été revendiquée, mais la Turquie a été la cible de nombreux attentats atribués à l'EI ou liés à la rébellion séparatiste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont notamment frappé Istanbul et Ankara.

Pourtant, après une année 2016 sanglante, les autorités turques étaient sur leurs gardes en ce jour de réveillon et 17.000 policiers avaient été déployés en ville.

Membre de la coalition internationale qui combat l'EI en Syrie et en Irak, la Turquie a déclenché en août une offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les jihadistes vers le Sud, mais aussi les milices kurdes syriennes. Des rebelles syriens soutenus par l'armée turque assiègent depuis plusieurs semaines la ville d'Al-Bab, un fief de l'EI dans le nord de la Syrie.

En réaction à ces opérations militaires, l'EI a à plusieurs reprises menacé d'attentats la Turquie, devenue une des principales cibles des jihadistes.

Des ressortissants étrangers, notamment arabes et israéliens, figurent parmi les 39 personnes tuées dans l'attaque perpétrée par un homme armé dans une boîte de nuit d'Istanbul pendant la célébration du Nouvel An.
- Trois Jordaniens ont été tués et quatre blessés, selon le ministère des Affaires étrangères jordanien, cité par l'agence officielle Petra.
- Deux Tunisiens ont été tués. Il s'agit d'un homme d'affaires et de son épouse, selon les médias tunisiens. Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé de son côté la mort d'une femme possédant la double nationalité française et tunisienne, sans préciser s'il s'agissait de la même personne.
- Plusieurs Saoudiens sont également morts dans l'attaque, selon le consulat saoudien à Istanbul, qui n'en précise pas le nombre. Selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, il y aurait cinq morts et 11 blessés parmi les ressortissants de ce pays.
- Des ressortissants du Maroc, du Liban et de Libye figurent parmi les victimes, selon la ministre turque de la Famille, citée par l'agence progouvernementale Anadolu, qui n'a pas donné de chiffres par pays.
- Une Israélienne a été tuée et une autre blessée, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.
- Deux Indiens ont aussi péri, selon un tweet du ministre des Affaires étrangères, Sushma Swaraj.
- Un homme ayant la double nationalité belge et turque a été tué, selon le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders.
- Trois Français ont été blessés, selon un bilan provisoire du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

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