Le lockdown fait perdre 25 millions aux hôtels bruxellois

©Nima Ferdowsi

Le secteur hôtelier bruxellois a terminé 2015 sur un taux d'occupation en recul et une croissance du chiffre d'affaires limitée.

L'année 2015 avait bien commencé pour le secteur hôtelier bruxellois. Jusqu'à la fin du mois d'octobre, il affichait un taux d'occupation en croissance de 3%, contre une croissance de 2,5% pour la même période un an auparavant. Mais les attentats de Paris et les répercussions sur la Belgique ont changé la donne.

Selon Brussels Hotels Association (BHA), le secteur a enregistré sur les deux derniers mois de l'année un recul du chiffre d'affaires estimé à 20 millions d'euros. Ajouté à la hausse de 5 millions, qui était anticipée avant novembre pour la fin de l'année, le manque à gagner total s'élève à 25 millions d'euros. "Ce chiffre corrobore les résultats de l'enquête réalisée par BECI à la demande du gouvernement bruxellois".

Le secteur termine donc l'année sur un taux d'occupation en recul de 1% et un chiffre d'affaires en progression limitée à 2%. "Jamais, il n'y a eu pareille chute des taux d'occupation sur une période aussi courte", indique Sophie Blondel, présidente de la BHA. Elle exige ainsi des mesures économiques "urgentes" afin de sauvegarder "l'important potentiel de développement du secteur hôtelier bruxellois".

Pour Sophie Blondel, il y a trois priorités:

  • Simplifier et harmoniser les conditions d'octroi du chômage économique du secteur.
  • Suspendre immédiatement la taxe sur les nuitées par chambre dont les conditions sont parmi les plus sévères au monde. 
  • Prolonger les délais de paiement ONSS et TVA.

"Notre secteur emploie quelque 12.500 personnes. Il s'agit d'emplois pérennes car malgré certains problèmes structurels comme la hauteur des charges patronales, les hôtels de la capitale enregistrent depuis plusieurs années une croissance positive. Hypothéquer leur avenir alors même que les taux d'occupation s'améliorent progressivement serait un véritable gâchis".

Les acteurs du secteur font en effet face à un problème de trésorerie, qui se concrétise par des difficultés de paiement. En cause notamment les portes des hôtels qui sont restées ouvertes en période de lockdown, alors qu'il n'y avait guère de clients. Les charges, elles, étaient bien là, de quoi entamer les réserves financières.

BHA voit un autre problème pointer à l'horizon: la fermeture des tunnels bruxellois. "Les hôtels s'efforcent de poursuivre leur politique de rénovation immobilière en vue d'améliorer constamment leur offre". BHA craint que la fermeture des tunnels se solde par le déménagement de la tenue de grands congrès vitaux pour le secteur.

Le nombre de nuitées passées dans des établissements d'hébergement touristique dans l'Union européenne devrait culminer, en 2015, à environ 2,8 milliards, en hausse de 3,2% par rapport à 2014, ce qui constitue un record, selon le bureau statistique européen, Eurostat.

La Belgique a quant à elle enregistré 38 millions de nuitées sans que la comparaison avec 2014 n'ait été effectuée par Eurostat.

Depuis 2009, une augmentation constante du nombre de nuitées en établissement d'hébergement touristique a été notée dans l'UE, alimentée notamment par la hausse du nombre de nuitées des non-résidents, précise Eurostat.

En 2015, l'Espagne (421 millions de nuitées, +4,3% par rapport à 2014) a consolidé sa place de leader en termes de nuitées touristiques, devant la France (413 millions, +2,8%), l'Italie (385 millions, +1,8%) et l'Allemagne (379 millions, +3,3%).

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