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Ankara expulse les djihadistes étrangers

Un soldat des "Forces démocratiques syriennes" monte la garde devant une cellule où des hommes suspectés d'appartenir à l'E.I. sont enfermés. ©AFP

La Turquie renvoie chez eux les djihadistes étrangers détenus sur son territoire. Allemands et Français sont sur la liste, mais pas encore de Belge.

La Turquie n’a pas perdu de temps. Ce lundi, le ministère turc de l’Intérieur a mis à exécution sa promesse de renvoyer dans leur pays d’origine les membres étrangers de l’État islamique (EI) détenus sur son territoire.

Le lancement de cette campagne d’expulsion vers les Etats-Unis et l’Union européenne était largement couvert ce lundi par les médias turcs, ce qui laisse penser à une opération de communication envers l’opinion publique turque mais aussi envers les pays visés par ces retours. Le président turc Recep Tayyip Erdogan critique régulièrement les États occidentaux qui refusent de juger chez eux leurs ressortissants partis combattre dans les rangs de Daech, ainsi que ceux qui pratiquent la déchéance de nationalité.

Un retour "ordonné"

Le premier membre de l’EI renvoyé lundi par Ankara est un Américain. Deux autres djihadistes, un Allemand et un Danois, devaient suivre dans la même journée, selon le porte-parole du ministère turc de l’Intérieur, Ismail Catakli. Puis ce sera au tour de sept suspects d’origine allemande, le jeudi 15 novembre. Des démarches sont aussi en cours pour le renvoi de 15 autres combattants étrangers: 11 Français, essentiellement des femmes, deux Allemands, et deux Irlandais.

Le premier membre de l’EI renvoyé ce lundi par Ankara est un Américain.

Les autorités turques ont fait savoir que ces expulsions avaient lieu "une fois les procédures légales finalisées". Cependant, on apprenait ce lundi soir que la Grèce avait refusé l’entrée sur son territoire du djihadiste américain expulsé par la Turquie, laissant planer l’incertitude sur cette procédure d’expulsion.

Quid de la Belgique? Ce lundi, le parquet fédéral indiquait ne pas avoir reçu de communication officielle d’Ankara concernant cette campagne d’expulsion.

Cependant, l’annonce vendredi dernier par le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu de son intention de renvoyer chez eux des djihadistes étrangers avait mis les pays européens, dont la Belgique, en état d’alerte. La crainte était qu’Ankara mette à exécution cette opération sans coordination préalable avec les capitales concernées, qui auraient alors eu à gérer des retours de combattants sans avoir été prévenues. Ce lundi, un certain soulagement était palpable, jusque dans les rangs belges, qui s’attendaient à un retour "ordonné" des djihadistes.

Aucun Belge

À ce jour, aucun ressortissant belge ne figure sur la liste des premiers renvois. Mais au moins une Belge fait l’objet d’une demande d’extradition en Turquie. Il s’agit de l’Anversoise Fatima Benmezian, arrêtée dans le sud du pays après s’être échappée du camp syrien d’Aïn Issa le mois dernier. "Elle a été effectivement arrêtée à Kilis, puis transférée vers un centre de détention en Turquie, et on prépare une demande d’extradition", a déclaré la semaine dernière à l’AFP le porte-parole du parquet fédéral Eric Van Duyse.

Plusieurs autres djihadistes belges se seraient évadés des prisons gardées par les forces kurdes dans le nord de la Syrie, à la faveur du chaos déclenché par l’offensive turque dans la région.

Parmi eux, quatre citoyennes belges qui pourraient actuellement se trouver en liberté en Turquie, selon des informations publiées vendredi dernier par Het Laatste Nieuws.

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