Attentat de Nice: des "complices" et une "mûre réflexion"

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Alors que cinq personnes sont en garde à vue, le procureur de Paris affirme que l'auteur de l'attentat a bénéficié de soutiens et que son projet a été longuement réfléchi.

L'auteur de l'attaque de Nice a bénéficié de "soutiens" et de "complicités" dans la préparation et l'accomplissement de son acte, qu'il semble avoir "mûri" pendant plusieurs mois, a déclaré jeudi le procureur de Paris.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs criminelle et requis le placement en détention provisoire de cinq personnes de son entourage qui étaient toujours entendues par les juges d'instruction en fin d'après-midi.

"Les investigations menées depuis la nuit du 14 juillet n'ont (...) cessé d'avancer, et ont permis non seulement de confirmer plus encore le caractère prémédité du passage à l'acte mortifère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, mais également d'établir que ce dernier avait pu bénéficier de soutiens et de complicités dans la préparation et la commission de son acte criminel", a déclaré François Molins lors d'un point presse.

"Mohamed Lahouaiej Bouhlel semble avoir envisagé et mûri son projet criminel plusieurs mois avant son passage à l'acte", a-t-il ajouté.

L'attaque au camion sur la promenade des Anglais a été revendiqué par l'Etat islamique (EI) mais l'enquête n'a à ce stade pas révélé d'allégeance du Tunisien de 31 ans à l'organisation djihadiste.

Cinq suspects entendus

Cinq suspects ont quitté ce matin la sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret, près de Paris, où ils étaient entendus depuis lundi. Ils vont être présentés à la justice en vue de mises en examen.

Ces cinq personnes sont soupçonnées d'avoir été en contact avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel avant la tuerie qu'il a perpétrée à Nice. Elles sont déférées devant la justice antiterroriste après leur garde à vue, en vue d'éventuelles mises en examen.

Le parquet a précisé qu'il ouvrirait une information judiciaire "dans le courant de la journée".

♦ La sécurité était-elle suffisante?

Le quotidien Libération affirme que l'entrée de la zone piétonne de la Promenade des Anglais, sur laquelle 30.000 personnes étaient venues voir le feu d'artifice, était barrée par une seule voiture de la police municipale et que la police nationale était quasiment absente à ses abords.
"Contre-vérité", s'est aussitôt offusqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Premier ministre Manuel Valls avait, dès le 15 juillet, nié toute faille des forces de sécurité.

Et donc?

Le président du Sénat Gérard Larcher (droite) a demandé une "enquête indépendante" sur ce dispositif de sécurité. Bernard Cazeneuve a, lui, demandé une "évaluation technique" à la police des polices.

 

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• Que reproche-t-on à ces suspects? Les cinq personnes, quatre hommes âgés de 22 à 40 ans et une femme de 42 ans, ont été en contact avec le tueur ou sont soupçonnées de lui avoir fourni une arme, un pistolet automatique avec lequel le Tunisien de 31 ans a tiré sur des policiers à bord du camion lancé sur la foule.

→ L'un des déférés, arrêté vendredi, est un homme de 40 ans, présenté comme une vieille connaissance de Lahouaiej Bouhlel, qui s'était installé à Nice il y a plusieurs années.

→ Les enquêteurs ont aussi arrêté samedi un suspect de 22 ans, destinataire d'un SMS envoyé par le tueur quelques minutes avant de foncer dans la foule et de tuer 84 personnes sur la promenade des Anglais. Dans son message, il le félicite pour le "pistolet" qu'il lui a fourni la veille et ajoute "alors on ramène cinq de chez ton copain". Il précise que cette nouvelle livraison est destinée à une autre personne "et ses amis".

Dans ses auditions, le jeune homme a désigné le fournisseur du pistolet comme étant un Albanais de 38 ans, placé en garde à vue dimanche avec sa compagne.

→ Les enquêteurs ont aussi interpellé dimanche celui que Mohamed Lahouaiej Bouhlel présente dans un SMS comme le destinataire des autres armes. "Plusieurs éléments étayent" les "contacts" de cet homme de 37 ans avec le tueur, a expliqué une source proche de l'enquête.

 

♦ Quels liens avec l'Etat Islamique?

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Les investigations n'ont pas démontré de lien entre Lahouaiej Bouhlel et des réseaux terroristes, mais l'organisation djihadiste Etat islamique a revendiqué l'attentat samedi.

Le tueur a été décrit aux enquêteurs comme un homme violent et instable, vivant loin des préceptes religieux. Mais il avait prémédité son acte, louant le camion puis effectuant des repérages sur la promenade des Anglais, a expliqué lundi le procureur de la République de Paris, François Molins. Il manifestait aussi un intérêt "récent" mais "certain" pour la mouvance djihadiste.

Et le groupe jihadiste Etat islamique, déjà à l'origine des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris, a menacé d'intensifier ses attaques contre la France dans une nouvelle vidéo où apparaissent des francophones qui félicitent le tueur de Nice.

Une marche à Herserange, en mémoire de six membres d'une même famille tués à Nice le 14 juillet. ©AFP

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