Et si chaque Belge déposait ses empreintes digitales?

Jan Jambon en visite à la Visite de la DSITI (Direction des Systèmes d'Information, des Télécommunications et d'Identification) à Rabat. ©Photo News

Et si chaque Belge devait déposer officiellement ses empreintes digitales? Jan Jambon voudrait savoir dans quelle mesure la Belgique pourrait imposer cela. Les réactions ne se sont pas fait attendre...

Les gens qui n'ont rien à se reprocher ne doivent quand même pas avoir peur que leurs empreintes digitales soient reprises dans un tel système, si?
Jan Jambon
Ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a suscité un beau remue-ménage... Il a prévenu qu'il demanderait à la Commission de protection de la vie privée de se pencher sur la question de l'enregistrement des empreintes digitales des citoyens sur leur carte d'identité. Cette annonce est intervenue lors d'une visite à Rabat de la Direction des Systèmes d'Information de Télécommunication et d'identification (DSITI).

  • Le Maroc impose depuis 1975 à ses ressortissants de plus de 18 ans de déposer leurs empreintes. Depuis 2008, ces données sont numérisées et accessibles aux services de sécurité par le biais de la carte d'identité.

Et en Belgique? "Nous disposons de la technologie mais le débat chez nous est toujours ouvert. Je pense qu'on peut évoluer dans cette discussion. Je vais demander à la Commission de protection de la vie privée de voir dans quelle circonstance on peut implémenter ce système", a expliqué Jan Jambon.

©Reuters

 

Les réactions

La Commission de protection de la vie privée affirme qu'un prélèvement généralisé des empreintes digitales n'est pas possible, car cela enfreindrait la Convention européenne des droits de l'Homme. "Actuellement, il y a un large consensus au sein du Conseil de l'Europe pour dire qu'une telle obligation générale contrevient à la législation en vigueur", a réagi mardi la Commission de protection de la vie privée. "Un prélèvement généralisé des empreintes digitales ne peut pas être accepté et contrevient à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme. Cet article ne s'oppose pas au fait pour la police ou la Justice de prélever dans certaines circonstances les empreintes digitales de certaines personnes (condamnées). C'est déjà le cas depuis des décennies en Belgique, tout comme dans la plupart des autres pays", indique la Commission.

L'Open Vld n'en veut pas non plus. "C'est une mesure disproportionnée", a affirmé le vice-Premier ministre Alexander De Croo. "Ou sommes-nous soudainement tous devenus des suspects de terrorisme?", s'est-il demandé.

Au sein du gouvernement, la question a déjà été évoquée et est toujours débattue. Tout le monde dans la coalition ne la voit pas d'un bon oeil. Selon le Premier ministre, Charles Michel, la vision de ce projet doit être nuancée et intégrer les garanties qui doivent être apportées pour éviter tout abus.

 

Jambon perplexe

Dans les pays qui utilisent ce système, le taux de résolution des crimes augmente de manière exponentielle.
Jan Jambon
Ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) ne comprend pas l'émotion qu'a suscitée sa suggestion de prélever les empreintes digitales. "Je ne comprends pas bien les réactions hystériques", a indiqué le ministre N-VA dans "Terzake". "La seule chose que je dis, c'est 'ouvrons le débat à ce sujet'", souligne-t-il. Il précise qu'il voit de gros avantages au système. "Les pays qui l'utilisent voient leurs chiffres de criminalité baisser de manière exponentielle."

Jan Jambon estime qu'on fait beaucoup de bruit pour rien. "Je sais qu'il y a des critiques juridiques. Mais les avantages sont également nombreux. Dans les pays qui utilisent ce système, le taux de résolution des crimes augmente de manière exponentielle. Bien sûr on doit être proportionnel et il faut respecter la vie privée. Mais les gens qui n'ont rien à se reprocher ne doivent quand même pas avoir peur que leurs empreintes digitales soient reprises dans un tel système, si?"

Le Premier ministre Charles Michel, le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur Jan Jambon et le Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken sont en mission au Maroc. ©Photo News

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