La campagne rebondit sur l'attaque des Champs-Elysées

Un policier a été tué jeudi soir sur les Champs-Elysées, en plein coeur de Paris. L'Etat islamique a revendiqué l'attaque. Deux jours avant le premier tour de l'élection présidentielle française, les candidats marquent leurs divergences en matière de sécurité.
  • Ce que l'on sait

    • Un policier a été tué jeudi soir sur les Champs-Élysées, à Paris, et deux autres ont été blessés dans une fusillade à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle française. La victime, Xavier Jugelé, 37 ans, a été salué pour son courage aujourd'hui. Hier soir, il effectuait des tours de sécurisation sur l'avenue pour protéger un centre culturel turc. C'était ses derniers jours en tant que gardien de la paix. Il allait quitter la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) pour rejoindre la police judiciaire. Il aurait été muté le 2 mai, juste avant son anniversaire. Les deux policiers blessés sont hors de danger. Une touriste allemande a également été légèrement blessée par un éclat de balle au pied.
    • Trois personnes de l'entourage de l'assaillant sont en garde à vue. Elles se trouvaient aux domiciles perquisitionnés et sont interrogées par les services antiterroristes.
    • Un homme signalé à la France par la Belgique s'est rendu à la police. Il faisait l'objet d'un avis de recherche diffusé par les autorités belges. Le lien entre cet homme et l'attaque d'hier n'est pas établi.
    • L'organisation djihadiste EI a revendiqué cette attaque, parlant d'Abu Yussef le Belge comme étant l'auteur. Ce qui était faux puisque l'assaillant s'appelle Karim Cheurfi, âgé de 39 ans et originaire de Livry-Gargan en Seine Saint-Denis. L’homme, qui n’était pas fiché S, était connu des services de renseignements, de police et de justice. Il a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle en 2005 pour tentative d’homicide volontaire après avoir tiré sur un gardien de la paix alors qu’il était en garde à vue. Il faisait également l’objet d’un suivi psychiatrique et d’une enquête terroriste depuis le début de l’année après avoir proféré des menaces à l’encontre des forces de l’ordre.
    •  Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron ont annulé leurs derniers déplacements de campagne. A la place, ils se sont exprimés depuis leurs QG.
    • Bernard Cazeneuve a visé directement Marine Le Pen et François Fillon dans une allocution à la mi-journée. "La facilité n'est pas la fermeté, ni l'outrance le gage de l'efficacité", a dénoncé le premier ministre . Il a fustigé les propositions avancées par la candidate du FN ce matin vis-à-vis de la lutte contre le terrorisme, dénonçant "sa méconnaissance" sur le sujet. Il a également mis en cause les suppressions de postes effectuées sous le gouvernement de François Fillon et la diminution des effectifs de fonctionnaires promises par le candidat.
    • Le premier ministre français a auparavant insisté sur l'importance de préserver le scrutin de dimanche. "Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental", a fait valoir Bernard Cazeneuve.
  • "Un policier a payé de sa vie la mission de protection qu'il assurait en tombant sous les balles d'un terroriste"

    "Un policier a payé de sa vie la mission de protection qu'il assurait en tombant sous les balles d'un terroriste", déclare d'emblée François Molins.

    "A 20h47, une audi s'est arrêtée à côté d'un car de police. L'auteur a fait feu avec un fusil d'assaut kalashnikov sur la vitre conducteur du car de police tuant de deux balles dans la tête le policier qui se trouvait sur le siège conducteur. Il a ensuite tiré sur des policiers qui étaient en faction devant l'office de tourisme turque, en blessant deux d'entre eux avant d'être abattu", poursuit-il, ajoutant qu'"une touriste allemande a également été légèrement blessée au pied suite à un éclat de balle."

    "L'assaillant s'appelle Karim Cheurfi, était âgé de 39 ans et originaire de Livry-Gargan en Seine Saint-Denis. Un papier tombé de sa poche au moment de ses actes comprenait des mots qui défendaient la cause de Daesh. On a retrouvé dans sa voiture un fusil à pompe, des munitions, un Coran, deux couteaux de cuisine et un sécateur. Chez lui, on a retrouvé une crosse et un canon de fusil scié qui pourrait correspondre au fusil à pompe retrouvé dans sa voiture", précise François Molins.

    Après avoir rappelé les antécédents de Karim Cheurfi et son long parcours judiciaire, confirmant qu'il "n'était pas fiché S", le procureur de la république de Paris a confirmé que "trois proches de l'assaillant sont actuellement entendus sous le régime de la garde à vue."

  • La conférence de presse va commencer avec du retard

    François Molins n'est pas encore arrivé en conférence de presse.

  • Conférence de presse du procureur de la République de Paris à 17h45

    François Molins, procureur de la République de Paris, va s'exprimer dans quelques minutes  depuis le Palais de justice de Paris sur les avancées de l'enquête.

  • Sur les Champs-Elysées, les touristes sont sonnés et anxieux

    L'attaque sur les Champs-Elysées a changé l'atmosphère sur l'avenue la plus connue du monde. Les touristes sont crispés et les commerçants redoutent une désertion des lieux alors que la présence policière est renforcée.

    > Lire notre article "On est sous le choc"

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    Des bouquets de fleurs ont été déposés vendredi matin sur les lieux de l'attaque, qui avait déclenché un vent de panique et un déploiement policier massif dans la soirée. ©EPA
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  • Le message de Donald Trump

    Le président américain prédit un impact fort de l'attentat sur les élections...

  • Les candidats à la Présidentielle prennent position

    Emmanuel Macron

    "C'est au fond la démocratie qui est visée, notre cohésion qu'ils veulent ébranler, nos valeurs auxquelles ils veulent porter un coup décisif. Je serai (...)implacable pour vous protéger. L'action diplomatique et militaire que j'entends conduire aura pour priorité votre sécurité".
    Emmanuel Macron
    En Marche!

    Le candidat d'En Marche! a appelé les Français à ne pas "céder à la peur". Emmanuel Macron a assuré qu'il serait "implacable" dans la lutte contre le terrorisme. "Il nous revient d'être pleinement lucides sur la portée de cet acte, la volonté des terroristes est de déstabiliser le pays, de l'atteindre dans ce qu'il a de plus fondamental au moment où les Français s'apprêtent à décider de leur avenir", a-t-il indiqué dans une déclaration à son QG à Paris, à deux jours du premier tour.

    François Fillon

    "Ma politique étrangère sera ciblée en priorité sur la destruction de l'Etat islamique. Nous sommes en guerre. Il n'y a aucune alternative, c'est eux ou nous."
    François Fillon
    Candidat Les Républicains

    Le candidat de droite a déclaré  que le combat contre le "totalitarisme islamique" serait la priorité de son mandat s'il est élu. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est avec Marine Le Pen le candidat le plus en pointe contre le djihadisme et le radicalisme sunnite dans la campagne présidentielle.

    "Voilà plusieurs années que j'affirme que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique. Je n'ai cessé d'alerter le gouvernement et mes compatriotes sur l'ampleur et la profondeur de ce totalitarisme", a-t-il souligné lors d'une déclaration à son QG de campagne tout en détaillant ensuite l'ensemble des mesures sécuritaires et pénales de son programme contre l'islamisme radical en France. 

    Marine Le Pen

    "Il faut une présidence qui agisse et qui protège. Puisque le pays est en état de guerre, la réponse doit être globale et totale."
    Marine Le Pen
    Candidate du Front national

    La candidate du Front national a prôné un "plan de bataille contre le terrorisme islamiste et le laxisme pénal", indispensable selon elle à la protection des Français. 

    "Cette guerre nous ne pouvons pas la perdre. Or depuis 10 ans, sous les gouvernements de droite comme de gauche, tout a été fait pour que nous la perdions", a-t-elle déclaré depuis son QG de campagne. "Il faut une présidence qui agisse et qui protège. Puisque le pays est en état de guerre, la réponse doit être globale et totale."

    Marine Le Pen a notamment demandé la restauration des frontières, l'expulsion immédiate des personnes étrangères fichées S, l'interdiction des organisations salafistes et la fermeture des mosquées islamistes. 

    Le gouvernement recadre Le Pen et Fillon

    Les déclarations des deux prétendants à l'Elysée ont fait réagir Bernard Cazeneuve qui a dénoncé la "méconnaissance" de Marine Le Pen sur le sujet et a critiqué l'action de François Fillon quand il était Premier ministre. Mme Le Pen cherche "à instrumentaliser pour diviser, à alimenter sans vergogne la peur à des fins exclusivement politiciennes", a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve. 

    Quant à François Fillon, il "préconise la création de 10.000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13.000 dans les forces de sécurité intérieure ?" s'est interrogé le chef du gouvernement français, rappelant en outre que le candidat de droite propose de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires s'il est élu.

  • Plus d'infos sur l'auteur de l'attaque

    La presse française donne des informations sur l'auteur de l'attaque présumé. Les autorités disent connaître son identité mais préfèrent ne pas la divulguer. L'Etat islamique parle d'Abu Yussef le Belge (Abu Yousif al-Belgiki). Jan Jambon indique qu'il s'agit bien d'un ressortissant français.

    Ce que disent les médias français:

    ·Il s'appellerait Karim Cheurfi, 39 ans, résidant à Chelles, banlieue située à 18 km à l'est de Paris
    · Il a déjà été condamné à 15 ans de prison pour des faits de violence à l'encontre de policiers. Il était encore le collimateur de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) ces derniers mois pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers.
    · Âgé de 39 ans, l'homme est originaire de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. Son nom était déjà apparu dans plusieurs affaires.
    · En 2001, le suspect, alors âgé de 23 ans et déjà connu pour des faits de droits communs, avait blessé deux policiers au terme d'une course-poursuite. Au cours d'un accrochage avec des policiers, et alors qu'il conduisait un véhicule volé sur une route de Seine-et-Marne, il avait tiré en direction des agents, blessant deux d'entre eux. Placé en garde à vue au commissariat de Melun, il avait réussi à désarmer un gardien de la paix prétextant avoir besoin de médicaments, avant de lui tirer dessus à cinq reprises. Ce dernier avait alors réussi à le maîtriser en le blessant avec son arme.
    · Il avait été condamné en première instance pour trois tentatives d'homicide volontaire à 20 ans de prison, une peine ramenée à 15 ans en appel en 2005.
    · Son profil a refait surface dans les milieux policiers ces derniers mois. Il était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers. Il avait été arrêté en février dernier et placé en garde à vue à Meaux (Seine-et-Marne). Mais il avait été relâché, faute de preuves suffisantes.

    " Il a été interrogé longuement par les policiers parce que des informateurs avaient indiqué aux policiers que cet homme était à la recherche d'armes pour tuer des policiers. Mais faute d'éléments, parce que son profil ne correspondait pas à celui d'un terroriste et à un homme islamisé, le parquet antiterroriste a décidé de le relâcher" (Audrey Goutard, journaliste à France 2)

  • Des armes et une lettre ont été retrouvés

    Un fusil à pompe et des armes blanches auraient été découvertes dans le véhicule du suspect, deux couteaux et un sécateur, selon plusieurs sources. Des notes manuscrites auraient également été mises au jour, toujours selon la chaîne d'information. Ces notes reprenaient l'adresse de la DGSI, d'un commissariat et de trois armureries. Un exemplaire du coran a également été retrouvé.

    Un mot manuscrit défendant Daech aurait aussi été retrouvé près du tueur.

  • "Aucune information sur un lien belge"

    Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, n'ont pas confirmé les liens avec la Belgique qui ont été évoqués à la suite de l'attentat.

    Quant à la personne signalée par la Belgique à la France, Youssouf E. O., elle s'est rendue dans un commissariat à Anvers. Son avocat, Nabil Riffi, a affirmé à plusieurs médias que l'homme travaillait dans une station-service au moment des faits. A la suite d'une perquisition menée à son domicile dans une affaire qui n'est pas liée au terrorisme, un billet de Thalys avait été retrouvé, donnant lieu au signalement aux autorités françaises.

  • Jan Jambon: "Le criminel n’est pas un Belge"

    Le ministre de l'Intérieur a donné quelques précisions sur l'auteur de l'attaque de jeudi soir. Selon Jan Jambon (N-VA), il y a des liens avec la Belgique, mais la personne abattue par la police n'a pas la nationalité belge.

  • François Hollande promet une "vigilance absolue"

  • 50.000 policiers

    Le premier ministre français Bernard Cazeneuve a tenu un Conseil de Défense.

    "Au cours des prochains jours, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés afin de garantir la sérénité du déroulement des opérations électorales", a-t-il indiqué.

  • Trois personnes proches de l'auteur de l'attaque ont été arrêtées et sont entendues par la justice, selon BFM TV.

  • Un avis de recherche visant un homme signalé par la Belgique transmis à la France

    Un avis de recherche des services belges visant un homme "est parvenu aux services français hier (jeudi)", a déclaré le porte-parole du ministère français de l'Intérieur sans confirmer de lien avec l'attentat des Champs-Elysées.

  • Influence sur les marchés financiers

     Les principales Bourses européennes sont attendues prudentes à l'ouverture après l'attaque qui alimente la tension à deux jours du premier tour de l'élection présidentielle en France.

    Consultez notre Market Live, qui suit l'évolution des marchés en temps réels.

    L'attaque contre des policiers à Paris pourrait relancer la perspective d'un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, un scénario qui n'est pas le bienvenu sur les marchés.
    Michael Hewson
    Analyste, CMC Markets

  • Y aura-t-il une influence sur le résultat du premier tour des élections présidentielles

    L'élection présidentielle, très indécise, se tiendra pour la première fois dans l'histoire de la Ve République sous le régime de l'état d'urgence, instauré dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015.

    Le premier tour a lieu ce dimanche. Le dernier sondage Elabe donne Macron en tête des intentions de vote pour le premier tour, avec 24%, devant Marine Le Pen (21,5%), Fillon (20%) et Mélenchon (19,5%).

    Au second tour, un sondage Elabe donne Le Pen battue par Macron (65%-35%), Mélenchon (60%-40%) et Fillon (59%-41%).

  • Qui est l'assaillant?

    Dans sa revendication, l'Etat islamique parle d'"Abu Yussef le Belge", "un des combattants de l'Etat islamique".
    Mais il s'agirait plutôt d'un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste.

    → Est-ce le même homme que celui nommé par l'EI? On devrait vite le savoir.

    Les autorités françaises disent connaître l'identité de l'attaquant. Le procureur de la République de Paris, François Molins, se refuse à la dévoiler actuellement, en raison des nécessités de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste.

     L'expert belge Pieter Van Ostaeyen ne peut confirmer l'identité de l'attaquant. Il ne peut l'identifier dans sa base de données des combattants belges partis rejoindre l'EI. L'expert soupçonne que l'assaillant était chargé d'exécuter l'attaque, et n'a pas agi de son propre chef.


    ♦ Ce que l'on sait de l'auteur

    · L'homme était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté l'intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes
    · Il avait été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix, et sur le frère de celui-ci, dans la région parisienne.
    · Une perquisition a été menée au domicile de l'assaillant, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque. L'homme semble avoir agi seul, mais des investigations sont en cours pour établir s'il a bénéficié ou pas de complicités.

  • Revendiqué par l'Etat islamique

    L'organisation djihadiste EI a revendiqué dans la soirée cette attaque via son canal habituel de communication, l'agence Amaq.

    "L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", a déclaré l'EI dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.

  • Le point sur l'attaque

    Un policier a été tué jeudi sur les Champs-Elysées, à Paris, et deux autres ont été blessés dans une fusillade revendiquée par le groupe Etat islamique à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle française.

    L'assaillant est arrivé peu avant 21h00 à bord d'un véhicule, qui s'est arrêté au niveau d'un fourgon de police, avant d'en sortir et d'ouvrir immédiatement le feu avec un fusil d'assaut en prenant délibérément pour cible les forces de l'ordre présentes.

    L'auteur des coups de feu, dont l'identité est connue des enquêteurs mais n'a pas été dévoilée, a été tué par des tirs de riposte.

    ©AFP

    Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant situé dans une rue adjacente aux Champs-Elysées, a entendu une "fusillade brève" mais avec "beaucoup de tirs". "On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols."

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