Pas question d'approximation quand on parle d'identification des corps

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Le travail d’identification des corps va prendre encore du temps, même si certains noms de victimes sont connus depuis hier. Vu les dégâts causés par les bombes placées à Zaventem et dans le métro, le travail de la DVI est titanesque.

L’hôpital militaire de Neder-over-Heembeek. C’est là que tout se passe, c’est là que tout se joue – aujourd’hui et dans les jours qui viennent – pour les victimes et leurs familles. Depuis mercredi 14h00, l’hôpital Reine Astrid a ouvert un lieu d’accueil pour les familles des victimes décédées ou disparues dans le double attentat de Zaventem et Bruxelles.

"Une des principales règles à respecter, c’est d’être sûr à 100% d’avoir identifié la personne."
Catherine De Bolle
commissaire générale de la police judiciaire

C’est là que toutes les personnes sans nouvelles de leurs proches depuis mardi sont invitées à se rendre. "Nous appelons les personnes inquiètes à ne pas appeler tous les hôpitaux à la recherche de proches, mais à se rendre à l’hôpital militaire où elles seront prises en charge", a indiqué Alain Lefèvre, le directeur du Centre de crise du SPF Intérieur. Le numéro de téléphone d’urgence mis en place par le Centre de crise, le 1771, est également toujours activé.

L’hôpital militaire collabore aussi avec le service d’identification des victimes, le DVI (Disaster Victims Identification), qui a notamment travaillé sur la catastrophe de Sierre ou l’affaire Dutroux. Cette cellule composée de policiers, d’experts scientifiques et de médecins dépend de la police fédérale.

C’est elle qui est au cœur de l’action, au lendemain des attentats. Sa mission? À l’aide des éléments récoltés "post mortem" sur les lieux des attentats (dépouilles, restes humains, objets, cartes d’identité, bijoux, vêtements), elle cherche à établir un rapport avec les données "ante mortem". Des radios de fractures, des rapports dentaires, des prélèvements ADN… Autant d’éléments qui ne peuvent être fournis que par les proches des victimes disparues (d’où la nécessité qu’elles se rendent au centre d’accueil des familles). "Le DVI compare aussi avec la liste des passagers qui devaient prendre l’avion à Zaventem", précise le porte-parole de la police fédérale, Michaël Joniaux. Le DVI collabore aussi avec Interpol pour les victimes étrangères.

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Déjà des noms

Depuis hier matin, certains noms de personnes décédées ont commencé à fleurir, sur les sites d’informations et les réseaux sociaux. Dans les cas plus évidents, certains hôpitaux ont en effet déjà laissé filtrer des informations. Mais à l’heure actuelle, aucune liste des victimes n’a encore été diffusée officiellement par le parquet fédéral.

"Ce sont des membres arrachés, des brûlures très graves, des personnes carbonisées, des éclats de métal dans le corps…"

L’identification prend du temps. Beaucoup. Les dégâts causés par les bombes utilisées par les terroristes sont considérables. "Ce sont des blessures de guerre qu’on n’a pas l’habitude de voir, selon la porte-parole de la Croix-Rouge Belgique Nancy Ferroni. Ce sont des membres arrachés, des brûlures très graves, des personnes carbonisées, des éclats de métal dans le corps…"

Un travail pénible et minutieux

Le travail d’identification, dans un tel contexte, est titanesque. "Vu l’état de certains corps, une seule comparaison visuelle ne suffit pas du tout", expliquait hier la commissaire générale de la police judiciaire, Catherine De Bolle. Et ce travail doit suivre une procédure scrupuleuse, guidée par des règles internationales. "Une des principales règles à respecter, c’est d’être sûr à 100% d’avoir identifié la personne."

Les équipes du DVI ont, pour le coup, été fortement renforcées: 30 personnes sont à pied d’œuvre, alors que la cellule compte habituellement 7 personnes en vitesse de croisière. Vu l’ampleur du travail à réaliser, l’Université de Leuven apporte son appui à la cellule de la DVI de Neder. "Les restes humains de l’aéroport de Zaventem ont été envoyés à Leuven, et ceux de la station de Maelbeek à l’hôpital Reine Astrid de Neder-over-Heembeek", précise le porte-parole de la police fédérale.

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Si le parquet a déjà annoncé avoir recensé 31 victimes décédées, et 270 blessés, ce nombre reste très théorique. "Sur la base des restes humains que nous avons récoltés, nous avons la certitude qu’il y a au moins 31 corps", explique encore Michaël Joniaux.

Mais les services du DVI sont face à un véritable… puzzle. Raison pour laquelle le nombre annoncé reste théorique. Ce que n’a pas manqué de préciser le parquet, avec insistance. "Nous comprenons que les gens aient envie de savoir. Il y a bien un registre centralisé des victimes, mais il faut avoir la certitude de ce que l’on avance avant de donner les noms", insiste Michaël Joniaux.

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