Quand l'islamisme radical d'Ouzbékistan frappe à Manhattan

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Les sombres perspectives économiques et la corruption en Ouzbékistan ont poussé beaucoup de jeunes hommes à l'exil. Parmi eux, certains ont été tentés de rejoindre des groupes radicaux. L'attentat à la camionnette de ce mardi à Manhattan, dont notamment une Belge a été victime, serait le fait d'un jeune Ouzbek.

Qui est le chauffeur de la camionnette qui a fauché mardi des cyclistes et des passants à New York, tuant huit personnes, dont une Belges, et en blessant 11, dont trois Belges?

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Plusieurs médias disent qu'il s'agit d'un Ouzbek arrivé aux Etats-Unis en 2010.  Il aurait crié "Allah Akhbar" ("Dieu est le plus grand") en sortant de son véhicule.

Il n'en fallait pas plus pour évoquer la piste islamiste. Il aurait en outre laissé un message manuscrit dans lequel il prête allégeance au groupe Etat islamique.

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Son identité n'a pas été diffusée par les autorités. La police a simplement indiqué qu'il avait 29 ans et qu'elle ne recherchait pas d'autre suspect. Mais selon plusieurs médias américains, il s'agirait de Sayfullo Saipov, habitant dans le New Jersey, où la camionnette a été louée. Il disposait d'un titre de séjour permanent, la "carte verte", et travaillait comme chauffeur pour Uber, selon le New York Times, en précisant qu'il avait déjà été "sous le radar" de la police.

Le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, a promis mercredi dans un communiqué de coopérer "avec tous ses moyens" à l'enquête sur "cet acte terroriste".

L'Ouzbékistan, foyer de l'islamisme radical en Asie centrale

L'Ouzbékistan, d'où serait donc originaire l'auteur de cet attentat, a vu émerger dès les années 1990 un mouvement islamiste radical qui s'étend aujourd'hui, des Ouzbeks ayant été impliqués dans plusieurs attentats à travers le globe.

Ex-république soviétique, laïque et à majorité musulmane, l'Ouzbékistan a été dirigé d'une main de fer par l'autoritaire Islam Karimov de 1989 à sa mort, en septembre 2016. Chavkat Mirzioïev, son ancien Premier ministre, a pris les rênes du pays en prônant une rupture avec l'autoritarisme de son prédécesseur. L'Ouzbékistan a vu naître un mouvement islamique radical dès 1991, l'année de l'indépendance du pays.

Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) apparaît dans une vallée peuplée de 12 millions d'habitants, la vallée de Ferghana, située dans l'est du pays mais englobant également une partie des territoires kirghiz et tadjik. De 1992 à 1997, le MIO sera accusé d'être à l'origine d'une série de meurtres perpétrés dans la vallée de Ferghana. L'organisation tentera d'y introduire la loi islamique. Sévèrement réprimé à partir de 1998 par Islam Karimov, le MIO rejoint les talibans en Afghanistan, avant de prêter allégeance au groupe Etat islamique (EI) en 2015. Plusieurs cadres du MIO ont également occupé des postes à responsabilité au sein d'al-Qaïda.

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Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan a pris part à la sanglante attaque contre l'aéroport pakistanais de Karachi, qui a fait 37 morts en juin 2014. Les islamistes ouzbeks ont surtout fait parler d'eux à l'étranger. Comme les autres pays d'Asie centrale - Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan et Kazakhstan -, les sombres perspectives économiques et la corruption ont poussé beaucoup de jeunes hommes à l'exil, principalement en Russie. Parmi eux, certains ont été tentés de rejoindre des groupes radicaux.

Plusieurs d'entre eux se sont fait connaître au cours des dernières années. Comme Abdulkadir Masharipov, l'auteur présumé de l'attentat revendiqué par l'EI contre une boîte de nuit d'Istanbul ayant fait 39 morts la nuit de la Saint-Sylvestre, est ainsi de nationalité ouzbèke.

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