Se procurer des armes de guerre, pas si compliqué

L'arme qui a servi à Nordine Amrani lors de l'attaque meurtrière de Liège sur la place Saint-Lambert en octobre 2007. ©Photo News

Comment les terroristes arrivent-ils à mettre la main sur des armes du guerre, en particulier les kalachnikovs? D'après les spécialistes en la matière, il y a quatre façons de s'en procurer et le web facilite les transactions.

L’achat d’armes est illégal en France (ou strictement réglementé à certaines professions). Alors, comment expliquer l’usage de kalachnikovs, de ceintures d’explosifs et autres grenades par les terroristes? "L’explication en est à la fois simple et complexe, précise Jean-Charles Antoine, docteur en géopolitique de l’Institut français de géopolitique Paris VIII et expert en trafic d’armes (*).

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"Il y a quatre moyens de s’en procurer: par le biais de la corruption dès la sortie des usines de fabrication légales d’armes (c’est le cas dans les Balkans et dans les pays de l’Est où l’on fabrique les kalachnikovs), par les cambriolages de professionnels (stands de tirs, armureries…) ou de particuliers, par le rachat d’armes ‘neutralisées’ remilitarisées par la suite (elles sont alors de moins bonne qualité) ou encore en se fournissant sur le Dark Web ou tout simplement sur le Web. Dans tous ces cas de figure, le client doit entrer en contact avec un receleur, le plus souvent issu du grand banditisme et rencontré en prison".

Les kalachnikovs sont prisées des terroristes.


Pour le receleur, se fournir en armes n’est pas difficile. "L’abandon des armes et munitions des arsenaux militaires est-européens après la chute de l’URSS, la disparition des frontières dans l’espace Schengen (1993) et la multiplication des filières d’approvisionnement clandestin due aux conflits dans les Balkans (1999) ont disséminé des quantités astronomiques d’armes de guerre et de munitions aux portes de l’Europe occidentale", souligne l’expert, insistant sur le lien étroit qui existe entre le trafic de drogue et d’armes, les caïds ayant besoin d’armes pour protéger leurs business.

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Quant aux armes elles-mêmes, les kalachnikovs sont prisées des terroristes parce que faciles d’utilisation, elles sont fiables, elles ne s’enrayent pas. "Elles véhiculent en plus une image rebelle, symbole de résistance, de combat. Et elles sont d’une robustesse et d’une efficacité redoutables avec un pouvoir de perforation considérable, supérieur aux armes de poing", note-t-il. Preuve en est, l’éloge qu’en fait l’ex-président de la République démocratique du Congo, Laurent-Désiré Kabila: il est "possible de mettre une kalachnikov dans la boue puis dans l’eau et le sable et de la donner ensuite à un enfant pour qu’il tire".D.D., à Paris

(*) Auteur de "À armes illégales" aux éditions du Plateau (2015) et "Au cœur du trafic d’armes. Des Balkans aux banlieues", éditions Vendémiaire (2012).

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