Sur les Champs-Elysées, les touristes sont sonnés et anxieux

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L'attaque sur les Champs-Elysées à Paris, qui a coûté la vie jeudi soir à un policier, a changé l'atmosphère sur l'avenue la plus connue du monde. Les touristes sont crispés et les commerçants redoutent une désertion des lieux alors que la présence policière est renforcée.

"On est sous le choc": touristes et habitués du quartier reprenaient vendredi, anxieux, le chemin des Champs-Elysées et les commerçants rouvraient boutique, inquiets des retombées économiques de l'attaque survenue la veille.

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"On est un peu effrayés. Mais le réceptionniste de l'hôtel nous a dit que tout allait bien, que tout était réglé". Yue Wu, 24 ans, arpente les Champs-Elysées, où jeudi soir un homme a fait feu contre un véhicule des forces de l'ordre, tuant l'un des policiers et en blessant deux autres ainsi qu'une touriste allemande. Des bouquets de fleurs ont été déposés vendredi matin sur les lieux de l'attaque, qui avait déclenché un vent de panique et un déploiement policier massif dans la soirée.

La jeune Chinoise est venue admirer l'Arc de triomphe et compte ensuite, avec son amie Xuyang Geng, 22 ans, immortaliser la Tour Eiffel. "On s'inquiète un peu pour notre excursion d'aujourd'hui mais, pour l'instant, on se sent en sécurité", dit-elle, tandis que la présence policière est discrète sur la plus célèbre avenue du monde.

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Bruna Zortea, une Brésilienne de 27 ans, passait la soirée de jeudi au Trocadéro lorsqu'elle a entendu les sirènes des voitures de police : "on s'est tout de suite dit que c'était une attaque terroriste. Quand on est rentrés à l'hôtel, on avait plein de messages de notre famille et de nos amis". La Brésilienne se sent "triste": "on adore Paris, c'est la quatrième fois que l'on vient, mais ça nous décourage un peu de revenir".

Cellule psychologique

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Parmi les commerçants interrogés, certains redoutent une désertion des touristes: "C'est sûr, les touristes ne vont pas vouloir revenir", se désole Majid Gabiri, 64 ans, serveur au café restaurant Le Vesuvio depuis 30 ans. "Après les attentats du 13 novembre, il y avait moins de gens. Même les habitués, il y en a moins ce matin", dit-il en désignant les tables vides.

L'enjeu économique est important: les Champs-Elysées, "c'est un lieu symbolique, c'est la vitrine de la capitale, c'est une avenue très fréquentée, 300.000 personnes l'arpentent chaque jour", rappelle Jeanne d'Hauteserre, maire LR du VIIIe arrondissement. Une cellule psychologique va être mise en place pour recevoir les commerçants et les riverains qui le souhaitent.

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Michèle Gluchowski, 42 ans, gardienne d'immeuble sur la très chic avenue Montaigne, a "très très mal réagi" jeudi soir en apprenant l'attaque : "je me suis dit que ça aurait pu être moi ou quelqu'un que je connais".

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"Ces derniers temps, on voyait un hélicoptère qui tournait dans le secteur, on se disait qu'il y avait un risque, à l'approche de la présidentielle", raconte cette mère de deux enfants de 9 et 11 ans. Persuadée que ce type d'attaque "va se reproduire d'ici le deuxième tour", elle "pense qu'il va y avoir énormément de gens qui vont aller voter Marine Le Pen. Les Français en ont marre".

Kenneth et Vivianne Calmen se disent eux "pas surpris" par l'attaque. "Nous avons eu la même chose en Suède", rappelle le couple, lorsque le conducteur d'un camion bélier a tué quatre personnes le 7 avril à Stockholm.

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Le 22 mars, un autre attentat, à Londres, avait causé la mort de cinq personnes, dont un policier. Bruna Zortea, qui vit dans la capitale anglaise, est fataliste : "le monde change, nous ne pouvons plus être en sécurité nulle part".

 

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