Guy Martens, patron de Ford Genk

Alors que l'industrie automobile belge sort d'une année 2007 difficile, les affaires tournent pour Guy Martens, le patron de l'usine Ford à Genk.

(l'écho) - Entré dans la maison à 26 ans, ce diplômé en électronique a gravi les échelons du constructeur un à un avant d'être nommé directeur de l'usine de Genk en 2005. Cette année-là, 179.000 modèles sortaient des chaînes de montage, un chiffre en constante progression depuis, malgré un marché fortement secoué par le ralentissement économique et par une concurrence effrénée des pays moins regardants sur les conditions salariales. Si la production de l'usine de Genk s'est élevée à 277.000 unités, elle devrait encore s'afficher en hausse à la fin de l'année 2008, à 315.000 unités. Ces bons chiffres s'expliquent essentiellement par le succès des trois modèles actuellement produits à Genk, à savoir: la Galaxy, la S-Max et la Mondeo. Manifestement, le tassement de l'économie aux Etats-Unis et la faiblesse du dollar n'impactent pas la production belge qui, à 96%, est écoulée dans des pays européens.


A la question - relativement traditionnelle- de savoir si l'industrie automobile a encore un avenir en Belgique, Guy Martens est catégorique. Oui, trois fois oui, avec toutefois un léger bémol. «Cela va être plus difficile pour les petits modèles. La concurrence des pays à bas salaire est très forte et les marges pour ces petits modèles sont très réduites, la concurrence est vraiment trop forte», explique le patron de l'usine de Genk qui précise au passage que la nouvelle Ford Ka, le plus petit modèle de la marque, sera produit dès la fin 2008 à Tychy, dans le sud de la Pologne. «Ce sera plus facile pour la production des plus gros modèles où les marges sont plus importantes».


S'il croit en l'avenir de l'industrie automobile en Belgique, le patron de Ford Genk souligne que ce sera plus facile pour les sites qui, comme Genk, produisent des modèles en exclusivité. Si la production d'un modèle est assurée par différents pays, le risque est grand, pour une raison ou une autre, de faire passer tout ou partie de la production d'un pays à l'autre. «Si la pression sera toujours plus forte dans le secteur, nous avons su réagir à temps, en partenariat avec notre fédération patronale et les autorités», explique encore Martens, faisant référence à un programme de 12 points censé indiquer la bonne voie à suivre pour l'industrie.


Au total, selon des chiffres fournis par Agoria, les quatre constructeurs présents en Belgique, ont assuré en 2007 la production de 791.810 voitures, en baisse de plus de 93.000 unités par rapport à 2006, un chiffre largement influencé par les restructurations annoncées courant 2006 et 2007 par Volkswagen à Forest et par General Motors à Anvers. Si les travailleurs belges de l'industrie automobile sont réputés pour leur sérieux et leur flexibilité, le salut du secteur passera sans doute par la maîtrise de l'innovation et certainement par la réduction des coûts du travail qui, en Belgique, représentent encore un handicap.

NK

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